A.B. Ladji Coulibaly

Coupe du monde 2014: les éléphants gagnent ‘malgré tout’

Un supporteur (Ph.Facebook)
Un supporteur (Ph.Facebook)

Jamais l’équipe nationale de football de Côte d’Ivoire ne dispute une rencontre importante, sans que les ivoiriens ne soient stressés. Même si elle dispose des individualités les plus remarquables du monde du foot depuis plus d’une décennie, l’équipe des pachydermes footballeurs ivoiriens est toujours annoncées en fanfare, mais revient en son de trompette ou de flute, comme on le dit sous nos cieux.

Les Ivoiriens sont des supporteurs  »mazos » quand il s’agit de l’équipe nationale. Ils sont habitués aux régulières défaites inattendues de leurs ambassadeurs qui gagnent toujours sur papier, mais rarement quand on s’y attend. Toujours favoris, toujours tocards. « On est habitué,mais on supporte quand même. » Cette phrase qui traduit un optimisme courageux, a pris dans l’esprit de tout le peuple ivoirien, une petite place tranquille. Pour cette rencontre, j’ai pronostiqué  une victoire de 2 buts pour le Japon contre rien, aucun pour mon pays. Tout comme le journal satirique GBICH 762 qui recommandait aux ivoiriens à se rapprocher – par mesure de prudence de l’Institut de Cardiologie d’Abidjan, j’ais pris le soin d’aller me coucher.

De la centaine de SMS que j’ai envoyé à mes amis en disant  »slt, je suis en mode dodo. le score sera 2-0 pour le Japon. A demain » J’ai reçu des retours pas trop gais de fanatiques. Bon, loin d’être la manifestation d’un pessimisme, ce fut pour moi une façon de dire mon ras-le-bol des déceptions inutiles que ces footeux font subir à nos cœurs sciatiquement habitués aux chocs et émergemmennt fragiles; une façon de dire que le résultat était et serait toujours le même; une façon – si on peut le dire et l’admettre – de chasser la poisse qui siège sur la brillante équipe ivoirienne. Il ne suffit pas d’être une belle équipe de stars. Les supporteurs sont las de chocs. Nombreux sont dans le monde, les hommes, les femmes et les enfants qui ont attendus cette rencontre. Nombreux sont les commentaires, les attentes, les espoirs, les craintes que suscite cette première entrée des Éléphants en cette coupe du monde 2014. nombreux aussi seront les cœurs meurtris et chagrinés à la fin. Ou inversement. Il fallait Car un éléphant, ça fait souvent trop de bruit, même quand ça se  déplace pas, sa corpulence le discrédite au sprint.

Dominer, n’est pas gagner.

Voila. En prédisant la défaite, le sort en a décidé autrement. Mais je n’eu pas tort. La rencontre débute comme prévue à 1h00GMT. Les supporteurs avaient depuis le matin de ce samedi, veille de la « fête des pères » prix places dans les salons, bars, maquis, complexes, devant soit un fourneaux de thé ou des bières Made in RCI. Tous en OBV. Tous connectés sur internet. Live twitte. Le match, commence, le jeu est beau. La pluie tombe. Mais voila, comme on devrait s’y attendre, une légendaire – car fréquente dans le jeu de cette équipe – erreur de contrôle d’amateur permet aux Japonais d’assommer les mastodontes à la 14e minutes de la première mi-temps. Le calme s’abat, comme une ombre de malheur sur le pays. Les esprits cherchent les plus belles critiques et injures pour qualifier l’inexpérience de LAMOUCHI, l’entraîneur stagiaire-titulaire le plus contesté, qui en cette rencontre importante a osé fixe le grand Drogba sur le banc de touche. 45 minutes passent. Les ivoiriens pressent, on sens même dans les commentaires des journalistes une certaine partialité. Tous sont de cœur avec les ivoiriens. Certains même n’hésitent pas à saluer tous ceux qui ont investis les maquis, pour voir le match sur écran géant. Mais rien. Les 11 repartent dans les vestiaires sans avoir fait pénétrer au grand bonheur de tous, mémorablement le filet adverse. Dans les rue d’Abidjan, ça grogne déjà.

Le Nr 11 qui met psychologiquement la pression: La gazelle de Gnafrao.

La seconde partie commence. Les supporteurs sont toujours tendus devant leurs écrans. Et moi j’exulte. Mon pronostique se réalise. Drogba rentre. Et sa première touche, met en ébullition téléspectateurs, spectateurs, journalistes. Le  »Joueur de classe mondiale », même à 36 ans fait la différence dans le geste, l’élégance du jeu. Un grand bruit, bref de hola traverse Abidjan. Je commence à recevoir des SMS de revanche. La présence du Capitaine pèse psychologiquement sur les japonais. Et hop, en l’espace de deux (2) minutes, Bony Wilfried et Gervinio écroule le château du désespoir. Le pays est en branle. Le sourire est revenu sur les visage. Et une amie de me comfier « moi osi jétais sure kils allaient perdre – ms o moins cette fois, ils ns ont fait mentir – cest une bonne chose’‘. Même si Didier Drogba n’a pas touché « d’énormes ballons » sa présence a contribué à faire la différence. Jusqu’au coup de sifflet final qui tardait à venir, les japonais ont vu du feu et les ivoiriens ont offert du spectacle.

Les bonnes nouvelles font toujours remuer Abidjan. (La video ici)

Pour de nombreux ivoiriens, cette victoire est largement suffisante. C’est tout comme  si elle suffisait pour dire : ma coupe est déjà gagner. Peu importe la suite. Devant mon transistor, j’entendais en boucle RFI dans ses journaux et informations commenter et annoncer en boucle la victoire 2 à 1 des la Côte d’Ivoire sur le Japon. Mais aussi dans les rues jeunes et vieillards, femmes et enfants sont descendus en liesse en chantant, comme si la coupe était déjà gagnée. Les klaxons des taxis wôro wôro se sont fait entendre comme les jeudis, jours de mariages en continue. Les ivoiriens qui gagnent ainsi pour la troisième fois un match de coupe du monde ont encore du chemin. La compétition ne fait que commencer. Et il y a encore en face la Grèce et la Colombie. Mais pour le moment on va s’enjailler un peu. En gagnant ce match, les éléphants ont offert à tous les papas un très beau cadeau en ce jour de leur célébration.

Bonne fête des pères à tous.


Musée du Costume de Grand-Bassam: La Côte d’Ivoire à travers ses vêtements

Une vue du Musée National du Costume ( Ph.Badra)
Une vue de profil du Musée National du Costume ( Ph.Badra)

Les musées en Côte d’Ivoire, il y a en a peu. Dieu seul sait pourquoi. En dehors du Musée national du costume de Grand-Bassam et du trop modeste bâtiment abritant le Musée des civilisations d’Abidjan, qui – selon les communications autour – a subit les effets collatéraux de la guerre d’avril 2011, on compte deux musées régionaux. A Korhogo au nord, capitale du Pôrô, le bâtiment, devenu savane clôturée, est fermé tandis qu’Abengourou, capitale de l’Indenié à l’Est, joue le maintien.

Pour la nième fois, nous avons visité le Musée qui est à Grand-Bassam, première capitale ivoirienne. Ville historique et balnéaire, elle est patrimoine mondiale de l’UNESCO. A l’angle de la rue du Angoulvant, dans les environs de la Préfecture et face à l’ancien Palais de justice, se dresse tout mélancolique l’ancien Palais des Gouverneurs.

D’après l’écriteau à l’entrée, le bâtiment fut érigé en Palais des Gouverneurs en 1893. Ce fut d’ailleurs le premier du genre, avant celui de Bingerville aujourd’hui Orphelinat National et d’Abidjan détruit. Bâti dès 1849, le bâtiment qui a servit de Palais des Gouverneurs jusqu’au transfert de la capitale à Bingerville, a subi au fil des années des adaptations architecturales. La colonisation n’étant plus, il sert aujourd’hui de musée national. Deuxième plus grand musée du pays, le Musée National du Costume de Grand-Bassam existe depuis 1981.

Des passants, visiteurs et des habitants qui fréquentent le quartier France de la ville, très peu semblent intéressés ou attirés par le bâtiment de deux étages dont la cour est très calme. Un regard prospectif, laisse toute personne s’interroger sur ce qu’on pourrait voir de bon en un endroit aussi peu attirant, méconnu, par défaut de communication et mal achalandé, si on peu utiliser le terme. D’ailleurs, combien d’Ivoiriens fréquentent par curiosité ou désir de culture les musées nationaux ? Question.

Costume de chefferie Akan (Ph.Badra)
Costume de chefferie Akan (Ph.Badra)

La cour est presque toujours vide. Et dans le hall d’accueil et d’informations, les travailleurs sont assis. L’ennui règne en ce lieu, ou bien c’est la concentration méditative qui s’impose. Rien donc d’anormal. En effet, dans la plupart des grands musées, l’ambiance est plutôt calme. Très calme d’ailleurs. Les hommes et les femmes viennent voir, admirer, lire les fiches descriptives quelque fois interroger, puis s’en vont. Le Musée de Grand-Bassam n’échappe pas à cette réalité. Seulement, sa trop calme ambiance inquiète. Tout de même.

Salle d'exposition Musée de Bassam (Ph.Badra)
Salle d’exposition Musée de Bassam (Ph.Badra)

Les personnes qui ont déjà visité l’endroit, peuvent penser ou même rapporter qu’il n’y a rien de bon à voir. Mais, un tour motivé dans le vieux Palais permet d’avoir, pour les chanceux un bon temps d’échanges avec les animateurs et guides de la maison dont le bagout et la verve savoureuse transportent le visiteur au quatre coin du territoire national ivoirien en parcourant l’histoire des peuples à travers les quelques pièces représentatives de l’habitat et des vêtements des grands groupes ethniques du pays.

 La visite se déroule en cinq étapes. Du haut vers le bas ou du deuxième étage au premier. Si on peu le dire. D’abord la salle de bain des Gouverneurs (#1). Il n’y a aucune indication en termes de date. Seule information, elle a été conservée. Et c’est un mérite qu’il faut reconnaître à nos muséologues. Une salle de bain moderne, issue d’une époque lointaine dont les robinets été alimentés par un système d’adduction à traction manuelle permanent. L’eau qui innervait les tuyaux de cuve, coulait en permanence parce que des individus, par la force de leurs muscles tournaient de jour comme de nuit en non stop une manivelle au dessus d’un puis dix mètres (10) plus bas.

Photo de portage (Ph. Badra)
Photo de portage (Ph. Badra)

Ensuite vint la revue de clichés de l’époque coloniale accompagnée du récit commenté de l’histoire du travail forcé (#2) à travers quelques vieilles photos encadrées. Des plus remarquables, on compte le creusage d’une tranchée du chemin de fer dans la région de l’Agneby et le portage d’un colon dans un hamac par quatre gaillards aux cheveux crépus et bien encadrés par des gardes habilement vêtus. C’était la voiture officielle  de l’époque et le cortège. Il y a aussi des images « très exotiques » dignes films de guerriers barbares dans lesquelles les têtes tombent et trônent au sommet de pieux après chaque conquête. Toujours dans l’Agnéby,  des têtes de rebelles Abbey sur des pieux, brandies en trophée et symbolisant la fin du matage de ceux qui ont eu la folie de se révolter contre l’autorité et le courage d’avoir avec de la viander un certain Rubino. Enfin pour terminer, en beauté la sélection une scène de marché montrant un colon tripotant et testant la fermeté des seins nus surement d’une esclave. Selon les interprétations et explications, c’était la meilleure façon de choisir sa par soi même sa prochaine monture nocturne. Par Zeus que cette affaire  de seins clairs remonte à bien longtemps.

La visite de l’étage supérieur finie par la salle où se bunkerisaient les Gouverneurs quand des troubles venaient à éclater (#3). La grande salle vide au planché suintant, n’offrait à voir qu’un faux mur flanquer d’une échelle. Pour ceux qui connaissent l’histoire récente de la Côte d’Ivoire sauront ce qu’un bunker, un endroit où on se cache quand on n’as pas le courage d’assumer ses actes. Bref, le bunker est donc lié aux viscères de la chère patrie d’Eburnie. Qui donc est fou ? Chacun prévoit son échappatoire. L’idée de la mort, hante et effraye même les plus téméraires. Il faut descendre, maintenant pour mieux comprendre le sens et la raison du musée.

La découverte des différents habitats des grands groupes ethniques fait suite à celle du Bunker. En effet l’étape #4 de la visite donne à voir des maquettes savamment disposées en fer de cheval autour de la salle principale d’exposition. A chaque extrémité du fer de cheval se dresse une gigantesque statue. La première est celle d’un chasseur rapportant son gibier au cou et la deuxième représente une femme portant son enfant. Entre chaque statue en bois, les maquettes alignées le long du mur présentent chacune un type d’habitat d’un grand groupe ethnique. Chaque maquette quelque soit l’habilité de son artisan demeure muette. Les cartons descriptifs ou indicatifs sont tantôt illisibles, tantôt inexistants. Mais bon, les yeux trouvent leur plaisir à voir et cette absence d’information invite le visiteur à soit imaginer soit trouver par lui même à quel groupe correspond tel ou tel type d’habitat.

Enfin (#5) la salle d’exposition. Du nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, via le Centre, les grandes les vêtements de la royauté, de la chefferie, de la paysannerie, de la religion, de la création, de la danse, de la culture, de l’initiation…sont représentées. Groupe Akan, groupe Mandé, groupe Krou, groupe Voltaïque tous se retrouvent.  On s’attendrait à voir 61 types de costumes, comme le pays compte 61 ethnies. Mais non. Ils ont été regroupés selon leurs habitudes et les aires culturelles et les costumes exposés semblent parfaitement représenter ce regroupement. Pour combler la trop grande vacuité de la trop grande salle d’exposition, le guide explique, pare son discours qui transporte le visiteur d’un point à l’autre du pays. Les épisodes superfétatoires dans le bâtiment (visite de la salle de bain, du bunker, les maquettes d’habitats…) en ce lieu où le vêtement, restent donc nécessaires.

On devrait repartir satisfait de la visite. Mais on repart à demi satisfait. Pour un pays qui compte 61 ethnies, la salle d’exposition devrait être beaucoup plus parlante. Des écriteaux pourraient aider les visiteurs solitaires qui n’ont point la chance de bénéficier d’une visite guidée enfin, une communication sur le musée à cette époque où les réseaux sociaux ouvrent à toutes les fourmis l’opportunité de se faire connaitre au monde serait un atout. Aussi la Cote d’Ivoire a connu une période pré et post coloniale. Entre ces deux moments, le type d’habillement des ivoiriens a considérablement évolué. La Musée pourrait donc s’inspirer de ces changements pour mieux s’achalander.

Le Musée national du costume a le mérite d’être unique en son genre. Ses travailleurs ne manquent certes pas d’imagination, mais leur bonne volonté à mieux faire leur travail se heurte souvent à la précarité de leur condition de travail semble t’il. Cette situation les a conduits à observer souvent des moments de grèves entraînant la fermeture de l’établissement. La dernière date du mois d’avril. Déjà qu’il draine peu de visiteurs, s’il faut compter des jours de fermeture, c’est toute la culture ivoirienne qui prendrait un coup.

A bon en tendeur salut.


Cote d’Ivoire:Le plomb se beigne des les peintures à usage décorative

Pots de peintures à huile (Ph.Google)
Pots de peintures à huile (Ph.Google)
Les peintures à huile à usage domestique ou peintures décoratives à base d’émail fabriquées et vendues en Côte d’Ivoire sont, en grande partie « bourrées de plomb ». Parce que contenant une concentration extrêmement élevées de plomb, elles constituent des dangers certains pour les enfants et les femmes enceintes en particulier et l’homme en général et posent un problème préoccupant de santé environnementale.

Cette annonce – inquiétante – a été faite à la Fondation Freidrich Neumann pour la Liberté, sis à Cocody-Abidjan, le 23 octobre 2013, à l’occasion de la semaine internationale d’action pour l’élimination de l’intoxication au plomb, par l’ONG-Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE), qui a participé à une étude menée simultanément dans huit (8) autres pays par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE),  en échantillonnant, au niveau national 30 pots de peintures de 7 marques différentes, vendus à Abidjan et dans ses alentours. Ces échantillons ont été expédiés pour être analysés au Laboratoire de la Santé des travailleurs du Wisconsin aux Etats-Unis. Journalistes, Bloggeurs, Représentantes d’institutions et membre d’organisation de la société civile, qui ont animés les échanges suite à l’exposé de JVE, ont été stupéfiés par le potentiel, mais réel danger auquel une simple volonté de rendre simplement agréable aux yeux un cadre de vie, pourrait la santé.

Tableau des résultats (Photo Badra)
Tableau des résultats (Photo Badra)
« On s’en fou. Nous les Africains, nous les Ivoiriens, nous les Noirs, nous sommes différents des autres. Ce qui les tue, nous fortifie. Dieu est au contrôle ». Ou bien «Ҫa tue pas ivoirien ». Voici biens d’opinions – souvent dictées par le désespoir et le dépit de la débrouille -, que des langues se déliant, peuvent laisser entendre de la bouche de nombreux ivoiriens. Pour même banaliser des situations, des interdictions formelles ou des événements dramatiques, la sagacité et la fertilité de l’humour ivoirien sont mises à contribution.
L’ivoirien métamorphose la défaite en occasion de danse et de boisson (l’annonce de la mort d’un Chirac, suite à une défaite cuisante des pachydermes footballeurs toujours malchanceux depuis 1992, pour pouvoir invertir le soir les Maquis de Yopougon) ; transforme l’inquiétant et le choquant en humour pour éloigner l’alerte (Probo Koala est devenu Probo koulaba ou vase de nuits ou déversoir de caca, pour dire plus simple ;  l’affaire de grippe aviaire est devenu concept DJ…) ; trouve toujours un argument pour outrepasser le proscrit, l’interdit, le dangereux (le manque extrême d’hygiène de la plut part des Garbadrôme transformé en raison d’amour pour le plat presque internationalement réputé ; enfin entre autre, aujourd’hui la menace de la fièvre Ebola qui décime au Liberia, en Guinée, qui inquiète le Mali, le Ghana et nargue le Sénégal qui a fermé hermétiquement ses frontières avec la Guinée est devenu un argument pour des jeunes filles d’embrasser leur nouveau Gaou ou pour les vendeurs et consommateur agrées d’Agouti et autres viandes dites de Brousse (comme si la viande de maison avait son qualificatif aussi) de fulminer en ces temps de Paquinou contre l’Etat.
Niais, ou trop fier, Gaou ou ignorant, l’ivoirien est souvent très négligent. Si Dieu est dit Unique et Créateur de tous, il est alors au contrôle de  la vie de tous. Dans tous les cas, Il n’est pas obligé. Ou bien ?
Mais Monsieur Kouassi M’Bra Richard, conférencier de l’occasion, a été strictement formelle dans sa présentation : Le plomb est dangereux. Sans préciser les noms et marques des peintures échantillonnées, il a notifié que l’étude dont il présente les résultats nationaux a été effectuée par le PNUE par l’intermédiaire de ses partenaires dans neuf (9) pays à savoir : l’Argentine, l’Azerbaïdjan, le Chili, la Côte d’ivoire, l’Ethiopie, le Ghana, le Kirghizstan, la Tunisie et l’Uruguay. Dans ces pays, se vendent malgré les risques signalés des peintures dont la teneur en plomb est critique.
Les industries de peinture ajoutent intentionnellement le plomb pour au moins trois raison : renforcer le pigment, faciliter le séchage et empêcher la rouille. Pourtant des solutions de remplacement de bonne qualité, et d’un bon rapport coût-efficacité sans incidence ou presque sur les caractéristiques et le prix des peintures à produire existent.
A quoi le plomb expose –t’il réellement et comment ?         
Ces comportements industriels mercantiles exposent les utilisateurs à des problèmes réels de santé environnementale. En effet, l’exposition au plomb s’effectue de deux manières : soit par l’air lorsqu’on inhale les fumées de brûlure de différents déchets (yako donc aux habitants de Akouédo) ou des poussières issues de vieux murs, soit par ingérence d’aliments ou boisson d’eau. (Quand je sais que tous les tuyaux de la SODECI du banco 2 sont sexagénaires, j’imagine la quantité de plomb en moi).

Ce métal toxique, d’après un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a « des effets sur la santé, (qui) sont en général irréversibles et permanents.»(1) Des preuves qu’une exposition au plomb entraîne une diminution de l’intelligence ont amené l’OMS à reconnaître le retard dû au plomb comme une maladie. L’Organisation cite également cette dernière comme l’une des dix principales maladies dont la charge de morbidité parmi les enfants est imputable à des facteurs environnementaux modifiables. On pourrait aussi citer entre autres effets dus à l’exposition au plomb : l’hypofertilité des hommes (sperme défaillant), les avortements spontanés (cause de fausses couches), l’augmentation de la pression artérielle, la perturbation du système nerveux, le retard et la perturbation du système cérébrale de l’enfant (le plomb pénètre dans le fœtus par le placenta de la mère, perturbe le cerveau et le système nerveux de l’enfant à naître), la perturbation du comportement des enfants (agressivité, comportements impulsifs…).

Que donc faire ?

Depuis au moins 40 ans, les pays fortement industrialisés ont adopté des lois et règlements interdisant la fabrication, l’importation, la vente ou l’utilisation de peinture au plomb pour l’intérieur comme pour l’extérieur des maisons, écoles et bâtiments commerciaux. Ces réglementations sont devenues de plus en plus strictes avec le temps. Aux Etats-Unis comme au Canada, une limite réglementaire de 90 parties par million (ppm) a été instituée en réponse  aux préoccupations croissantes que les expositions, même à faible teneur en plomb sont dangereuses pour les enfants. D’autres pays, en Europe occidentale, ont établi des bornes de 600 PPM de plomb dans les peintures, au poids sec.
Les résultats de l’étude en Côte d’Ivoire, cité dans le Rapport final de l’étude dans l’ensemble des neuf (9) pays ci-dessus nommés, montrent que les peintures vendus dans le pays sont scandaleusement au delà de ces normes occidentales. Les échantillons prélevés présentent, pour la plus part une concentration très élevées en plomb allant de 10000 à 42000 ppm soit plus de 1000 fois au-delà des normes fixées, selon le continent entre 90 ppm et 600 ppm à poids sec. Le rapport précise aussi qu’il n’existe actuellement aucune loi en Côte d’Ivoire qui contrôle ou limite la teneur en plomb des peintures utilisées pour la décoration des  ménages en Côte d’Ivoire.
Face donc au danger que représente le plomb pour les jeunes vies, le PNUE a formulé d’après son rapport trois recommandations majeures que la Côte d’Ivoire à l’instar des autres pays concernés par les menaces du plomb devra appliquer à savoir : l’institution d’un cadre de réglementation nationale, la sensibilisation du publique et l’invitation a des producteurs à éliminer les composés de plomb de leurs formulations et d’étiqueter les pots – là où, il n’y aurait pas de réglementation en s’engageants dans un processus de certification.
Enfin, notons, que l’exposition au plomb n’engendre pas que des problèmes de santé. Elle draine aussi dans son sillon des problèmes économiques. En effet, une étude récente a examiné l’impact économique de la réduction de la productivité de l’enfance liée à l’exposition au plomb sur les économies nationales et estime une perte cumulée de 977 milliards de dollars par an pour tous les pays à revenus faible et mayen. La perte économique estimée pour l’Afrique est de 134,7 milliards de dollars soit, 4,03% du produit intérieur brut. (2)
Mon frère, affaire de chiffre là, c’est pour les initiés. Si tu vas peindre ta maison pour plaire à tes yeux, fait simplement attention. Il parait que les peintures à eau sont moins toxiques. Mais parait-il qui sait ? Au pays des éléphants, rien n’est sûr. C’est Dieu qui contrôle.
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1- Childhood Lead Poisoning, OMS, 2010, p.iii 
2- Economic Costs of Chilhood Lead Exposure in Low and Middle Income Countries, By Teresa M.Attina and Leonardo Trasande : Environmental Health Perspectives ; DOI :10.1289/ehp.1206424 ; https:/ehp.niehs.nih.gov/1206424/


Au pays de l’émergence 2020, «Le gombo» se cultive en toute terre et en toute saison

Une classe ( photo google)
Une classe ( photo google)

Le « Gombo », dans l’argot ivoirien est synonyme « d’affaire, de business, de recherche d’argent ». Un gomboiste est donc un affairiste, un homme d’affaire, un businessman…Cette histoire d’examens blancs dans la circonscription dirigée par la DREN-ET Abidjan 3, montre combien les esprits sont fertiles quand il s’agit de culture de ce légume dans l’éducation. Le Ministère de tutelle s’est chargé d’organiser le tirage et l’impression des cartes scolaires (oui c’est pour harmoniser bien sur et mieux contrôler, ce qui est normal). En le faisant, un des «gombos» des DREN-ET est ainsi «arraché» dit-on. La nature ayant horreur d’un vide, il faut vite combler la brèche. En la matière et quand en dessous il y a l’odeur du « blé », certains esprits trouvent vite.

Bref, « Si tu vois la grenouille courir en saison sèche, pose toi beaucoup de questions. » Ces paroles ne sont ni du tonitruant artiste très « exilé » Serges Kassy, ni du sentimental Daouda. Mais du peuple ibo selon l’excellent C. Achébé. Allons donc droit au but…heu aux faits…

La Direction Régionale de l’Education National et de l’Enseignement Technique Abidjan 3a mobilisé trois semaines de l’année scolaire 2013-2014 pour organiser les examens blancs à l’endroit des élèves de 3e et de terminales de sa circonscription couvrant, en grande partie les communes de Yopougon, Attécoubé et Songon.

Calendrier des Examens
Calendrier des Examens Blancs

La décision de cette évaluation partielle régionale, selon certains directeurs des études et chefs d’établissements n’a fait l’objet d’aucune programmation initiale. Elle est tombée d’un coup, au moment où chaque établissement, comme à leur habitude se mobilisait pour organiser ses propres examens blancs. Selon des langues indiscrètes, la motivation de la prise en main de l’organisation de ces examens blancs est purement financière.

Bon gré mal gré, les Ecoles se sont pliées à la décision, demandant aux enseignants de transmettre des propositions d’épreuves accompagnées de corrigés et barèmes. Selon le calendrier initial,

Si les activités de la première période se sont déroulées telles que prévues, celles de la seconde ont dépité candidats, enseignants, chefs d’établissements par le cafouillage organisationnel des choses, si on peut dire en usant de cet euphémisme qualifiant. Sinon, tout fut piètrement orchestré. Et comment? Récit des événements dignes d’un film de Bauer…

La deuxième journée des épreuves fut le réel début du chemin de croix des candidats. Route du calvaire dont l’emprunt n’épargne point à celui qui s’y engage, des risques d’ulcère de colère. Après la tranquille première journée du mardi 25, élèves comme enseignants furent accueillis par la nouvelle, le lendemain, d’un changement – inadmissible et révoltant – de programme. Pour les séries techniques G1 et G2 (Comptabilité) , en lieu et place des épreuves de Français et de CMC, il leur a été demandé d’affronter les épreuves de Mathématiques prévues pour le lendemain. Impossible. Il aurait fallut avertir la veille du changement, afin que les candidats puissent s’outiller. Monsieur B., Directeur des études d’un établissement de la place révèle : « ce n’est que la face caché de l’iceberg. En ce moment même, nous avons aussi des problèmes avec les épreuves des mathématiques des élèves de 3e. Les épreuves qui nous sont parvenus sont truffées d’erreurs. On attend donc qu’on nous apporte de nouvelles épreuves. Au niveau des épreuves des de langues des Série B (Economie sociale), il y a une inversion. Nous avons reçu des épreuves de Série A (littérature). Pourtant les programmes sont palpablement différents. Nous allons demander aux élèves qui sont déjà énervés d’attendre avant de prendre nos responsabilités. » Tout au long de la journée, des erreurs de débutant souvent irritantes se sont multipliées, paralysant des centres de composition. Traore Koller, élève en classe de Tle A au Groupe St. Cityl, explose en nous confiant : « Les enfants de 3e ont attendu jusqu’à 11h pour débuter ce jour leur première épreuve de la journée et ceux devant composer l’épreuve d’Espagnol, n’ont pas reçu d’épreuves. Vraiment cet examen est un échec, car le rythme entache notre motivation. » Au final, il a été demandé aux élèves dans certains centres de s’appéter à composer dans l’après midi conformément au programme initial. Un rattrapage du calendrier sera fait l’après midi du lendemain jeudi 27, normalement prévu, comme jour de repos.

 Jeudi fut presque tranquille. Presque parce qu’encore les épreuves de Droit ne correspondaient à aucun élément du programme officiel des classes d’économie. « Le sujet donné, nous confie un enseignant de la matière, est du programme des étudiants des BTS 2 en Transport Logistique et non du niveau terminal ». On aurait pu dire « C’est grave ». Mais fallait-il attendre vendredi, normalement dernier jour de composition, pour constater combien la bêtise organisationnelle s’est amplifiée, s’est embellie, comme pour couronner le tout de la palme d’honneur de l’échec planifier. L’épreuve d’Etudes de cas dure 5h. Ce vendredi, les candidats devaient la débuter à 8h. Mais les sujets n’étaient pas disponibles jusqu’à 13h. Et quand les organisateurs ont eu l’amabilité de les acheminer, elles étaient encore bourrées de fautes graves et en nombre insuffisant. Couac de couac. La malédiction poursuivrait-elle donc cette évaluation régionale ?

Par ci par la colère et grogne constaté. Les élèves ont voulu forcer, comme à la bonne époque, par cafouillage, l’arrêt du cours des choses ; les responsables du centres, quant à eux, optimistes, ont passé toute la matinée à rassurer, calmer les ardeurs et téléphoner. Mais en vain. Le président du Centre GSOY de Yopougon, Monsieur Diarrassouba, a ramené à 14h, les candidats chez eux. Les dernières épreuves se dérouleront sous forme de devoir dans chaque établissement et les copies seront acheminer pour que les Secrétariats puissent achever le processus.

De part en part, du début à la fin, et comme si une malédiction planait, les examens blancs, organisés par la DREN-ET Abidjan 3 cette année ont laissé observé le manque de sérieux accordé à la chose. La prestation de cette institution est indigne. Comme s’il fallait faire les choses pour les faire. « L’organisation a totalement foiré » pour reprendre un propos entendu. La DREN-ET devra trouver des motifs en béton armé pour expliquer la qualité très médiocre de sa prestation. La question du temps ne devrait point être ni invoquée ni évoqué car les enseignants, sont unanimes : « Les sujets ont été transmis dans les délais impartis et conformément aux exigences ».

Les fonctionnaires de la DREN-ET, pour rappel, sont en majorité des anciens enseignants devenu soit conseillers, soit inspecteurs pédagogiques. Ils coordonnent pour la plus part et selon leur spécialité, les unités pédagogiques (UP= ensemble des enseignants d’une même discipline et présents dans les établissements sous l’administration d’une DREN-ET). Alors comment en est –ton arrivé à ces nombreuses bévues et erreurs ? La commission de sélection des épreuves, n’a-t-elle pas pris la peine ou le soin de vérifier les sujets avant de les transmettre à l’impression? Le nombre de candidats serait-il à cette période de l’année méconnu des services en charges des effectifs? D’après un enseignant « l’argent est déjà partagé. Le DREN-ET n’en a que faire des épreuves, ni du bon déroulement d’un examen. Ce qui l’interesse, c’est combien eux ils gagnent. Les autres DREN-ET on réussi leur examen avec brio, la notre ici, n’est composée que de gomboїstes au sens littéral et profond.»

Vive les comportements de l’émergence on sera tous riche hein…

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Dans mon quartier le pain est fabriqué par des «grouilleurs»…

Image google.
Image google.

Les ivoiriens peuvent s’accorder. Très peu de boulangeries dans la capitale, tout comme celles à l’intérieur du pays ont recours à des professionnels, issus des rares écoles de boulangers, pour la fabrication du pain. Une façon peut-être pour les propriétaires de fuir les salaries dignes et leurs cortèges de revendications.

Comment le constater, le penser et ne pas le dire ? Les ivoiriens aiment le pain comme leur garba national. Ils le consomment comme toute nourriture sans toutes fois penser aux conditions de production ainsi qu’à la qualification de ceux qui le fabrique. A force de vouloir même savoir ce qui motive cette consommation à l’aveuglette, vous pourrez entendre dire « ce qui est dans ton ventre là, c’est ce qui est pour toi » ou encore « c’est quand c’est salle que c’est doux même » (cette phrase concerne le garba). Parole d’affamés, de fous et de lucides. Ne vous étonnez pas. Le constat est amer et justifié. En même temps captivant.

Des débrouillards habiles mal payés…

Au delà des guichets où se glissent les petites monnaies en échange de baguettes chaudes ou froides, pains dit de campagne ou boulette…selon le moment de l’opération, se cachent de véritables chaines de travail organisée à la libanaise. Comme dans les zones industrielles du pays, les travailleurs des boulangeries œuvrent laborieusement pour produire le pain. Labeur qui n’est point payé à sa juste valeur. Normal. Si on peu le dire car, rare sont les travailleurs des boulangeries qui sont qualifiés. Ce sont de débrouillards qui à force de pratiquer, sont devenus experts. Ils ne cherchent que du travail. Rien de plus. Avec le temps, les bonnes habitudes et les bons reflexes viendront.

Moussa est commis de boulangerie. Un veritable bourlingueur. Bien avant il a passé 15  ans à gérer une photocopieuse. Puis s’est converti en aide électricien avant de commencer à travailler comme caissier de boulangerie puis promu commis. A cette position, il est chef d’équipe. Et chaque membre de son équipe a une histoire aussi longue que la tienne. Richard l’incontournable pétrisseur n’a que 18 ans, mais a le métier déjà dans l’âme. Culotte aux fesses, comme c’est la mode, laissant apparaître un caleçon aux couleurs non encore trouvés dans aucun cercle chromatique, sans chaussure, il est devenu musclé à force de soulever des dizaines de sacs de 50 kg de farine chaque jour; de casser des blocs de glace. Les jours où il ne travaille pas, il gère un jeu vidéo sous un préau dans son quartier. Richard sait donner de la couleur au pain. Sa recette secrète, pour faire briller le pain, quelques carreaux de sucre au mélange et le pain devient doré comme l’or akan au sous un soleil senoufo, nous confie le commis.

Le mortier de pétrissage dépassé,  entre en scène Habib et Joseph, pour la pesée, le découpage et le façonnage. Façonneurs, ils le sont depuis trois ans. A l’origine, le premier est briquetier et le second chargeur. Ici, la vie est tranquille. Même si le salaire ne vient pas, chaque jour, il y a au moins deux pains garantis. Cela suffit et rassure la panse.

Entre planches, tapis sales et four chaud se trouvent le doyen Mathieu et Théo. Les enfourneurs, comme on les appelle ici, s’occupent de la cuisson du pain et du rangement dans les casiers. Le doyen a fait le tour de tous les petits métiers. Ses rides en disent long sur sa vie.  Théo, lui est un déscolarisé qui se « cherche ». Pour être  enfourneur, il faut avoir des muscles, de la souplesse, de l’endurance et un métabolisme de batraciens. Ces deux personnes ont tous leurs sens aiguisés. Dans la chaleur ambiante de l’usine, Théo a la recette pour refroidir le four. L’air circulant à peine, de temps en temps il jette un gobelet d’eau dans les fours et voila que tout est rafraichi. Cette trouvaille non conventionnelle, pour abaisser la chaleur, ne présente pas moins de danger, qu’on le penserait. En attendant que le pain, ne cuisse, il se permet d’écraser un bout de cigarette. « C’est interdit, selon le commis, mais chacun fait ce qu’il veut ici ». Ou chacun est sa propre mesure de toute chose, disons. Enfin, quand tout sort des mains habiles, il faut vendre.

Moumouni, est au guichet depuis longtemps. Il ne sait rien faire d’autre dans sa vie que vendre du pain. Il compte, vend et fait les compte à son commis.  Pétrisseur, façonneur, enfourneurs, guichetier, commis,…c’est une belle chaine de débrouillards aux mains habiles. Le commis contrôle cette équipe souvent composée de truands qui n’hésitent pas à faire sortir le pain en cachette ou avec la complicité du guichetier. S’il manque de vigilance, il devra rembourser chaque perte.

Intérieur d'une boulangerie (Four, Tapis, Caisses)
Intérieur d’une boulangerie (Four, Tapis, Caisses)

Dans la chaleur des fours surchauffés, des mains viriles masculines de corps musclés et tout en sueurs manipulent la farine de jour comme de nuit. Sans repos. Un petit café « serré » de temps à autres ou une cigarette à la main devant un four de gaz redonne le tonus. Il faut atteindre le nombre de pétrins (environ 730 pains/pétrin équivalant d’un sac de 50kg de farines) qu’a demandé le Gérant pour mériter sa ration et sa paye.

Les travailleurs ou ouvriers dans les boulangeries du pays en effet, sont des journaliers dont le salaire est versé chaque quinzaine du mois. Ce salaire varie entre 30.000FCFA et 75.000FCFA selon la tache. Les taux journaliers se présentent ainsi : Le pétrisseur touche 4000FCFA, le façonneur et l’enfourneur 3000FCFA, le Guichetier 3500FCFA, le Commis 4500FCFA. Si tout effort mérite récompense, il faut reconnaitre que ces derniers sont sous payés.

Le salaire, tout comme l’environnement de fabrication du pain ivoirien ne sont pas reluisants. Le patron n’employant pas de professionnels, quoi d’étonnant si le pain se fabrique dans des conditions insalubres. Impossible de voir le tapis sur lequel le pain est placé pour vouloir toujours le consommer. Autant, il est horrible d’imagine la sueur dégoulinante du corps de tous ces jeunes, sans combinaisons de travail, entrant et sortant, touchant à tout. On tirera la conclusion bien à l’ivoirien « ça tue pas africain ». Pourtant, si les agents des services d’hygiène traquent les vendeurs de garba, pour leur manque de notion élémentaires d’hygiène, ils devraient songer souvent à visiter les tréfonds de nos boulangeries.

Sans assurance, sans mesure de protection, sans vêtement de travail ni promesse de contrat d’embauche, le travail dans les boulangeries reste passionnant, émouvant, gratifiant, mais aussi et surtout dangereux. Quand des amateurs manipulent la nourriture, le feu et le gaz surchauffé, il faut, un jour craindre le pire. C’est aussi une question de santé publique.

– Photo BADRA – Les noms sont d’emprunt pour garder l’anonymat des personnes.


Côte d’ivoire – EPP Djonikro, L’ECOLE QUI PLEURE

Une vue de la cours de l'ecole
                                               Une vue de la cours de l’école

Yopougon, Ile Boulay, Epp dudit lieu. L’endroit – comme ses plages privées, son air pur, sa végétation de cocotiers, sa fameuse baie dite des milliardaires, dont les immenses maisons cossues observables d’un bord des rives de la lagune Ebrié à un autre – donne une idée du statut de ceux qui y vivent tout en faisant rêver. Pourtant, dans une broussaille de cocotiers abandonnés, une clairière. On se croirait dans une aventure de Mister No, super héros de BD. Quatre bâtiments biens construits, à l’apparence, trahissent le décor de la plantation industrielle. Les deux premiers sont des salles de classes de l’insolite école insulaire. Ceux à l’entrée, où se trouve la pancarte annonçant l’activité qui s’y déroule, devraient servir de logements pour quatre (4) instituteurs. Mais à les observer de près, aucun enseignant, n’a depuis, l’ouverture – surement à cause de l’isolement – daigné déposer ses valises là. Le vide étant l’ennemi de la nature, la conséquence est dure ou pas à dire: plus de plafonds. Les portes, les fenêtres, le sanitaire, les câbles électriques ont disparu. Dieu seul sait, grâce à qui ?

Dans la cours, envahie d’herbes sauvages, se dressent un mat chancelant et deux acacias peinards  aux branches démesurées qui ombragent presque la moitié de l’immense cours mal entretenue. Les élèves devraient se réjouir de les avoir en ces temps de chaleurs suffocantes. Un tour dans les salles de classes béatement ouvertes impose à conclure que l’école est à l’abandon. Diantre quelle race d’instituteurs travaille dans ce décor irritant et pitoyable ? Ils devraient être ni tribuns, ni humains. Sadiques à la limite. Aucun de leurs enfants ne fréquenterait cette école. C’est sûr. La beauté du cadre scolaire, devrait disposer aux études. Mais là, c’est l’horreur, la saleté, la désolation.

Une salle de classe, à l'EPP Djonikro
Une salle de classe, à l’EPP Djonikro

Les classes sans portes sourient largement à tous les passants. Les tables bancs sont quasi inexistantes. Et pour les quelques unes qu’on pourrait compter, et qui ont la chance de meubler le triste décor des six (6) classes, gisent au fond, entassées, poussant à hué et à dia leurs râles derniers, comme si elles attendaient un menuisier pour les assembler, avant que des ménagères opportunistes ne les transforment en bois de chauffe. Le plafond, quant à lui a été arraché. Œuvre sans doute d’entrepreneurs véreux. Le sol est sans charme. Ici et là, des nids poussiéreux dignes de poules en période de ponte, rivalisent de laideur avec les trous dans les placards moisis qui, inlassablement attendent le jour de leur transfert dans les poubelles de l’arrière cours.

Enfin, le bureau, qui semble – d’après un écriteau, être celui du Directeur est dans un sale état. Il n’a jamais servit probablement. Ses placards muraux qu’on aperçoit d’une brèche de la fenêtre avant, faites de mauvais bois, sont totalement tombés sous les coups des incisives coriaces de termites. Le soir venu, des centaines de cafards ayant trouvé logis en cet endroit devenu lugubre et transformé en cuisine ou entrepôts de matériel de cuisine – d’après le grand nombre de marmites qui se laisse voir – font leur ballet idyllique. Le sieur directeur , n’a pas trouver mieux, que d’installer ses quartiers dans l’une des deux classes du second bâtiment au lieu d’affronter la réalité de l’aménagement de son espace de travail.

Des Bancs d'élèves Epp djonikro
Des Bancs d’élèves Epp djonikro

Un nouveau tour dans les salles de classes, permet d’observer que le  noir tableau affiche la date du 26 novembre comme date des derniers cours. Cette école serait-elle fermée en pleine année scolaire ? Pourquoi ? Des renseignements, pris, auprès d’un curieux passant, confirme nos soupçons. L’école est fermée à la demande des enseignants. En effet, un cultivateur des environs, pour avoir raison des herbes têtues de son petit champ de manioc, aurait pulvérisé un mélange nauséabond d’herbicide qui à mis à rude épreuve les narines des locataires des environs du fameux champ. Face donc à l’odeur et pour ne point mettre en danger la santé des enfants, les chers enseignants, tout irrités par l’acte du paysan, ont suspendu.

Les parents las de voir leurs enfants à la maison, ont entamé des négociations. Et si elles aboutissent à une reprise immédiate, l’école devrait recevoir la visite d’inspecteurs sanitaires, et/ou d’éducation pour donner une bonne leçon de civisme aux tenants des lieux. On ne pourrait admettre que l’éducation soit possible dans un environnement aussi hostile, à cause du manque d’entretien et de la simple volonté de bien tenir la chose publique.

En octobre 2013, Mme Kandia Camara, Ministre de l’Education nationale et de l’enseignement technique est ‘tombée en larme’ si on peu le dire, face à l’état très délabré de l’école primaire, Marché – Banco 2 de Yopougon. Cet établissement, présentait le visage d’un fumoir de bidonville, véritable repère des bandits invétérés et redoutés de Port Bouét2. L’Etat a immédiatement engagé des travaux titanesques de réfection. Toutes fois suffit-il si la bonne volonté de ceux qui y travaillent, n’est pas sollicitée pour l’entretien. Il suffit d’un peu de volonté, pour dissuader des vandales ou des paysans de commettre des actes  et forfaits condamnables. Car, nombreuses sont les écoles publiques de la capitale ivoirienne qui souffrent des mêmes maux.

NB Credit Photo : Badra


2014: La Cote d’Ivoire sur les sentiers de l’émergence…

Travaux de la nouvelle autoroute du nord (Ph. Google)
Travaux de la nouvelle autoroute du nord (Ph. Google)

Le 31 soir, comme de coutume, le Président Alassane Ouattara (AO) a adressé à la nation ivoirienne, son message de nouvel an. Un discours plein de promesses qui fondent l’espoir et l’espérance et qui annonce aussi les couleurs des nouvelles campagnes électorales.

Si celui de l’an dernier a été marqué par la fameuse expression  »l’argent travaille », celui de ce 31 décembre 2014 a mis en évidence de nouvelles comme  »AUGMENTATION DES SALAIRES » « EMPLOIS »  »SECURITE »…Tout au long de l’année, ces expressions tourneront en boucle dans l’esprit et sur les langues des ivoiriens. En attendant que le Christ arrive, relisons le discours présidentiel et à chacun son commentaire… 

MESSAGE A LA NATION DE SEM ALASSANE OUATTARA

 PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Ivoiriennes, Ivoiriens, mes chers Compatriotes,
Chers Amis de la Côte d’Ivoire,

Nous voici au seuil de 2014, une nouvelle année pleine d’espoir. C’est un moment privilégié pour moi de m’adresser à chacune et à chacun de vous. Cette année, je le fais le cœur plus léger.

En effet, notre économie connaît une forte reprise. Tous les indicateurs le traduisent éloquemment et placent notre pays parmi les dix premières nations en croissance dans le monde. Cette performance est reconnue par tous nos partenaires, notamment les grandes institutions internationales. Les résultats sont visibles de tous en matière de réhabilitation et de construction de nos infrastructures économiques et sociales. On le constate dans les secteurs des routes, de l’eau, de l’électricité, de l’éducation et de la santé. Toute la Côte d’Ivoire se modernise.
Les infrastructures en cours de réalisation sont à la hauteur de notre ambition de doter notre Pays de ce qui fait la force de tout Etat moderne, à savoir des routes, des autoroutes, des ponts, des ports et aéroports modernes. Nous pouvons citer en exemple, l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro, le Pont Henri Konan-Bédié, les échangeurs de la Riviéra 2 et de Marcory, l’autoroute Abidjan-Bassam, les ponts de Jacqueville, Bouaflé et Beoumi. Bientôt nous réaliserons les travaux de réhabilitation et d’élargissement du boulevard lagunaire ainsi que les travaux d’extension et de modernisation du Port Autonome d’Abidjan.

L’année 2014 verra la fin de la pénurie d’eau potable à Abidjan, grâce notamment aux travaux d’approvisionnement à partir de Bonoua. De même, près de 100% de la population ivoirienne aura accès aux services de télécommunication, grâce à l’utilisation d’une nouvelle technologie.

Chacun a pu noter également l’attention portée aux logements sociaux. L’engouement que suscite cette opération est la preuve de son opportunité. Nous allons poursuivre cette politique d’accession à la propriété pour les ménages à faible revenu et à revenu intermédiaire. Ainsi, dans quelques années, l’épineux problème du logement connaîtra une forte atténuation, à Abidjan et dans les villes de l’intérieur.

Mes Chers compatriotes, chers frères, chères sœurs,

Je sais qu’il y a encore, et à juste raison, certaines impatiences. Je les comprends, mais je peux vous assurer que nous sommes sur la bonne voie, celle qui mène vers la prospérité. Nous avons d’importantes réformes à achever pour faire sentir les effets de nos performances économiques sur votre quotidien. C’est le cas de la lutte contre la vie chère. Oui, la vie est chère et nombreux sont nos compatriotes qui éprouvent des difficultés à joindre les deux bouts, surtout après plus d’une décennie de crise. Le gouvernement fait donc de la lutte contre la vie chère une priorité.

Nous prenons cette question à bras- le-corps. C’est pourquoi, j’ai demandé au gouvernement de renforcer la concertation avec tous les acteurs, afin que des réponses concrètes soient apportées en 2014 à la situation des prix.

Nos excellents résultats économiques doivent se traduire nécessairement par une amélioration des revenus et un effort en faveur des plus démunis. C’est dans cet esprit que nous avons décidé d’augmenter de manière substantielle le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) qui est passé de 36.607 francs CFA à 60.000 francs CFA. Comme vous le savez, les salaires des fonctionnaires étaient bloqués depuis 1988, soit un quart de siècle. Le Gouvernement a donc décidé de la revalorisation des salaires et du déblocage des avancements des fonctionnaires dès janvier 2014, avec étalement des effets financiers sur cinq ans.

Ainsi, j’ai le plaisir de vous annoncer qu’avec ces mesures, chaque fonctionnaire verra son salaire augmenter régulièrement, améliorant ainsi son pouvoir d’achat. Avec le déblocage et les revalorisations effectuées, c’est une augmentation des salaires des fonctionnaires de 137 milliards et 700 millions de F CFA qui aura été consentie pour 2013 et 2014.

Par ailleurs, l’Etat a maintenu cette année encore, en dépit des aléas du marché international, un prix rémunérateur du Cacao, du Café et du Coton afin de garantir à nos parents paysans une amélioration de leurs revenus et de leurs conditions de vie.

Dans le même élan, après avoir lancé en 2013 les bases d’une restructuration de notre système sanitaire, nous avons décidé de la mise en place de la couverture maladie universelle dans le courant de l’année 2014. La CMU permettra ainsi à tous les ivoiriens d’avoir un meilleur accès aux soins de santé.

Mes Chers Compatriotes

Notre pays change. Notre pays progresse. Notre pays se transforme.
Les visites d’Etat que nous avons commencées sont autant d’occasions pour donner l’impulsion nécessaire à la création de pôles économiques régionaux. Elles se poursuivront en 2014 et les années suivantes. En effet, elles offrent de grandes opportunités en plus des mesures incitatives contenues dans notre code des investissements. J’invite donc les investisseurs nationaux et étrangers à s’impliquer davantage dans les programmes régionaux de développement.
Par ailleurs, le Forum « Investir en Côte d’Ivoire », qui se tiendra à la fin du mois de janvier 2014 est une plateforme qui leur est destinée.

Mes Chers Compatriotes, chers frères, chères sœurs,

L’emploi, particulièrement l’emploi des jeunes, demeure également une priorité ; un réel sujet de préoccupation.
Le rythme actuel de création d’emplois ira encore plus vite avec notamment les mesures nouvelles prévues pour l’année prochaine. Malgré les difficultés rencontrées, l’objectif de création de un million d’emplois sur cinq ans est toujours à notre portée.
Nous envisageons également d’accroître l’accès au microcrédit pour les projets des jeunes et d’augmenter les allocations du Fonds d’Appuis aux Femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) pour les femmes.
Ces mesures offriront une véritable bouffée d’oxygène, à côté de l’agriculture, qui demeure le principal secteur pourvoyeur d’emplois. Je voudrais à nouveau rendre hommage à nos parents paysans, qui font preuve d’une grande ardeur au travail, ce qui a permis l’accroissement des produits vivriers ainsi que ceux d’exportation.

Mes chers Compatriotes,

La forte amélioration de notre indice de sécurité, qui est passé de 3,8 à 1,3 en un an, montre que la sécurité de nos concitoyens est mieux assurée partout dans le pays. Le retour de toutes les organisations internationales dans notre pays, notamment la BAD dans les prochains mois, en est un témoignage éloquent. Les différentes opérations menées par nos forces de défense et de sécurité ont largement contribué à maîtriser le phénomène des coupeurs de routes, même si cela demeure une préoccupation des populations. Nous sommes déterminés à éradiquer ce fléau. Je voudrais renouveler ici mes félicitations à nos forces de défense et de sécurité pour leur engagement. L’année 2014 sera marquée par la mise en œuvre de la réforme de notre secteur de la sécurité et la consolidation de nos capacités sécuritaires. Elle verra également l’intensification de la lutte contre la corruption et le racket.

Mes Chers Compatriotes,

En tant qu’héritier du Président Félix Houphouët-Boigny, dont nous venons de commémorer le 20ème anniversaire du décès, je sais, comme vous, que la condition essentielle pour atteindre nos objectifs est la préservation d’un climat de paix, préalable indispensable à tout développement. Nous allons donc poursuivre inlassablement nos efforts dans le sens de la réconciliation et de la cohésion nationale. Je me suis personnellement engagé dans ce domaine. Cela s’est traduit par des mesures de décrispation unanimement saluées. Dans ma volonté de rassembler toutes les filles et tous les fils de notre pays, j’ai instruit le gouvernement de poursuivre le dialogue avec l’Opposition.

Je viens également de demander au Garde des Sceaux, que la justice examine à nouveau une mesure de mise en liberté provisoire de certains détenus de la crise postélectorale.
La porte reste donc ouverte à tous, à nos frères et sœurs des partis d’opposition. Je les exhorte à participer pleinement à un débat démocratique civilisé et apaisé, respectueux de l’Etat et des Institutions. Nous devons tourner résolument le dos aux comportements qui peuvent fragiliser le climat de paix et la cohésion nationale. J’ai confiance en la volonté de la grande majorité des ivoiriens à favoriser la paix et la quiétude dans notre pays.

Par ailleurs, nous allons poursuivre et intensifier la politique de retour volontaire des Ivoiriens réfugiés à l’extérieur, avec l’appui inestimable du HCR et des pays concernés.
Mes chers compatriotes

Durant l’année qui s’achève, la Côte d’Ivoire a retrouvé sa place dans le concert des Nations. Nous continuerons d’approfondir nos relations de bon voisinage et de renforcer nos liens avec les autres pays. La confiance retrouvée en notre pays, a ouvert la voie à d’importantes et nombreuses visites, en Côte d’Ivoire de Souverains, de Chefs d’Etat et de Gouvernement, ainsi que de hautes personnalités en 2013. Cette dynamique va se poursuivre en 2014 avec l’arrivée attendue d’autres éminents Chefs d’Etats et de Gouvernements.

Mes Chers Compatriotes, chers frères, chères sœurs,

Comme vous, j’ai foi en l’avenir radieux de notre chère Cote d’Ivoire qui mérite plus que jamais son nom de « terre d’espérance ». Ensemble, nous allons poursuivre notre route vers l’émergence. Je sais pouvoir compter sur vous tous. Oui, notre pays deviendra émergent en améliorant le quotidien de chaque ivoirien. Ce n’est pas une simple envie mais une volonté et cela, grâce à notre détermination au travail et à une prise de conscience collective de notre responsabilité commune. En définitive, il faut bâtir une Côte d’Ivoire nouvelle et un ivoirien nouveau dans « l’union, la discipline et le travail ».
Cet ivoirien nouveau devra s’approprier les valeurs du travail et prendre conscience de son rôle dans notre société. Ensemble, nous y parviendrons.
Je sais que nous sommes capables de donner le meilleur de nous-mêmes pour notre chère patrie.

Mes chers compatriotes, chers amis de la Côte d’Ivoire,

Je vous souhaite à vous-même, à vos familles ainsi qu’à vos proches, une très bonne et heureuse année 2014!
Je forme le vœu d’une paix consolidée en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde.
Bonne Fête à tous.
Vive la République.
Vive la Côte d’Ivoire »

MARDI 31 DECEMBRE 2014

Bonne et heureuse année à tous