A.B. Ladji Coulibaly

Cher velo, Merci pour ces moments

Ph.Eric M/BF2009
Ph.Eric M/BF2009

Mon vélo. Dans mon pays, seuls les élèves et étudiants d’Abidjan ont le privilège d’emprunter le bus, les gbagkas, les woroworo… pour se rendre à l’école…

 Moi, le Bac m’a fait découvrir la capitale. Avant, je ne me déplaisais point dans ma petite ville de l’intérieur du pays où avoir un vélo, une mobylette, était un privilège, une raison d’amitié…

A Grand-Lahou j’avais un vélo. J’en rêvais depuis l’enfance…je n’eus qu’un cadre sans pneu que mon cousin avait bien voulu m’offrir. Le cadre de son vieux vélo d’enfance, n’a servi qu’à être enfourché sur place…Un vélo immobile. Je dirai, un cadre de vélo…Et j’ai appris à faire du vélo en volant quelque fois celui que feu tonton Jack, lorsqu’il venait voir papa…Je l’ai regardé longtemps, je l’ai poussé longtemps, j’ai réussi après longtemps à le monter et un jour, j’ai réussi pour la vie, mes premiers coups de pédale, au CM1, au détriment de la souffrance de mon entrejambe.

En 5e, j’eu enfin un vélo. Mon vélo n’était pas beau, il n’avait aucun charme. Il n’était pas à la mode. Il n’était pas de mon âge. Personne ne l’enviait, à côté des VTT flambants neufs d’Alfred et d’Amos, des BMX extra d’Aristide, de Patricia…

 Avec lui, je ne pouvais prétendre séduire aucune fille, seul son porte bagage pouvait servir à les transporter. En retour, un simple merci me revenait comme récompense.

Mon vélo, c’était un babaniconko. Littéralement bon arrivée papa du champ en Dioula. Un vélo de marque Peugeot comme on en trouvait souvent en Afrique de l’ouest…A cause de sa grandeur et de ma taille, on me surnommait : Le corps flottant…

Je flottais réellement sur mon vélo, mais il me permettait d’aller vite et d’être à l’heure à l’école. Il me permettait d’être dans le club des propriétaires de vélo de mon lycée…il me permettait d’avoir des amis et de rendre des services, selon la demande et l’offre…Et oui…Un vélo est un vélo…

Mon vélo ne demandait qu’un seul carburant, la force des mollets de mes pieds. Il ne pouvait donc pas polluer et faisait de moi un environnementaliste sans que je ne le sache.

 En pédalant, il forgeait mes muscles et me donnait la santé. Je ne le savais pas. Mais c’était bien une réalité…Faire du sport sans le savoir, sur le chemin de l’école, sur les sentiers battus, en campagne…

Mon taco, il en reste encore le cadre. Je l’admire souvent dans le fond de la cuisine noircit de fumée ma mère. Durant 6 longues années, il a rendu plus de service à moi, à mes amis, à mes voisins, à mes enseignants, à mes animaux, à mes plantes, à l’humanité…, qu’il n’eut lui-même de repos…

Mon vélo avait trois grosses cicatrices que la mauvaise peinture dont je l’avais paré pour masquer ses quelques laideur, avait de la peine, à cacher. Soudé 3 fois en 3 endroits du cadre…Mais…du lundi au vendredi et quelques samedis, il me conduisait rek à mon lycée ; à mes réunions des scouts ou en excursion dans un village environnant où jamais je n’aurai imaginé aller seul avant…

Chaque soir, pédalant tout essoufflé, le siège arrière occupé par un sac de pila-ria, de tubercules, de feuilles de patates ou de graminée, pour mes cobayes, mes lapins, il me ramenait de longues distances.

Les dimanches, il me conduisait au champ, pour chercher le fagot de Maman, la bas au loin sur les routes d’Agoudam…

Corps flottants, mon vélo fit de moi, un cascadeur, qui n’avait que pour seul exploit que de faire des dérapages en pleine vitesse…Oui grâce à lui, j’étais tombé amoureux. Amour juvénile. Blandine, Rose…de noms charmants de femmes charmantes…

Cascadeurs, Pit le cascadeur, m’étais-je surnommé dans mes correspondances…mes lettres sécrètes, savamment dissimulées avant l’arrivée de tous dans leurs casiers…Elles prenaient, lisaient, s’imaginaient qui était ce Pit le cascadeur…Je n’avais aucune idée de l’inspiration de ce surnom farfelu, mais mon ami Gonsan et moi, nous marions bien, jusqu’à la découverte de nos gamineries,

On me respectait au final, parce que mon vieux vélo donnait envie d’avoir un vélo…Il était toujours propres et bien graissé…

Et grâce à lui, une communauté de mécaniciens était devenue mes amis…j’avais même des gardes du corps… des protecteurs…On avait rien…On était que des gamins de lycée. Minuscules gamins de lycée, mais on avait ces vélos.

Je ne suis plus au vélo…Mais mon vieux taco, a marqué mon enfance…Warren, Bruno, Soualio, Gérard, Eric…Compagnons d’une époque que le vélo a marqué…


Environnement: La Francophonie consulte la jeunesse

Logo de la consultation (Ph.OIF)
Logo de la consultation (Ph.OIF)

                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Le Président Abdou Diouf, n’est plus officiellement depuis le Sommet  tenu en décembre dernier à Dakar, Secrétaire générale de la Francophonie. Mme Michaelle Jean, nouvelle SG, comme lui, a inscrit la jeunesse francophone du monde entier aux nombres de ses premières actions et priorités.

 En effet elle a entrepris, pour les écouter, de lancer une consultation sur l’un des grands projets qui mobilisent actuellement le monde entier : le changement climatique dont le thème est « J’ai à cœur ma planète ». Les résultats de cette consultation seront dévoilés à l’occasion de la célébration de  la Journée internationale de la Francophonie et dans le cadre de la conférence sur le climat prévu à Paris en décembre prochain.

A travers cette consultation, Mme la Secrétaire générale souhaiterait que les jeunes de l’espace francophone se mobilisent et s’expriment  pour faire connaitre leurs points de vue, leurs constats, leurs préoccupations sur l’avenir la nôtre planète. Elle dévoilera les messages clefs qui émaneront des jeunes et les premiers résultats de cette mobilisation pour lutter contre les changements climatiques le 20 mars prochain.

 Pour se prononcer, merci de suivre le lien suivant :

https://jeunesse.francophonie.org/actualite-jeunesse/vous-avez-coeur-la-planete-participez-la-consultation-en-ligne-sur-le-climat.


ENS d’Abidjan, la grève des enseignants paralyse le début des examens semestriels

Normaliens au drapeau (Ph.Google)
Normaliens dans la cours (Ph.Google)

Les élèves de l’Ecole normale supérieure d’Abidjan, ont été mis ce lundi 9 mars 2015 devant les faits dont ils avaient informellement connaissance. La rumeur circulait en sourdine depuis un moment, annonçant une possible grève qui compromettrait le calendrier des examens des premiers semestres prévu du 9 au 14 du mois en cours. Ce lundi, jour d’examen, aucune salle n’était ouverte, aucune disposition ne semblait être prise pour un début effectif des évaluations comme la plupart des normaliens s’y attendait plus ou moins. La raison : les enseignants de cet établissement de formation des professionnels de l’enseignement seraient entrés en grève pour réclamer les 11 % de prime de correction et les allocations de recherche du dernier semestre.

N’ayant aucune information officielle, les normaliens étaient partagés entre optimisme et pessimisme jusqu’au point d’information à l’initiative de la Délégature générale. Au cours de ce rassemblement, le directeur général, le professeur Sidibé Valy a invité les normaliens à être sereins et à continuer à mieux se préparer pour les évaluations qui « ne peuvent pas ne pas avoir lieu », avant de situer le contexte de cette grève qu’il considère comme incivique et indigne des enseignants de son établissement.

Selon ses propos, il ne s’est point « barricadé » refusant une quelconque discussion avec le groupe des enseignants qui confisquent notes et épreuves. Encore que les 11 % réclamés ainsi que les primes de recherche revendiquées par certains ne relèvent pas de sa période de direction. Il ne pouvait donc pas s’engager dans une discussion vu qu’il ne dispose ni d’argent ni de raisons valables.

Le professeur Vally, après quelques attalakou de son parcours « de bon enseignant sorti major de promotion de l’ENS dans les années 70, de bon directeur de département », a rappelé à son auditoire que « quand les éléphants se battent, les lièvres doivent s’éloigner ». Cette métaphore devrait être comprise comme un conseil aux élèves. En clair , ces derniers doivent éviter de se faire manipuler et éviter aussi tout acte de vandalisme.

Pour le professeur Vally, cette grève est opportuniste, car « nous sommes en période électorale, et les gens pensent qu’ils peuvent tout se permettre… » Le rôle de l’enseignant est de faire son travail. Aucun comportement ne viendra faire obstacle à la mission qu’il s’est assignée. Refusant « l’humiliation » dont il dit avoir horreur, Vally Sidibé s’est défini « comme le ruisseau au bord de la voie. Si à l’aller le voyageur ne s’y abreuve pas, à son retour, il marquera nécessairement un arrêt » a-t-il martelé avant d’informer les élèves, qu’il œuvrait pour qu’à l’issue de cette semaine, la question des bourses soit réglée.

Cette annonce a suscité une grande réaction d’ovation chez ces normaliens, qui depuis 5 mois attendent avec une patience de félin en chasse, le versement de leur bourse. En dehors des frais d’inscription qui seront déduits, la rumeur court que le service des examens et concours retranchera 5 000 FCFA par session pour des Inscriptions pédagogiques, sans oublier cette autre, qui annonce que la SGBCI prélèvera à chacun de ses clients normaliens, la somme de 25 000FCFA comme frais d’ouverture de compte.

La situation à l’ENS se normalisera sûrement bientôt. Le DG, avant de prendre congé de son auditoire a invité chacun à demeurer prêt.


Rugby : 4e pont entre la Côte d’Ivoire et la France

10376061_593658927431201_8973048940132159788_nEn lançant le Tournoi de Rugby international  des fitinis d’Abidjan et de Salaise sur Sanne (TRIFAS), le samedi 10 janvier 2015, Yakouba Koné a donné le top départ d’un processus de coopération culturelle, sportive et de formation des jeunes ivoiriens et français, dans le sport des Garçons Piles : le rugby.

C’est à Treichville, stade de Biafra, l’un des rares déjà dans le pays, aménagé et mal entretenu pouvant accueillir ce type d’évènement, que environ sept (7) écoles de rugby du pays, la presses, les parents, amis et amoureux de la balle ovale, se sont retrouvés, à l’appel du Directeur de la structure WARRA 15 les grains de baobab, pour le lancement du tournoi qui se déroulera en 2016.

 Aventures humaines, Yacouba Traoré, veut faire des bords de la lagune Ebrié dans 1 an, la Capitale de la balle ovale. Le vaste projet que sa structure concocte depuis plusieurs années permettra à des jeunes d’école de rugby de l’hexagone de se frotter aux réalités du rugby en Afrique et inversement. Ce programme d’échange de jeunes est à la fois un projet de formation, de découverte et de mutualisation d’expériences. Le tournoi annoncé mobilisera plusieurs pays de la sous-région et d’autres continents. En Attendant 2016, le promoteur invite les autorités du pays à soutenir cette action.

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Côte d’Ivoire : Décembre des Lumières et des Pétards

Lumieres devant la mairie à Abobo (Ph.Badra)
Lumières devant la mairie à Abobo                            (Ph.Badra)

C’est désormais une habitude, dans ce pays. Ne rien trouver de mieux que d’offrir à coup de millions, chaque fin d’année un spectacle de lumière et de pétards aux populations. De mémoires d’ivoiriens, le premier spectacle offert par l’Etat de Côte d’Ivoire fut funeste. Les langues de serpents ont vite conclu aux rites sacrificiels pour bénir le nouveau pouvoir d’Abidjan. Ensuite, tirant les leçons de cette expérience macabre, l’Etat a opté pour la décentralisation du spectacle. Ce fut la lumière et les feux d’artifices pour toutes les communes et villes du pays. Cette stratégie visait à éviter les encombrements et embouteillages humains au Plateau le soir du 31 décembre.

Abobo, la fameuse commune martyre a eu son spectacle. Il parait que ce spectacle n’avait d’égal. Même ceux respectivement offert par le Président de l’Assemblée nationale à la ville de Ferké, ou à la ville de Grand-Lahou par  le député Djaha Jean, ne pouvaient prétendre rivaliser avec les lumières d’Abobo dans lesquelles quelques ivoiriens toujours farfouilleurs ont décelé des symboles francs maçonniques.  Dans tous les cas, les ornements lumineux ont ébloui la commune du député, maire, ministre Tounkara.

Abobo a eu depuis, quelques routes. Certainement, et dit-on, pour dire merci aux villages Ebrié qui dans le fond avaient manifesté une certaine proximité à la LMP. Aujourd’hui Akeikoi est fière et Abobté a un beau bitume. Le Président en plus de ces routes a promis de  l’eau pour tous et un bain pour chacun à l’horizon 2020.

Mais dans le fond, il faut dire qu’Abobo, il n’y a pas eu de changements majeurs. Et les lumières installées pour cette fin d’années ne peuvent que mettre en relief sous d’autres couleurs ce qui le jour ne prends plus le soin de cacher. Les lignes de bus n’ont point évolué, ce qui d’ailleurs faits l’affaire des gbakas, la nouvelle gare dite internationale chôme faute de clients, les lacs sont encore présents et l’ombre des microbes planent toujours, les FRCI occupent toujours les résidences universitaires et semblent s’y plaire… Malgré tous ces aspects, la vie continue. Le peu qui a été fait doit satisfaire.

Pour cette fin d’année, les ivoiriens ont ressorti les arsenaux qui avaient littéralement disparu depuis le coup d’Etat de 1999 par feu le Général Guei Robert : les pétards. Quand on dit que le Dioula exagère dans tout, c’est simplement reprendre avec beauté cette phrase d’Amadou Kourouma  l’anus de l’Hyène sent. Et quoi! Est cela prendre la coupe au sens de Billy Billy, le courageux peureux ? Depuis l’ouverture du nouveau pont, les ivoiriens ont renoué avec les pétards. Partout dans les rues, comme si la licence était accordée, les explosifs de toutes formes, de tous calibres, de tous les couts ne manquent pas dans les assiettes des vendeuses, de mes sœurs dioula. Et ils se vendent comme des petits pains. Ainsi depuis une dizaine de jour, Abidjan est rythmé par les sons d’éclatement de pétards qui rappellent d’autres sons entendus pendant la crise post-électorale.

Pétards ici, pétards par là. Les communes et quartiers où sont mes frères battent le record de bruits qui déchirent sans élégance tous les petits moments de repos, de tranquillités. Il faut dire que cette situation profite à tous les petits voleurs et braqueurs disposant d’une arme à feu ; car les sons entendus ne différèrent en rien de ceux que produire une arme réelle. Selon une dame, « alors qu’on était quiet à la maison, pensant que c’était des pétards, des malfrats ont dévalisé la boutique du quartier. » Et une autre de déplorer le danger que ces joujoux pourraient constituer pour les enfants. En espérant que le PrADO envisage déjà une solution.

Voilà 2014 qui s’en va. Tranquillement. Marqué par les scarifications de nombreuses promesses faites, mais à moitié non satisfaites par les hommes du pouvoir. 2014 fut une année de grandes décisions ou solutions à quelques situations vites passées aux oubliettes comme c’est toujours le cas dans cette Afrique où les vilaines habitudes sont teigneuses.

–  Il y a eu le péage. La route qui était censé faire circuler l’argent dans les poches des ivoiriens toujours plaintifs et à plaindre, n’a fait qu’augmenter la colère des voyageurs. Les prix du péage n’ont pas évolué d’un iota malgré les plaintes des populations. Les usagers de l’autoroute paye, quant à eux pour les transporteurs, les coûts de passages, car les tarifs des tickets de toutes les compagnies devant emprunter cette belle voie, ont augmenté d’au moins 100FCFA.

– Il y a eu les fameuses interdictions : de téléphoner au volant, de fumer dans les lieux publics, d’utiliser les sachets en plastique. Les policiers ont traqué, jusqu’en se lasser très vite. comme à leur habitue, ils aiment courir vite oubliant qu’ils s’essoufflent très vite face à la beauté de dame racket et ses sourires envoutant. On fume désormais en public, ont téléphoné au volant…la période de la mode des traques policières est déjà dans les oubliettes. Encore, les sachets circulent, car « quand on interdit, on propose de solutions : création d’espace fumeurs par exemple » confie un fumeur.

– Il ne faut pas mettre sous le boisseau les nombreux admis au CEPE  au BEPC à 80 points. Nombreux admis, très peu orientés. Comme si le Ministère de l’Education nationale voulait faire plaisir aux parents en programmant des succès de masse. A l’enseignement supérieur, le spectre d’un Ministre,  qui aime à penser et croire que ses fantasmatiques visions ses rêves sont des prophéties.  M. Gnamien Konan qui dont le rêve publique est de faire de tous les ivoiriens des informaticiens comme lui – alors qu’il y a une quantité de diplômés en informatique qui chôment dans ce pays – annonce des reformes à l’Université qui ne manquent pas de critique de la part des enseignants, étudiants, parents : Projet de mathématisation et d’informatisation des Lettres, projet de licence en 4 ans, projet de faire de tous les étudiants les anglophones…Personne ne sait d’où il tire son inspiration, mais ce Monsieur est un cas à psychanalyser. Car jusqu’à présent nos chers universités n’ont pas l’ombre d’une bibliothèque encore moins de laboratoires équipés. Ne le sait-il pas ? Ou bien Gnamien Konan, l’enthousiaste voudrait-il que les scientifiques poussent comme des champions?

–  Aussi, il y a le Pont de tous les espoirs. Promis depuis plus de 25 ans et réalisé en 25 mois. HKB le petit ruisseau de Daoukro est fièrement immortalisé. Les journalistes adorateurs vont nous tuer un jour par leur verve savoureuse. Le pont promis entraine une autre promesse. Le patron du PDCI a réitérer son soutien sans faille à son frangin aux solutions. Gbagbo de sa prison hollandaise devrait se dire «Diantre, comment un violé peut-il tant aimer son violeur ? » C’est aussi cela l’amour non ? Le pont est une merveille que nous allons devoir payer durant 30 ans au concessionnaire. L’Afrique devra apprendre à faire confiance à ses propres Ingénieurs. Ce pont se trouve être la nouvelle route directe et discrète pour le PRADO quand il rentrera de ses nombreux pérégrinations et ballades internationales.

– Avant le pont, il y a eu la Révolution acte 2 chez nos voisins et frères balafrés. Le printemps burkinabé. Depuis Beau Capitaine Compaoré a, pour utiliser cet euphémisme diplomatique, démissionné pour venir communier avec les caïmans ingrats de Yamoussoukro où il a trouvé refuge. Le beau Blaise semble avoir été piqué par le virus des voyages Magellantiques. Apres avoir posé ses valises, il a déjà en un temps records effectué un tour pour manger du bon couscous avec le Roi du Maroc. Ce qui est sûr on est ensemble. C’est la famille. Et il y a toujours une solution dans ce pays.

– En 2014, il y a eu des bruits de bottes de quelques mécontents de la grande muette. Ces bruits n’ont pas laissé indifférents le Brave-Tchè. Mais il n’y a pas pas de problème sans Solutions aux pays des éléphants. En parlant d’Elephant, il faut dire aussi dire que sportivement l’année fut marquée par une tension en Pro Drogba et Pro Yaya. Malgré ces tensions et toutes les frayeurs, les pachydermes footballeurs se sont fait abattre par les Lions indomptables avant d’obtenir in extremis une hypothétique qualification pour la prochaine CAN.

– En 2014 il y a eu Ebola et Boco Haram, mais Dieu merci, en dehors des rumeurs, le pays a été préservé grâce à un achat massif et national de toutes les couleurs de Solutions hydro-alcooliques. Enfin, en 2014 il y a eu l’ouverture du fameux procès de Simone la terrible avec ses 82 amis coaccusés. On a pu la voir enfin. Les sauces d’Odienné doublées du foutou manioc des odiénnéka,  la prière et le recueillement depuis ses geôles luxueuses ont renforcé la noirceur de son teint d’ébène et ramollient son regard de lionne.

–  2015 arrive, au galop, avec une escorte démesurée. Un quinquennat est vite passé. Les microbes agissent encore, le racket s’est accentué sur les routes et dans les hôpitaux, l’école est aux cœurs de nombreuses reformes expérimentales et incessantes, les éléphants ont comme à leur habitudes réussi à se qualifier pour la prochaine CAN, les 1 millions d’emploi promis n’ont pas été atteint. Mais 2015 est l’année d’élection. De nouvelles promesses viendront galvaniser encore l’ardeur des votants. C’est aussi ça la vie.

Paix et amour pour tous les éléphants/


Décembre, mois du volontariat et du bénévolat : l’Afrique à l’honneur

5e promotion de VIF (Photo-FB OIF-VIF)
5e promotion de VIF (Photo-FB OIF-VIF)

Le 5 décembre de chaque année est consacré à la célébration, partout dans le monde des actions que mènent les volontaires et les bénévoles pour la création d’une monde meilleur. Cette fin d’année 2014, est particulière. L’Afrique semble être honorée doublement.

Alors que l’Organisation internationale de la Francophonie, qui vient de clore, à Dakar au Sénégal la session de préparation interculturelle de sa 6e cohorte de volontaires internationaux, qui s’est tenue du 21 au 29 décembre, l’Union Africaine, commence ce 1er décembre, à l’autre bout du continent, dans la corne de l’Afrique, à Debrezeit, en Ethiopie la formation de pré-déploiement de la 5e promotion du Corps des jeunes volontaires de l’Union Africaine.

A Dakar, ils étaient 50 jeunes francophones venus d’une vingtaine de pays membres de l’espace francophone a être informé et formé sur les valeurs de la Francophonie. Ils seront déployés sur les 5 continents pour un mandat de 12 mois et mettront leurs savoir-faire et leurs savoir-être au service de leurs structures d’accueil. En retour, ils bénéficieront d’un encadrement d’experts et de professionnels. Encadrement qui leurs permettra à l’issue de la période de déploiement d’orienter leur carrières professionnelles.

Au centre de Développement des jeunes de Bonita en Ethiopie, ils sont 50 jeunes africains venus de l’Afrique et de la Diasporas. Ils parlent français, arabes, anglais et portugais, mais partagent la même vision : celle de faire de l’Afrique par leur engagement un continent qui bouge positivement. A l’issue des deux (2) semaines qu’ils passeront en Ethiopie ils se familiariseront avec les valeurs chères à l’Union Africaine, notamment, le panafricanisme, le leadership, le sens du service…et retourneront dans leurs pays d’origine pour attendre la date de leur déploiement.

Le Corps des Jeunes volontaires de l’Union africaine lancé en 2010, et le Volontariat international de la Francophonie adopté en 2004, sont des programmes nés de la volonté des chefs d’Etats et de gouvernements au cours de leurs différentes réunions. Ils visent à donner aux jeunes la possibilité de valoriser leur savoir faire et compétences, d’avoir une première expérience ou de consolider leurs expériences à l’international dans des espaces multiculturels et multi-linguistiques.

Pour plus d’information :

Volontariat international de la Francophonie (VIF) § Corps des jeunes volontaires de l’Union Africaine (CJVUA)


Ahmadou Kourouma, repose désormais en terre ivoirienne

Ahùadou Kourouma (Ph.Google)
Ahùadou Kourouma (Ph.Google)

«Allah, disait-il, fait ce qu’il veut, il n’est pas obligé d’accéder à toutes les prières des pauvres humains. » Il a tout de même accédez à la dernière volonté du fils de Boundiali, c’elle d’être enterre chez lui. Il a tout de même accédez à la dernière volonté du fils de Boundiali, c’elle d’être enterre chez lui. Certes, les termites de Boundiali ne se régaleront point de ses restes elles se mordront les pinces d’apprendre des nouvelles du nouveau repas de leurs confrères des bords de la lagune Ebrié, mais il repose désormais dans son pays, qui n’est nullement ailleurs que chez lui.

Ahmadou Kourouma, l’auteur du Soleil des indépendances, repose depuis ce vendredi 14 novembre au cimetière de Williamsville, à Adjamé une des communes de la capitale économique ivoirienne. Décédé en France en 2003, le Ministère de la culture et de la Francophonie, depuis deux ans, selon les propos du Ministre Maurice Bandama, a travaillé pour le rapatriement de sa dépouille et son inhumation définitif en sol ivoirien. Ainsi, le mercredi 12 novembre, sa dépouille est arrivée en Cote d’Ivoire.

 Avant d’être inhumé définitivement, il a reçu le 13 novembre à l’Ecole Normale Supérieure d’Abidjan, un hommage littéraire et scientifique des immortels de l’ l’académie des sciences, des arts, des cultures d’Afrique et des diasporas africaines (ASCAD)  et un autre culturel et artistique à L’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (INSAAC). Une des rue de la commune de Cocody a aussi été baptisée du nom de l’écrivain.

Sa vie a été comme celle du héros de ces deux derniers romans, un voyage, une pérégrination dans le monde.  Né à  Boundiali au nord de la Cote d’Ivoire, il commence l’école à Bamako au Mali avant d’être expédié comme tirailleur sénégalais de 1950 à 1954 en Indochine. A son retour il étudie en France les mathématiques. A ^partir de 1960 il se positionnera comme l’un des premiers écrivains à décrier la dictature des Président africain. Fuyant la colère de papa Houphouët Boigny, il part en exil en Algérie (1964-1969), au Cameroun (1974-1984) et au Togo (1984-1994) avant de revenir vivre en Côte d’Ivoire.

En souvenir de lui, Au Pays des Éléphants, choisi quelques une de ses plus belles paroles, lues ça et là dans quelques uns de ses ouvrages.

– « La principale institution dans tout gouvernement avec un parti unique est la prison.» (En attendant le vote des bêtes sauvages)

– « Partout dans le monde, une femme ne doit pas quitter le lit de son mari, même si le mari injurie, frappe et menace la femme.»

– « Ce n’est pas par ses discours et ses gesticulations, mais par le silence et le sérieux que le sage se distingue dans une assemblée.»

– « Il ne faut jamais verser du jus de viande dans la gorge d’une hyène et lui demander de le recracher.» (En attendant le vote des bêtes sauvages)

–  « Le proverbe est le cheval de la parole, quand la parole se perd, c’est grâce au proverbe qu’on la retrouve. » (En attendant le vote des bêtes sauvages)

–  « Quand, au moment de la séparation entre deux individus personne ne ressent de regret, la séparation est arrivée trop tard.» (En attendant le vote des bêtes sauvages)

–  « C’est comme ça dans les guerres tribales : les gens abandonnent les villages où les hommes pour se réfugier dans les forets où vivent les bêtes sauvages. Les bêtes sauvages, ça vit mieux que les hommes. » (En attendant le vote des bêtes sauvages)

–  « Quand on a dit que l’anus de l’hyène sent mauvais, on a tout dit. »

–  « Il existe deux sortes de cécité sur cette terre : les aveugles de la vue et les aveugles de la vie. »

–  « Allah fait ce qu’il veut, il n’est pas obligé d’accéder à toutes les prières des pauvres humains. (Allah n’est pas obligé)

–  « Il y avait une semaine qu’avait fini dans la capitale Koné Ibrahima, de race malinké, ou disons-le en malinké : il n’avait pas soutenu un petit rhume… » (Le soleil des indépendances)

–  « Comme tout Malinké, quand la vie s’échappa de ses restes, son ombre se leva, graillonna, s’habilla et partit pour le lointain pays malinké natal pour y faire éclater la funeste nouvelle des obsèques. Sur des pistes perdues au plein de la brousse inhabitée, deux colporteurs malinké ont rencontré l’ombre et l’ont reconnue. L’ombre marchait vite et n’a pas salué. » (Le soleil des indépendances)

–  « Les soleils des Indépendances s’étaient annoncés comme un orage lointain et dès les premiers vents Fama s’était débarrassé de tout : négoces, amitiés, femmes pour user les nuits, les jours, l’argent et la colère à injurier la France, le père, la mère de la France. Il avait à venger cinquante ans de domination et une spoliation. Cette période d’agitation a été appelée les soleils de la politique. Comme une nuée de sauterelles les Indépendances tombèrent sur l’Afrique à la suite des soleils de la politique. Fama avait comme le petit rat du marigot creusé le trou pour le serpent avaleur de rats, ses efforts étaient devenus la cause de sa perte car comme la feuille avec laquelle on a fini de se torcher, les Indépendances une fois acquises, Fama fut oublié et jeté aux mouches. » (Le soleil des indépendances)

–  « Le genou ne porte jamais le chapeau quand la tête est sur le cou. » (Allah n’est pas obligé)
–  « Toute épreuve pour un peuple ou bien sert à purger des fautes ou bien signifie la promesse d’un immense bonheur. » (Quand on refuse on dit non)

–  « Quand on dit qu’il y a une guerre tribale dans un pays, ça signifie que des bandits de grand chemin se sont partagé le pays. » (Allah n’est pas obligé)

– « Ils se sont partagé la richesse; ils se sont partagés le territoire; ils se sont partagés les hommes.

–  » Ils sr sont partagé tout et tout et le monde entier les laisse faire. Il y avait au Liberia quatre bandits de grand chemin: Doe, Taylor, Johnson, El Hadji Koroma et d’autres fretins de petits bandits. Les fretins bandits cherchaient à devenir grands. » (En attendant le vote des bêtes sauvages)

– « Un homme est aussi un chien errant en quête perpétuelle de sa nourriture. » (En attendant le vote des bêtes sauvages)

RIP