A l’Université FHB de Cocody, les étudiants résidents au Campus et/ou non éprouvent d’énormes difficultés pour trouver à manger. Les restaus U qui ont survécu à la réhabilitation ont du mal à satisfaire quantitativement, mais surtout qualitativement les étudiants. D’ailleurs ces entreprises de restauration qui ont raflé l’appel d’offre, n’ont rien de philanthropes. Business, profit sont leur leitmotiv. On s’imaginerait qu’elles font de leur mieux, face à la masse d’étudiants qui prend d’assaut chaque jour les entrées du bâtiment C du Campus ancien de l’UFHB.
A Abidjan, deux bus bleus aux belles sonorités occupent désormais la place de l’ancien quai. Là où des milliers d’étudiants se retrouvaient pour expier leur galère dans l’attente des bus.
Cela fait au moins 4 bonnes semaines que les enseignants des universités publiques ivoiriennes sont en grève. Aucun bruit sur la situation hormis l'annonce par le ministre de tutelle Gnamien Konan que les syndicats seront reçus par le premier ministre. Pour faire diversion comme à l’habitude de ce gouvernement, le ministre a annoncé la création d’un fonds pour la recherche doté d’une enveloppe de la ridicule somme de 500 millions de FCFA. Diantre, ce ministre prendrait-il les universitaires pour des enfants qui se ruent en classe quand l’odeur de l’argent est rependue ? Fonds de la recherche pour quelle utilité ? Il s’agissait de donner des réponses aux préoccupations des enseignants et non on encore de répandre de la poudre de promesse pour détourner si maladroitement les attentions. A l’évidence, l’argumentaire n’a pas été efficace. La grève qui continue est qualifiée d’illimitée.
La rumeur court, monte, s’installe. Les enseignants ivoiriens sont mécontents du Chef de l’Etat qui a fait des promesses et oublié de les tenir aux dates indiquées. Parole d’homme libre. Que vaut l’honneur si la parole ne se tient pas ? Que vaut l’honneur si les phrases ne sont lancées que pour susciter des acclamations ? Qu’est ce qui a changé dans le fond, si on ausculte les anciens régimes ? Promesses, farine, roublardise. Ceux qui n’ont point d’armes, qui ne peuvent donc pas effrayer la tranquillité du palais du Plateau, depuis plus de deux semaines sont chez eux. Le terme le plus populaire est de dire qu’ils sont en grève. Une grève doucement brutale qui vient perturber une année scolaire, elle-même déjà minée de reformes. Toujours des reformes. Chaque année, ses réformes. Souventes fois con-venantes, souventes fois incongrues.