A.B. Ladji Coulibaly

16 Mai 2015. Des jeunes ivoiriens ont célébré la  Journée mondiale de l’action citoyenne

images (1)Dans la succession des journées mondiales, le 16 mai a été célèbre en Côte d’Ivoire. Commune de Port Bouet, Vridi terminus 17 et 23, La Plage. Voilà le lieu que l’organisation e protection de l’environnement et ses associées JVE, JADD, Enfance en Action, AREI, 325.àrg Cote d’ivoire…ont décidé de célébrer l’évènement. Des leaders de mouvements de jeunesse, des eleves, des civils, venus profité des douceurs et odeurs que distille le vent de la mer du Canal de Vridi, les petits commerçants, les secouristes,…ne se sont pas fait prier pour investir la bâche montée pour l’occasion. Ce publique divers a suivi avec attention, intérêt et empressement les communications de Messieurs Aly Coulibaly, Enseignant-bloggeur et Charles Baimey, Directeur exécutif de l’ONG JVE-Cote d’Ivoire, qui ont porté sur « l’espace citoyen » pour le premier et « la place de la jeunesse  ivoirienne dans les négociations internationales » pour le second.

Monsieur Coulibaly a établi dans sa communication que le concept englobait toutes les actions individuelles et collectives des hommes pour que le monde se porte bien. Selon lui l’espace civique est à la fois un lieu physique et non physique, un lieu concret et virtuel, un lieu commun et singulier qui reste impérativement à protéger, à respecter. « Le monde va mal. Il va de plus en plus à la dérive. Il y a la pauvreté. Or l’homme a peur de la faim. Il y a des crises environnementales. Or l’homme a peur de la chaleur, du froid et de leurs conséquences. Parce que le monde va mal, il faut agir. Ceux qui l’on comprit se sont engagés dans des associations, des ONG, des mouvements de sensibilisation,…pour mieux interpeller, contribuer au développement durable et coordonner l’action de plaidoyer. » A-t-il constaté avant de préciser qu’au-delà du statut Juridique et des rôles sociaux qu’implique, la citoyenneté, « l’espace civique » est un espace de droits, de liberté qui invite à agir maintenant pour créer un monde et un avenir meilleur. Il a aussi constaté que parmi les plus de 1200 organisations qui se sont lancés dans la campagne Action2015, très peu d’organisations ivoiriennes de jeunesse sont inscrites. Pourtant l’Etat, qui parle de plus en plus de civisme, de réinsertion d’ex-combattants, d’éducation civique, aurait beaucoup à gagner en soutenant ce type de journée.

Comment les jeunes ivoiriens peuvent contribuer aux négociations internationales ? Telle a été la question par laquelle Monsieur Charles Baimey, a commencé son propos. En partant de son expérience personnelle d’agent communautaire et de citoyen engagé, le nouveau Directeur exécutif de JVE-Cote d’Ivoire a présenté au public des opportunités de rencontres internationales que les jeunes doivent saisir pour, non seulement se former, mais aussi contribuer aux échanges sur l’avenir de la planète. Il a insisté sur les futurs événements, tels que la rencontre qui se tiendra au Maroc courant 2015 et la Conférence des Nations Unies sur l’environnement que Paris accueillera en 2016. En les invitant à s’inscrire dans des associations, des clubs scolaires, pour apprendre, C. Baimey a avancé qu’on peut agir à n’importe qu’elle  niveau et que le déclic qui pousse à l’action et qui fait découvrir son potentiel ne peut s’opérer et s’entendre qu’à la condition de militer dans et pour quelque chose. En re-présentant les raisons de cette discussion, le patron de JVE a enfin invité les jeunes présent à avoir une attitude respectueuse à l’endroit de leur milieu, car il y a vas du bien de tous que le monde se porte bien.

Suite aux divers échanges, les jeunes ont manifesté des envies d’action pour le changement. Un pas est franchi. La Côte d’Ivoire a participé à la journée mondiale de l’action citoyenne.

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Chinoiseries dans l’Université Bling-Bling (5e partie): La bourse d’étude et le secours financier, de grandes énigmes

L'argent et le diplôme. Ph.google.
L’argent et le diplôme. Ph.google.

La bourse en Côte d’Ivoire, c’est le Kouadio. Les anciens savent le sens et l’histoire de ce synonyme. Cette affaire de Bourses et d’aides financières est une grande énigme. Logiquement et avant tout c’est une histoire de mérite, de chance et de réseau car, dans ce monde, tout est possible. D’Henri Konan Bédié (HKB) à Alassane Ouattara (AO ou ADO) en passant par Guei Robert (BoB) et Laurent Gbagbo (LG), les bourses des étudiants n’ont pas eu l’honneur et la chance de suivre les courbes des slogans en vogue à l’ère de chacun de ces historiques Président de République ivoirienne. Les bourses n’ont pas progressé, pourtant sous Bédié le progrès devrait assurer le bonheur de tous, sous Guei, elles ont échappé aux ballais ; sous Gbagbo, elles n’ont pas été refondées. A l’ère d’AO, elles n’ont pas encore emprunté, malgré les péages augmentés, les autoroutes et ponts de l’émergence.

Bien au contraire depuis la mort du père de la nation Félix Houphouët Boigny, Bourses d’étude et Aides financières sont devenus moins fréquentes. La fréquence de payement des bourses et allocations universitaires est passée de la mensualité à l’annuité ; du mois à l’année. Au lieu de venir comme un bon cycle menstruelle mensuellement pour permettre à l’heureux étudiants qui l’a de vivre décemment et d’être moins inquiet, elles viennent désormais une fois par an, comme des hirondelles et toutes cumulées, pour évacuer les dettes cumulées que l’étudiant bénéficiaire est obligé de contracter en gagent sa bourse qui va venir, mais Dieu seul sait quand?

Pour ceux qui s’interrogent sur le montant des bourses ivoiriennes, elles se présentent selon 3 paliers : 1ere et 2e année 240.000FCFA en raison de 20000/mois ; Licence 3 et Master 1 : 480.000FCA en raison de 40.000 FCFA/mois et du Master à la dernière année de Thèse, 60.0000 FCFA en raison de 50.000FCFA/mois. Obtenir la bourse exige d’avoir le courage et la patience et la persévérance que doit avoir le turfiste ou le joueur de loterie, mais aussi et surtout de consentir à beaucoup d’effort de travail. Pour bénéficier d’une aide, il faut compter sur la chance ou et surtout les réseaux. Si les conditions d’obtention des bourses sont liées à l’excellence des résultats académiques, les conditions d’obtention des aides restent encore floues pour tous ceux qui ne sont jamais rentrés dans le secret de l’organisme d’attribution qui est la Direction des orientations et des bourses (DOB).

Les réseaux kif kif des Arsène Lupin du système…

Depuis quelques années le système des demandes des bourses et aides universitaires est informatisé. La DOB, il faut le dire est à féliciter pour cet extrême effort de modernisation. Ce système permet de contrôle, mais aussi d’éviter les doublons. C’est-à-dire à une même personne d’obtenir deux fois la bourse la même année. Cela se peut pour diverses raisons et statut de ces personnes. Mais il y a toujours des gens qui veulent obtenir ce à quoi ils n’ont pas droit et ce par tous les moyens qui s’offrent à eux. De même il y a toujours des gens dans l’administration qui sont prêt pour des pourcentages allant de 20% à 80% de la somme aue l’étudiant percevra. Pour garantir qu’ils ne seront pas doublés par ces derniers, des documents originaux, comme les diplômes sont confisqués ou des reconnaissances de dettes – sans motifs spécifiques –  sont signées. Et gare à l’étudiant qui se jouera les Petit Bodiel. Le système est bourré de véritables dealeurs. Des voyous qui volent, rançonnent avec l’élégance d’Arsène Lupin et la maladresse du blackiste sorti d’une prison de la Capitale. Ils sont capables autant capable de vous rendre heureux en reprenant le gros de votre bourse, mais aussi de faire disparaitre les bourses des longs absents sans que personne ne sache qui a fait quoi.

Les images éclatées des acteurs du système

On peut ainsi identifier les Gourous qui font le réseau. Généralement ils sont les bureaux de la DoB. Tout le monde le sait, mais il n’y pas de preuve. Ils y a les démarcheurs et rabatteurs, qui ont toujours des réseaux. Ce sont les petits des gourous, des syndicalistes véreux… Il y a les Opportunistes  qui profitent de leur appartenance à des groupements d’étudiants, notamment le groupe des handicapées, et qui sont prêts à même faire passer des personnes sans handicap pour les leurs. Enfin, il y a les Clients et les Clientes du système. Les prêts à tout. Mais, il faut aussi comprendre que les coûts des fascicules imposées par les enseignants, les coûts augmentés des inscriptions, des chambres en résidences universitaires, des repas sur le campus, des nombreuses difficultés que connaissent les étudiants,…ne leur laissent point souvent le choix.

Les vautours du système

Faux dossiers, fausses signatures, argent disparu. Volatilisé. Ce qui se passe aujourd’hui à propos des primes des Éléphants footballeurs, existe aussi au niveau des Bourses et aides universitaires. Il y a des vautours qui font disparaître mystiquement des bourses d’étudiants qui ne pointent pas présent au moment du payement. Des vautours. Ces charognards dont les complices sont dans l’ombre montent de faux dossiers pour faire du mal à des étudiants. Cette année 3 amis ont été malheureusement victimes de ces bandits de nos administrations. De faux dossiers ont été montés pour le retrait de leurs bourses à leur place. Et quand ils se sont pointés au guichet, avec tous les documents qui les autorisent à entrer en possession de leur dû,  tout heureux, tous les calculs faits, tous les projets dessinés au prorata de la somme à retirer, PATAPOUF. Tout a chamboulé. L’argent avait déjà été retiré pour eux, mais en inconnu. Et tous les faux documents à eux présentés, prouvaient belle et bien qu’ils avaient retiré le fric. Et pourtant il n’en était rien. Ils ne savaient rien. Ils ne s’étaient même jamais présentés au guichet avant ce jour. Ils ont été considérés comme des voleurs qui reviennent toujours sur les lieux du forfait. Apres, il y a eu des réunions. Les Directeurs, se sont retroussé les manches pour mettre au pas leurs personnels. Des enquêtes ont été promises et nos amis, sont repartis chez eux, les poches vides, chagrinés, impuissants. Il faut observer à coté les petits vautours que le système a ramenés. Il s’agit des nombreux nouveaux syndicats estudiantins qui se pointe le jour des payements et qui exige, juste après le retrait une somme sur le montant, pour un quelconque combat qu’il aurait mené pour les étudiants. Avec eux, il faut obtempérer au risque de se voir dans un mouvement de violence, exproprié de son trésor.

Du bon vieux temps à maintenant

Autrefois, me disait un paternel, on poursuivait les étudiants en janvier pour leur remettre leurs bourses du trimestre précédent. C’était la belle époque. L’époque où chaque mois, le bousier passait à la caisse pour recevoir ce qui devrait lui permettre de vivre, d’étudier convenablement. Houphouët avait tout mis en œuvre pour que l’étudiant soit considère comme un homme de valeur. Oui on peut comprendre qu’à cette époque, ils étaient aussi une denrée rare. Mais depuis, tout a changé. Les bourses ne sont plus régulières et l’Etat n’assure plus le versement mensuel. Cela est désormais une tradition, Le Kouadio se verse en une seule fois par an. Et les chanceux n’ont que le temps d’admirer leur fric pour le voir ensuite s’échapper ou disparait au fil des règlements des dettes qu’ils ont cumulé. L’étudiant boursier ivoirien vit de crédits, de dettes, de rêves, de calculs dans la patience du versement de cet argent que certains n’hésitent pas à qualifier de « maudit ».

Comment l’université nouvelle celle du nouveau départ, n’a pas pu s’organiser pour penser à programmer les bourses, de sorte qu’elles soient régulières ou même virés directement dans des comptes bancaires. Cela aurait permis de mettre des étudiants à l’abri de la dépendance…

A bientôt. Car le meilleur reste à venir.


Chinoiseries dans l’Université Bling-Bling : Les Restaus ‘U’ et le « Only for dog ». (4e partie)

A l’Université FHB de Cocody, les étudiants résidents au Campus et/ou non éprouvent d’énormes difficultés pour trouver à manger. Les restaus U qui ont survécu à la réhabilitation ont du mal à satisfaire quantitativement, mais surtout qualitativement les étudiants. D’ailleurs ces entreprises de restauration qui ont raflé l’appel d’offre, n’ont rien de philanthropes. Business, profit sont leur leitmotiv. On s’imaginerait qu’elles font de leur mieux, face à la masse d’étudiants qui prend d’assaut chaque jour les entrées du bâtiment C du Campus ancien de l’UFHB. Si la qualité n’est jamais au rendez-vous, la quantité reste insuffisante quand on imagine le parcours du combattant qu’il faut effectuer pour se faire servir. Il est à remarquer qu’à l’ouverture des Universités ivoiriennes, dans la ville d’Abidjan, seuls les restaurants des campus de Cocody, d’Abobo-Adjamé ont repris du service sur les environs six (6) existant avant la fermeture. Selon les échos des menus, les étudiants pouvaient se donner le loisir d’emprunter un bus, traverser Abidjan pour aller se restaurer soit à la cité de Port-bouet, soit à celle d’Abobo et revenir au cours. Cette époque pas trop loin de maintenant est révolue. Maintenant il faut faire le rang. Faire le long rang au bout duquel il y a un plateau, un plat selon un menu de 3 proposition et un fruit si l’étudiant est arrivé tôt. Faire le rang est même une activité qui peut occuper toute une matinée. Ceux qui viennent de loin, et qui sont abonnées au restaurant, sont déjà présents dans la file dès 10h. Ils préfèrent attendre 2h dans une file pour le plaisir de leur panse. Dans tous les cas, ils n’ont pas le choix.

La furie des concepteurs

Avoir le choix dans cette université est une option de luxe et de privilégiés. En pensant la nouvelle université, les concepteurs, n’ont pas considéré l’étudiant. Disons qu’ils ont mis l’étudiant à un piédestal que lui-même ne peut ni se le permettre ni se l’imaginer. Les concepteurs ont oublié que l’ère d’Houphouët Boigny où être étudiant avait de la valeur, était un souvenir que seuls de vieux nostalgiques se permettaient souvent de ressasser quand ils sont replet. Car l’étudiant avait un statut social tétanisant, enviable, respectable. Sa simple carte brandie pouvait, selon la chanson du zouglouman Bilé Didier, emballer des cœurs de jeunes filles en quêtes de sensation fortes. Les concepteurs ont détruit tous les restaurants privés qui soutenaient si on peut le dire les Restaurants Universitaires et qui offraient du travail à quelques vieux diplômés désillusionnés et déçus du système ou attendant d’avoir la somme nécessaire pour s’acheter un concours. Les concepteurs ont en lieu et place construit des restaurants de luxe que l’étudiant lambda ne peut qu’admirer avec envie l’écriteau présentant le menu les prix en face et avaler, avant de continuer tristement son chemin, quelque salive.  A l’époque avant la fermeture, les restaurants privés et surtout garbadrome, servaient de lieu de rendez-vous de quelques étudiants qui avaient le privilège d’avoir un billet de 1000 FCFA en poche par semaine. Ils pouvaient même se permettre d’inviter une de ses étudiantes dont la simple vue des fringues et l’imagination de combien ils pourraient coûter, effraye le novice. Mais tout a été rasé et remplacé par l’inaccessible ou le difficilement accessible. Les pauvres vendeuses de beignets qui font le bonheur des étudiants, sont traqués comme les animaux de brousses après l’annonce de la disparition du spectre d’Ebola, par les quelques CRS corrompus affectés à la surveillance des aires universitaires. Finalement, ont transformé les campus en désert.

D’avant à aujourd’hui ; les menus ‘Only for dog’

On a toujours raconté qu’a une certaine époque, l’Université avait des restaurants universitaires enviables. « On avait les ticket, le café matin, le bus, la buanderie, on avait un statut. Le matin, quand je sortais, quelqu’un attendait de récupérer la clé pour mettre de l’ordre dans la chambre et refaire le lit ». Ce vieux qui relate nostalgiquement ces bons moments au campus, tombera des nus s’il découvre à quoi ressemblent le campus et les restaurants U depuis au moins 20 ans. Maintenant on sert le « Only for dog ». Confier votre clé à un prétendu homme de service, il dépouillera le contenu. La buanderie, ça n’existe plus. Et le reste, pas la peine même de l’évoquer. Rien donc n’a changé. Ce qui est marquant dans les restaus U ivoiriens des universités du « départ nouveau », c’est la fréquence des menus identiques. Comme si les cuisiniers n’avaient pas le choix de la variation…varier. Les restaurants U ont des menus mélodieux dignes des restaurants parés d’étoiles, mais se limitent à 4 types de sauce. La sauce légume est la plus acceptable et très populaire. Elle ressemble aux soupes collectives des années des crises de 1929-1930. La sauce gougouassou ou aubergine reste acceptable, mais à désirer. La sauce gombo sec se liquéfie au repos. Il ne faut pas souvent s’y hasarder. Enfin la fameuse sauce graine et son arrière-gout de graines issues des plantations industrielles du pays, que même le gombo sec ajouté n’étouffe pas. Les restaurants U proposent des plats spécifiques. Si c’est le riz grand classique, vous êtes sauvez. Si c’est l’attieké, imaginez qu’on l’a au moins réchauffé 2 ou 3 fois pour le rendre mangeable. Si c’est du placali, la patte à coller les affiches est mieux, les assiettes retournent en majorité inachevées. Quand c’est de l’igname bouillie, le tubercule de mauvaise qualité reste sans gout. Les pattes spaghetti ressemblent à des menus de camps de formation scoute ivoiriens. Enfin, les fruits sont souvent de la banane ou des oranges de la pire des qualités. Aucun gout, aigre à mort, sans jus. Tous les stocks invendus des marchés sont servis aux futurs cadres du pays. Les responsables des restaus U ne choisissent que des produits de très bas prix. Pourtant les repas servis dans ces restaurants bénéficient de la subvention de l’Etat.

La situation ailleurs

Les adeptes pour justifier leur choix en matière de lieux de restauration avance que le restaurant U est hygiénique et équilibré. Ils n’ont pas absolument tort, si un plat avec une sauce dans lequel baigne un morceau de poison mal cuit hâtivement à la vapeur ou un morceau de poulet mal grillé et un fruit suffit pour dire que le repas est équilibré. Toutes fois, pour le prix qu’un plat de Restau U coûte, la qualité devrait être revue. Le repas coûte environ 600 FCFA (1Euro). L’étudiant paye un ticket subventionné à 200 FCFA. Dehors avec 200FCA impossible d’avoir un garba, mais avec 500FCFA on peut s’offrir, si on à ce pécule, un bon repas, chez une bonne dame. A une certaine époque la différence entre le prix d’un repas dit subventionné au restau U et dans un restaurant privé (au Palmier ou ailleurs) était 50 FCFA. L’étudiant pouvait se permettre de ne pas aller poireauter dans les longues files devant les restaurants U. Mais l’Université du nouveau départ, n’est pas une université pour les enfants dit « des pauvres » ; ceux delà la classe de masse. L’ex-ministre de tutelle CISSE BACONGO, disait fièrement à la télévision nationale RTI1 que « ce qui est cher est ce qui a de la valeur ». Les frais d’inscription qu’il a abusivement augmenté n’ont rien changé à la qualité de la vie universitaire. Ni des maîtres, ni des apprenants. Bien au contraire, il n’a fait que augmenté la souffrance des ivoiriens. Mais lui ne le sais pas. C’est un privilégié. Il est Ministre. Il a oublié. Au palmier, il faut avoir au moins 500FCFA. Le coup des plats variant entre cette somme et 1500FCFA ne donne pas la possibilité à tous de manger rapidement pour reprendre les cours. Or cette somme dans un contexte d’émergence est un luxe pour les étudiants. Ceux qui n’ont pas cette somme vont au restaurant U ou se content soit d’un gbozon, soit d’une prière. D’après un passant le Palmier est  désormais faits pour les « uns », parce qu’on ne veut pas que l’étudiant présente des signes d’aisance, alors on le réduit à des repas communautaires. C’est aussi cela l’émergence doyodoyo, dans l’université blingbling ou tout a augmenté. Mais les bourses sont restées tel. Ce régime aime prendre, encaisser, mais quand il s’agit de donner, il calcule. On parlera des bourses. Bientôt. Shaloom.


Chinoiseries dans l’université bling bling: le quai Cissé Bacongus, quai des Indignes

« Le spectre de la mort rôde autour de là, là où on essaie de sauver des vies. Il y a l’entrée d’une faculté de médecine, la sortie d’une morgue de CHU, l’entrée d’un hôpital universitaire, la devanture de trois groupes d’Eglise : méthodiste, catholique et évangélique. Tout est bon pour que la mort se balade, flâne… » (Extrait de La première ordonnance du médecin Président, Nouvelles en cours de finition)

Qui connaît Alpha Blondi ? La méga star du reggae ivoirien. Sa chanson à propos des accidents sur le sujet le boulevard VGE résonne en écho quand on se retrouve devant l’édifice rocambolesque. Le quai ou la gare de bus SOTRA, le plus scandaleux de l’histoire de notre Université dans son contexte d’émergence. Sa construction a nécessité de mettre au dehors de l’enceinte de l’université UFHB les étudiants, de les soumettre aux aléas du temps, de troubler la quiétude des malades du CHU, la tranquillité des écoles méthodistes. Il fallait montrer aux étudiants que le régime avait changé. Il fallait  aussi leur en vouloir pour les exposer à tant de déboires, tant d’inconfort, tant d’humiliation. Le ministre Cissé Baconco, maître à penser de l’université du « départ nouveau » devrait être animé d’une rengaine amère contre la gente estudiantine pour prendre cette décision.

Avant la crise et en prélude à la Coupe du monde 2010, MTN avait réhabilité cet espace. Il était nickel. L’Etat pouvait faire des économies en l’épargnant dans son projet de réhabilitation. D’ailleurs, il n’y avait absolument rien à retoucher là, car tout venait à peine d’être refait. Le sol, les hangars. Tout était beau et Yello. Les amoureux pouvaient même le choisir comme premier lieu de RDV avec leur nouvelle trouvaille (c’est valable pour toutes les directions). Mais il fallait bien justifier les dépenses. Il fallait dire à quoi l’argent a servi. Il fallait donner une raison de travail à la société qui a raflé l’appel d’offres. Le coin a été rasé, dégoudronné et regoudronné. Un préau abritant des bornes de recharge électrique y a été construit. L’édifice est tellement minuscule que les vigiles affectés à sa surveillance s’ennuient à mourir. Aussi, faut-il noter que les concepteurs de l’université du « nouveau départ » ont estimé que les étudiants n’avaient pas besoin de tant de privilèges, de tant de luxe, de tant d’amour, de tant de confort. Il fallait les booter en dehors de ces beaux lieux tronquez pour un abri de deux splendides bus bleus offerts par Bolloré à la Côte d’Ivoire pour dire merci. Merci d’avoir obtenu un autre marché juteux. On présume que chacun des acteurs ivoiriens en recevra les gouttes dans un compte caché quelques part. Une part de la commission. Une part du win win.  On se croirait dans les récits gênants de Pierre Péan.

Les Blue bus

Deux bus bleus aux belles sonorités occupent désormais la place de l’ancien quai. Là où des milliers d’étudiants se retrouvaient pour expier leur galère dans l’attente des bus. La FESCI n’aura plus l’occasion d’y démontrer ses talents timocratiques cachés d’une armée de réserve du pouvoir défait par les urnes et les armes en 2011. Les petits vendeurs n’auront plus l’occasion de proposer leurs historiettes aux étudiants déjà paumés par le système qui les oblige à photocopier et à acheter des fascicules. Désormais, il faut traverser ce désert brûlant pour rejoindre le quai d’embarquement et débarquement, situé à l’autre bout du Boulevard des universités et admirer au passage, le mouvement de va- et-vient des Blue bus offert gracieusement par la société Bolloré à la Côte d’Ivoire, en reconnaissance des marchés obtenus. Pour 2 bus, toujours immatriculés comme des véhicules ordinaires, on ne sait pourquoi, alors que tous les véhicules qui portent le nom de l’université ont une plaque jaune et sont immatriculés D45 ;  il y a eu une cérémonie digne de l’époque Mobutu. Le président de la République y était him self avec toutes les institutions et l’armada de protocoles, de voitures, de logistique… pour réceptionner le minuscule, mais symbolique cadeau. Imaginons les dépenses que cette présence a dû engendrer.

Les restes d'un bric à brac monté à la hate (Ph.ABC)
Les restes d’un bric-à-brac monté à la hâte (Ph.ABC)

Au début, on exigeait 100 FCFA pour le trajet. Les étudiants déjà énervés par les réformes longues et incongrues, les augmentions injustifiés, les manques d’infrastructures, la chaleur, la faim, la soif, préféraient marcher et substantiellement économiser 100 FCA. Bagatelle mais nécessaire somme pouvant acheter un gbozon. Les bus chômaient. Ils circulaient vides et en ordre comme dans un aéroport. Personne n’y prêtait attention. Ceux qui les empruntaient étaient considérés comme des privilégiés, des paresseux, ou des curieux qui voulaient juste goûter au confort de ces machines de luxe et dont on ne sait la pérennité réelle. Un jour, le bon Allah, dans sa compassion et sa mansuétude a touché le cœur des autorités qui avaient fixé les règles afin qu’elles se ravisent et comprennent qu’elles exagèrent un peu et que même si la raquette était revenue en force à tous les niveaux de l’Etat, les étudiants n’étaient pas le bon public. Alors les bus bleus sont devenus gratuits. Les étudiants s’y bondent, surchargent sans que les conducteurs, plutôt occupés à faire le faro au volant de ces bolides de bijoux, ne soient rigoureux en matière de respect de limitation de place. On imagine un peu la durée de vie de ces engins, qu’on ne répare que dans les entrepôts de Bolloré à Vridi.

Le quai très prêt émergent

Les étudiants ont été éjectés de l’enceinte de l’université, certainement pour dire qu’on ne veut pas de vous. Durant des mois, ils s’agglutinaient sous soleil, pluies, le long de l’Université méthodiste de Cocody et souvent à l’entrée des urgences du Centre hospitalier et universitaire de Cocody. Les directeurs de ces établissements se sont plaints. Pour l’un, le bruit devrait indisposer les enfants du primaire du CMP, empêcher les parents de garer convenablement pour déposer et reprendre les enfants. Pour l’autre, le patron du CHU, la position devant un hôpital de ce renom et de surcroît le partage du parking de l’entrée des urgences avec des bus de la SOTRA n’étaient point commodes pour les malades et même pour les étudiants eux-mêmes qui en cas de colère de la nature ne pouvaient trouver d’abris.

Des Etudiants attendent le bus au nouveau quai (Ph.ABC)
Des étudiants attendent le bus au nouveau quai (Ph.ABC)

Le ministre fit la sourde oreille. Digne et juste attitude pour lui certainement de rééduquer les étudiants à la discipline, de leur faire comprendre l’âpreté de la vie qu’ils n’ignorent point déjà et que cela faisait partie des conditions pour espérer un jour réussir ; ou qu’à la sortir de ces épreuves, les pauvres étudiants feront preuve de discipline, de respect, qu’il seront doux comme des chevaux récifs pacifiés ou des FRCI satisfaits après le versement de milliards d’arriérés dans leurs comptes bancaires… Résultats : des pieds cassés, des bras coupés, des morts au cours des bousculades pour avoir une place dans le bus. Et comme d’habitude,  ils sont arrivés dans leurs bolides avec des faux airs compatissants promettant le meilleur dans l’avenir, avec leurs cortèges bruyants. Que fut ce meilleur ? Même endroit, des appâtâmes métalliques ont été construits. Gauche assemblage de fer, de tôle et de béton. Une gare fabriquée à la hâte et avec beaucoup de faux sérieux qui s’est écroulée aussi vite et avec la même vitesse prise pour sa construction. Encore une chinoiserie qui sabote le beau projet du président AlasscO. Le sait-il ? Qui sait ? A force de penser pour les autres, j’ai raté tous les bus. Même le dernier ne viendra plus. Retournons squatter au campus. Bien avant, il faut se remplir la panse. A quelle sauce sera-t-on mangé ?


Les chinoiseries de l’émergence : Universités Bling Bling et le Wifi des Akpanis (Deuxième partie)

Une nuit à l'UFHB, les étudiants cherchent le Wifi (Ph.badra)
Une nuit à l’UFHB, les étudiants cherchent le Wifi (Ph.badra)

« Court après le vent, et tu attraperas des ombres ». Cherche le Wifi et tu seras akpani.

L’Université Bling Bling du « départ nouveau », a ceci de particulier, qu’il a créé une nouvelle espèce d’étudiant. L’étudiant chercheur geek aux attitudes de chauve-souris. Émergence obligeant, il a désormais soit un ordinateur portable dans le gros sac qu’il trimbale, soit une tablette chinetock ou originale et/ou un téléphone androïde d’une génération quelconque. Il passe son temps à se faire voir sur Facebook et à télécharger des films, clips vidéo, musiques… Il a l’air très occupé à chercher quand il a une de ces machines entre les mains. Il est In, et très choco. Il épouse et adopte les innovations de son temps. Fréquenter une bibliothèque, lire un livre sont les cadets de ses soucis, même s’il en a la volonté. De toutes les façons, il sait que internet peut répondre à toutes ses questions et préoccupations. En plus, avec l’effectif mortel connu des universités, il a la ferme conviction qu’aucun enseignant, en tout cas pas un au nombre de ceux qui sont déjà énervés par les revendications infructueuses, ne perdra le temps à vérifier les sources de quoi que ce soit. Cela est relatif. Il y a toujours des exceptions.

Le projet de connecter les espaces universitaires ivoirien est la preuve que nos chères universités ont évolué dans le sens où, comme il n’y a pas l’ombre d’une bibliothèque dans ce vaste territoire universitaire d’Abidjan, internet devient une solution alternative pour la recherche. A Cocody, les étudiants sont devenus les rivaux de leurs maîtres en la matière. Ils cherchent, non pas la science, mais le petit signal qui ouvre les portes du monde: le wifi.

Deux syllabes euphoniques qui égayent les cœurs. Au commencement, les signaux aux noms bizarroïdes et enchanteurs avaient envahi le campus. WifimoovUFHB par-ci, WifiorangeUFHB par là. Les noms des signaux étaient nombreux, mais le débit médiocre. Les étudiants ont dû apprendre la patience du chasseur chercheur. Le wifi qui était censé pouvoir connecter cinquante mille (50.000) étudiants à la fois, se trouve incapable d’en satisfaire au moins 1000. Il a très tôt montré ses limites en commençant à se faire rare comme l’eau dans les robinets dans certaines communes du pays. Dans le fond, c’était un appât à mettre au compte des iniques arguments brandis pour justifier l’augmentation des inscriptions. Les architectes penseurs de l’Université du « départ nouveau » ont pensé juste. Ils savaient que l’introduction de cet appât modifierait les comportements des étudiants ivoiriens qui commencent à s’intéresser aux TIC. Ils ont réussi à bluffer et berner les naïfs et l’opinion avec des signaux illusoires, qui certainement ont couté des millions reversées dans les comptes bancaires d’une de ces nombreuses entreprises crées pour la circonstance.

A Cocody, les étudiants cherchent le WIFI comme des Akpanis cherchent un arbre sûr dans la commune du Plateau. Des chauves-souris, ils sont devenus. Tous et toutes. Les Akpanis sortent la nuit. Les Apkanis, vivent en communauté. Les Apkanis chassent en groupe. Nos amis les étudiants aussi. Pour avoir le Wifi, il faut s’armer de patience et de courage. Souvent, faut-il faire du café noir son allié pour chasser le sommeil. Les quêteurs de wifi sont à la fois très matinaux et noctambules. Dormir c’est se pénaliser soit même car la loi premier arrivé, premier servi est une réalité aux lieux où le wifi se signale. Le wifi permet d’admirer un pan de la beauté de la grande mascarade de l’émergence universitaire dans son élan effréné d’interconnexion depuis son top nouveau départ. Devenus stoïques et insensibles aux piqûres des moustiques filles et garçons, jeunes et les encore nombreux vieux jeunes étudiants, dans toutes les positions dignes du répertoire kamasoutra, mais en mode recherche de wifi, se laissent aller.

Il y a quatre (4) coins points stratégiques pour espérer avoir le petit signal. Quatre coins lumineux qui attirent ces geeks comme la lumière attirent les insectes et les salamandres le soir d’une pluie.
#1 – Le premier point se trouve sous le perron de la Présidence de l’Université. On y trouve un wifi qui fonctionne le jour. Vous y trouverez des étudiants assis et concentrés qui captent de bons signaux sans pouvoir avoir le débit espérer.
#2 – Le second, est situé à l’esplanade du couple d’amphis A et B à la faculté de Biosciences. Parait-il que ces amphis sont connectés à d’autres amphis de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké. Surement ce motif justifie la présence du signal, presque net en ce lieu. Et grâce à lui, ces deux amphis n’ont plus besoin de Les étudiants s’y retrouvent entre 4h et 8h du matin, pour finaliser les travaux maisons avant l’heure des débuts de cours.
#3 – Le troisième coin est la devanture de l’amphithéâtre C de l’UFR Chimie-Biologie-Géologie, est dit-on la zone où le wifi serait stable. Pour cette raison, cette partie de l’UFHB est apprécié des étudiants friands de téléchargements.
#4 – Enfin, le coin, le quatrième et le plus populaire est à l’URF Mathématiques, salle de l’IRMA. Ce lieu ne désempli pas. La nuit le spectacle des écrans dans l’obscurité ressemble à celui d’un ballet stupéfiant de lucioles en chaleur. Le jour, ce sont les positions des hommes qui attirent l’attention de tout passant. Le Wifi y est très stable et la pelouse toujours bien tondu. Assis, debout, couchés, marchant ou arrêté, en solitaire ou en groupe, on y trouve toute catégorie d’individus : les étudiants normaux et anormaux, des policiers, des normaliens, des polytechniciens, des élèves, les cireurs, les petits commerçants…

Cette histoire de wifi ne doit pas être simple. Une chose est sure, dans les Universités, le wifi de très basse qualité occupe bien les étudiants qui n’hésitent pas à se priver de sommeil pour juste pouvoir se connecter. Peut-être que c’est parce que c’est gratuit, qu’il y a tant d’abonnés dévoués ? Ces derniers mois, de nombreux trous ont été creusé sur l’espace de l’UFHB et de nombreux tuyaux enterrés pour parait-il couvrir tout l’espace universitaire de réseau internet. En espérant que ce sera mieux, ceux qui n’ont pas de PC, vont au quai, attendre le bus. Là encore, un autre spectacle de souffrance acceptée se donne. A bientôt.

Des images…

Etudiants en quete de Wifi
Etudiants en quete de Wifi

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Les chinoiseries de l’émergence : les universités bling-bling et le système LMD

Entrée de l'UFHB (Ph.Google)
Entrée de l’UFHB (Ph.Google)

Il y a trop de chinoiseries dans tout ce qui se dit, s’inaugure ici et là au pays des éléphants. Le cas des universités est remarquable. De la réhabilitation aux nombreuses réformes, beaucoup de choses vont mal dans l’enseignement supérieur, mais on ne constate aucun écho dans nos médias, comme si l’Etat veut museler ses échecs dans ce secteur.

Cela fait au moins 4 bonnes semaines que les enseignants des universités publiques ivoiriennes sont en grève. Aucun bruit sur la situation hormis l’annonce par le ministre de tutelle Gnamien Konan que les syndicats seront reçus par le premier ministre. Pour faire diversion comme à l’habitude de ce gouvernement, le ministre a annoncé la création d’un fonds pour la recherche doté d’une enveloppe de la ridicule somme de 500 millions de FCFA. Diantre, ce ministre prendrait-il les universitaires pour des enfants qui se ruent en classe quand l’odeur de l’argent est rependue ? Fonds de la recherche pour quelle utilité ? Il s’agissait de donner des réponses aux préoccupations des enseignants et non on encore de répandre de la poudre de promesse pour détourner si maladroitement les attentions. A l’évidence, l’argumentaire n’a pas été efficace. La grève qui continue est qualifiée d’illimitée.

La situation commence à turlupiner, à inquiéter quand on sait que l’Université de l’émergence n’a pas réussi le pari de la stabilité des années universitaires tellement les problèmes se sont accumulés au fil des années de fermeture, des hautes performances fabriquées aux examens du BAC… Mais bon, c’est aussi cela, la Côte d’Ivoire sur les sentiers de l’émergence, où tout doit s’accommoder avec les anciennes habitudes qui restent têtues. Rien dans le fond n’a changé. Rien ne s’est amélioré. On a simplement reporté la souffrance en fermant durant deux ans les universités aux motifs, combien nécessaires et urgents de les réhabiliter.

L’émergence se construit sur fond de promesses et en mode doyodoyo. L’Université ivoirienne « du nouveau départ » est une université bling-bling, toute l’humanité le sait. Heureusement que sous nos cieux tout ce qui brille n’est pas de l’or. Réhabilités à coup de milliards, mais encore inachevés, comme quelques chantiers de l’émergence inaugurés pompeusement et bruyamment. La réalité africaine a très vite rattrapé ces hauts lieux du savoir, version SOLUTION et les replonge progressivement dans les réalités d’avant crises : grèves incessantes, menaces d’année blanche, absences d’infrastructures doublées d’une augmentation exponentielle des coûts d’inscription jusque-là difficile à justifier.

 #DLMD vs #LMD

Dans ce tourbillon de trouble dans les universités bling-bling, une réforme : celle du LMD. On entend par là Licence Master, Doctorat. Le passage de l’ancien système DEUG, LICENCE, MAITRISE, DEA, DOCTORAT, vieux de plus de 40 ans aux systèmes LMD a fait l’objet de plusieurs séminaires coûteux, dits séminaires de réflexion, dans des luxueux hôtels de la première capitale du pays. Ce passage n’attendait que la bonne opportunité pour s’effectuer. Et la crise a offert cette opportunité. Et le LMD a divisé le monde universitaire sur la nécessité de son application dans les conditions actuelles que traversent les universités.

Il y a ceux que cela peut arranger. A l’origine, ce système devait résoudre l’adéquation formation emploi, rendre plus compétitifs les diplômés qui sortent des universités, d’homologuer les diplômes et de les rendre plus crédible… LMD a fait des heureux. Dans certaines facultés l’introduction des disciplines sportives a vu la transformation de certains enseignants en professeur de sport. La rumeur dit qu’à l’UFR CBG de l’UFHB, au lieu de recourir aux services d’un professionnel du sport, un enseignant du département, jeune docteur plein d’énergie, se serait transformé en prof. de sport pour la circonstance, afin de bénéficier du volume horaire dévolu. Une autre rumeur renchérit en laissant entendre qu’une fois sur les aires de sport, l’éminent jeune professeur reconverti n’a pas trouvé mieux que de se souvenir des actes de ses profs. d’EPS du lycée : 10 tours du terrain de football, deux équipes de foot constituées, et hop l’ECUE est validée. Une autre rumeur répandue de cette UFR annonce qu’un autre doyen, armé de ses expériences linguistiques constituées pendant ses nombreux voyages, s’est transformé en enseignant d’anglais. Pendant son enseignement, tout se faisait en français. La cerise sur le gâteau d’après cette rumeur, c’est que pendant la composition, les questions étaient en français et les étudiants devaient répondre en anglais… Mais bon, ce sont souvent ces bonnes rumeurs, souvent fondées, souvent mal fondées qui circulent pour détendre un peu les mines… Sans aucun doute, LMD arrange aussi les enseignants paresseux, déjà spécialiste dans la vente de fascicules. Selon ce qu’on peut entendre souvent : « Le système veut que l’étudiant travaille et compose les 75 % de l’enseignement et qu’il ne revient qu’une marge d’intervention de 25 % à l’enseignant. » Ce nouveau slogan est un passe pour ne plus donner de contenu aux enseignements. Mais bon c’est aussi cela la réforme.

En face, il y a les irréductibles de l’ancien système. Pour ces derniers, une belle femme fera toujours l’objet de critiques si le regard commun lui découvre un petit défaut. La bouche de l’Ivoirien dira « cette fille est jolie hein, elle sort de l’eau comme Mami Wata, mais son pied est un peu tordu, ses lèvres sont un peu noires, son point de beauté là est mal placé… ». Ces petits défauts qui entachent une beauté divinement innocente…Voilà des petits points que la langue de l’Ivoirien ne peut taire. C’est aussi ça la liberté. Allez demander un service dans un décanat où à la scolarité centrale. Selon votre interlocuteur, vous serez servi. « Je suis en L2 » pour dire en 2e année. Vous pourrez entendre « quelle L (Licence) ? Tu es en DEUG 2, vos diplômes internet là fatiguent les gens ici hein ». Dans le fond personne n’a tort. L’étudiant se plie et subit le système, l’agent de l’administration, qui a encore ses fiches organisées selon l’ancien système est troublé et énervé quand il doit rester dans une ancienne logique pour effectuer des tâches d’une autre logique, de tout adapter.

 Les diplômes mal accordés

Un exemple loufoque et délirant. Les étudiants admis à l’ENS cette année ont rencontré de nombreuses difficultés aux services des diplômes de la scolarité de l’UFHB et ont reçu pour la même promotion des diplômes différents. Pour être précis deux types de diplômes. La Maîtrise n’existant plus et le Master 1 n’étant pas un diplôme, mais un niveau dans un cycle, l’université FHB a été dans l’obligation de transformer les Master 1 en Maîtrise et de délivrer, selon les heures d’arrivée au guichet des attestations ou des certificats. Kouadio et N’Goran sont normaliens au cycle des professeurs de lycée. Ils ont tout deux soutenu leur Master 2, qu’ils ont donc validé la même semaine de l’année 2014. Lorsqu’ils se présentent à la scolarité pour demander leur diplôme, afin de constituer les dossiers d’inscription à l’ENS, Kouadio qui fut le premier, a reçu un document dit certificat d’admission en maîtrise, sans aucune trace, ni mention des Unités de valeurs (UV) validées. L’agent administratif avance qu’il y avait trop de matières et qu’elles ne pouvaient toutes être répertoriées sur le diplôme. Ils ont dû donc trouver ce raccourci pour délivrer les diplômes urgents. Deux jours après, N’Goran se rend au même lieu pour la même requête. Il recevra quelques semaines plus tard, son diplôme, le même que Kouadio, mais avec ses UE obtenues, ses mentions et les dates d’obtention. Comment voulez-vous qu’une université soit crédible si elle délivre pour des circonstances identiques des documents différents. N’est-ce pas là une porte que l’UFHB ouvre aux faussaires? Ce n’étaient là que des exemples loufoques, disais-je.

Il n’y a pas que le LMD  dans nos universités qui ont du mal à fonctionner. Un jour peut-être la levure prendra. Pour le moment, il faut s’accommoder, s’accrocher. Certes sous Alassane Ouattara, le pays se réveille. Les chiffres parlent d’eux même. Mille ponts par-ci, mille routes par-là, le quotidien de l’Ivoirien ne change pas. Rien n’est gratuit. L’autoroute qui était censée faire circuler l’argent qui travaillait a entraîné une augmentation douce des tarifs de transport. La réhabilitation des universités a conduit à ce qu’on sait, des propositions indécentes. Les universités publiques qui jusque-là sont incapables d’offrir des services de qualité ont des coûts d’inscription qui rivalisent avec ceux des universités et grandes écoles privées… Les infrastructures croulent sous le poids des effectifs qui vont grandissant. Payer n’est rien. Mais il faut consommer pour ce qu’on paye et en être satisfait. Il paraît que le LMD s’accompagne de Wifi pour régler la question des places dans les amphithéâtres. Mais ce WiFi est-il fonctionnel ? Peut-il permettre la connexion de 50 000 postes comme prévu ? Asseyons-nous dans le gazon de luxe de l’UFHB, et testons…


Cote d’Ivoire, le malaise dans l’éducation nationale se fait grandissant…

''L'Etat travaille pour vous'' slogan populaire accompagnant chaque chantier du PRADO
 »L’Etat travaille pour vous » slogan populaire accompagnant chaque chantier du PRADO

La rumeur court, monte, s’installe. Les enseignants ivoiriens sont mécontents du Chef de l’Etat qui a fait des promesses et oublié de les tenir aux dates indiquées. Parole d’homme libre. Que vaut l’honneur si la parole ne se tient pas ? Que vaut l’honneur si les phrases ne sont lancées que pour susciter des acclamations ? Qu’est ce qui a changé dans le fond, si on ausculte les anciens régimes ? Promesses, farine, roublardise. Ceux qui n’ont point d’armes, qui ne peuvent donc pas effrayer la tranquillité du palais du Plateau, depuis plus de deux semaines sont chez eux. Le terme le plus populaire est de dire qu’ils sont en grève. Une grève doucement brutale qui vient perturber une année scolaire, elle-même déjà minée de reformes. Toujours des reformes. Chaque année, ses réformes. Souventes fois con-venantes, souventes fois incongrues.

A Yamoussoukro, capitale politique, les écoles secondaires publiques affichent vides. Les élèves en colère, ont même manifesté. Abidjan, capitale économique, depuis le retour des congés de printemps, il n’y a pas cours dans les lycées et établissements d’enseignement public. Les élèves de quelques établissements bruyants de Yopougon et d’Attecoubé, se sont organisés pour aller déloger leurs camarades des établissements privées, qui continuent de recevoir les cours pendant qu’eux sont à la maison, à attendre, à subir les caprices des enseignants dont le salaire n’a pas bougé d’un iota. Il y a eu des actes sporadiques de violence, passés sous les boisseaux du silence volontairement ou involontairement. C’est selon.

Le constat est réel. La situation est critique. La télévision nationale n’en a fait aucun cas. Elle n’en a cure, trop préoccupée à pomper sans se lasser les programmes de visites présidentielles. Elle est focalisée sur ces tournées aux senteurs de précampagne du Président de la République. Le Président est en mouvement. Ses ministres avec. Seul en Afrique on s’est familiarisée avec ces façons de faire. Les ministres sont en Mission avec le Président. La République est en mouvement, avec elle, les cortèges kilométriques et dispendieux qui l’accompagnent.

 Visites futiles ou utiles ; normales et anormales? Une région a-t-elle nécessairement besoin de recevoir un Chef d’Etat pour avoir des routes re-profilées, les draps de ses hôtels  lavés à la machine, les écoles repeintes abusivement, les routes balayées sommairement, les caniveaux curés nuitamment, la chefferie réorganisée rapidement, quelques pierres placées l’une sur l’autre en guise d’inauguration de ceci ou de cela ? Dans tous les cas, la Cote d’Ivoire est familiarisée à ce scénario. A l’époque du Président Houphouët, les indépendances tournantes étaient des occasions de développement régional. A notre époque, les fils continuent l’œuvre du père. Promesses d’écoles, d’universités, de ponts, de routes, d’hôpitaux, de riz, de soupe, d’assiettes pleines…Promesses de milliards sur fond de campagne.

Les situations auxquelles les enseignants se réfèrent

En 2014, le 18e jour de novembre, une mutinerie synchronisée d’environ 8400 Ex-Forces Nouvelles (FAFN) absorbés au sein des Forces Républicaines de Cote d’Ivoire (FRCI) a montré selon la Lettre du Continent N°695 que l’armée restait « talon d’Achille » du pouvoir d’Abidjan. Une réclamation d’arriérés de statut remontant à 2009. Le pouvoir a activé immédiatement tous les leviers pour satisfaire ces « gens de Soro » qui « sérieusement commencent à fatiguer » le Président. La grande muette a grandement ouvert la bouche. Le Ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, est monté au créneau, dans une campagne de communication, d’appel à l’apaisement, de promesse passée en boucle sur les médias nationaux, notamment, le Télévision nationale. Des appels à l’apaisement sur fond de pardon, de négociations. « Le Président vous a compris » avouait-il. Très vite. La situation a été réglée.

 Jusqu’à présent les indemnités de correction des examens scolaires de 2014 n’ont pas été versées. « Pourtant ces primes ne valent pas « deux milliards »…que le Président a offert aux Eléphants, suite à leur victoire à la CAN 2015 » fulminent quelques grévistes. On se demanderait alors l’école a toujours été l’ambition de la République. Selon la LC695, dans un aveu qui frisait le «désarroi», face à la mutinerie de fin 2014, le Président disait que « Les gens de Soro commencent à me fatiguer ». De quels cotés faut-il ranger ces enseignants  du secondaire? Qui est leur commanditaire ? Ils ne sont pas des orphelins assurément. Ou bien le sont-ils ? Dans tous les cas,  ce ne sont que des citoyens désireux de faire leur travail et de voir les promesses qu’on leur fait, se tenir.

Pourtant, il ne s’agit que de savoir motiver…ses anciens camarades et collègues

Parmi les facteurs contextuels qui affectent la performance, le  contexte motivationnel est  important. Les enseignants se plaignent en Côte d’Ivoire  depuis longtemps, des inégalités dont ils sont victimes si on compare leur traitement à d’autres corps de métiers. Les indemnités de logements par exemples, qui varient entre 40000 et 50000 FCFA sont en dessous de ceux des hommes en tenue, malgré les différences de diplômes et de temps de formation. A l’Ecole Nationale d’Administration, les élèves administrateurs étudient dans le confort des salles climatisées. Ils bénéficient d’un présalaire régulier variant entre 70000 et 120000 FCFA pour des niveaux d’entrée variant entre le BAC+0 et BAC+4. Dans les CAFOP, la bourse des élèves instituteurs stagiaires est de 20000FCFA. Une bourse qui vient comme la pluie au sahel. A l’INFAS où se forment les futurs infirmiers et sages-femmes la bourse avoisine 70000FCA pour le même diplôme exigé à l’entrée qu’au CAFOP, c’est à dire le BAC. Les élèves de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) perçoivent une bourse variant entre 40000 et 50000 FCFA en lieu et place de 90000 FCFA il y a quelques années. Une bourse cisaillée à l’origine, qui vient fragmentée, partitionnée pour des raisons que seul Allah sait. Cette institution forme des futurs Educateurs, Enseignants, Inspecteurs recrutés sur la base de niveau Bac+2 et Bac+4. Des cadres encostumés qui étudient dans la chaleur de salles pourtant réhabilités à coup de millions sous l’administration du Ministre Bacongo…Déjà un semestre, et les bourses à l’ENS ne sont pas encore payées. « Il faut être patient », selon le rassure le Professeur Valy Sidibé, Directeur de l’ENS.

Ce sont semble-t-il des injustices, qui s’observent déjà depuis le traitement des uns et des autres dans les écoles de formation. Elles peuvent se comprendre, chaque métier ayant ses avantages et privilèges. Là n’est pas la raison des mécontentements actuels. C’est l’absence de réactions. Ce mutisme du Ministère de tutelle qui pourrait se traduire par « on en a marre de vous maintenant» ; c’est le silence complice de l’Etat et de tous ses médias qui depuis plus de deux semaines mentionnent aucunement la situation qui prévaux dans le secteur éducatif ivoirien. Pourtant dans ce contexte d’émergence très en vogue, l’école, est une clé sure du développement.   Si enseigner, c’est  croire  tout de même,  avec  l’humanisme moderne,  en  la perfectibilité de l’homme. Il y a des silences qui se peuvent être interprétés comme foutaise surtout que dans  un  contexte  de  massification, la formation des citoyens de demain devrait été une priorité.

La ministre de l’éducation nationale et de l’enseignement technique (MENET), l’honorable, Kandia Camara Kamissoko, devrait entreprendre des démarches pour ne serait-ce que pour rassurer les parents d’élèves et s’inspirer de ce propos de Jean-Pierre Chevènement, ancien Ministre français de l’Education Nationale qui loin de nobéliser le métier de l’enseignant lui donne ses lettres de noblesse. «  Je sais ce qu’est le métier d’enseignant. J’en connais les servitudes, mais j’en mesure aussi l’importance capitale aujourd’hui, pour l’avenir du pays. (…) Je sais  combien vous êtes attachés à la qualité du service publique de l’éducation nationale. Je mesure les compétences et les efforts qu’exige ce service éminent. (…) Il faut qu’une plus juste place soit faite aux enseignants dans la nation, à la hauteur de leur responsabilité et de la difficulté grandissante de leur métier. » Disait-il.

Ce lundi 23 mars, les étudiants à l’Université Felix Houphouet Boigny ont manifesté pour revendiquer de meilleurs conditions d’études et dire non au projet d’invalidation d’une année académique au département de Physique Chimie. Les nombreux CRS déversés dès la mâtinée sur le campus de Cocody ont dispersé les manifestants. La rumeur monte que les jours à venir verront l’entrée en scène des instituteurs. Si cette rumeur est fondée, elle risque encore de fragiliser cette fin de mandat de AO marquée par les nombreux Appels faits soit depuis Daoukro soit depuis un Pont. Certes, il a fait de son mieux. Il ne faut pas ignorer les efforts déjà consentis, les acquis. Certains attendent simplement que ses Ministres prennent au moins le soin de réagir, quand il y a un problème. C’est une simple preuve de considération…Car Ministre, enseignants, ne sont que des collaborateurs, des anciens collègues, des acteurs sans lesquels le projet émergence 2020 serait inconcevable? Shalom