A.B. Ladji Coulibaly

Bouaké, ville neuve aux p’tits défauts

Ville de bouaké. Fresque du peintre. Photo extraite du livre, naissance d'une nation. (Photo.ABC)
Ville de bouaké. Fresque du peintre. Photo extraite du livre, naissance d’une nation. (Photo.ABC)

Pour ceux qui n’en savent rien, Bouaké est la deuxième plus grande ville de la Côte d’Ivoire. Situé au centre du pays, et capitale de la région du Gbêkê (en Baoulé, langue locale, cela signifie poisson fumé/ sec), Bouaké est connu pour ses ignames, sa gare de train, son marché de Gros, ses usines de Gonfreville, ses centres culturelles (Jacques Ackah, St. Viateur…), son festival…mais aussi pour avoir été le bastion sédition militaire ou rébellion ivoirienne qui à durée 10 longues années.

Une rébellion, dont la but était de rendre tous les ivoiriens libres et égaux, de mettre fin aux inégalités sociales et aux injustices dont certains ivoiriens étaient victimes. Selon un propos de M. Soro Guillaume, ancien Secrétaire General du Mouvement pour la paix en Cote d’Ivoire, au cours d’une conference de presse, rapporté par l’artiste Justin Oussou, dans son livre Naissance d’une nation, expression plurielle sur la crise ivoirienne, P.41, édité par l’ANCI, « La cote d’Ivoire connait la guerre, mais cette guerre, nous l’avons entamé parce que nous voulions que nos populations vivent dans la liberté, la sécurité et la paix. Nous ne voulions pas que les ivoiriens soient divisés, qu’il y ait un ivoirien à 100% et un ivoirien à demi pour cent. »

Ainsi le but de la guerre fut la liberté. Raison noble vu qu’elle est une loi fondamentale, qui retirer à un humain, le plonge dans la servitude, dans le désespoir qui conduit à la déchéance, à la mort. Durant les chaudes périodes de crises, Bouaké, tout comme l’ensemble des zones occupées par les Forces nouvelles ou rebelles, a stoïquement porté, comme une mère, la douleur des coups de feu visant l’enfantement de la liberté, qui ne fut sans déplacements des populations fuyant la mort. Les infrastructures ont ployé soit sous le coup des canons, soit après le passage de nombreux pilleurs. Bouaké se résumait, à entendre les radios étrangères, en un lieu de désarroi, de point chaud de combat, d’alerte…

Mais aujourd’hui, la ville semble avoir oublié ces moments de douleurs. Le centre ville est animée et gai. Klaxons des automobilistes et musiques assourdissantes des maquis, bar, café…rivalisent. Des nouvelles compagnies de transport jouxtent de grands magasins. Même si des bâtiments gardent encore des séquelles et cicatrices de la crise, que même des coups de taloche de maître maçons togolais, n’ont réussi à maquer, Bouaké vit, chante, danse, murmure…Les grandes rues sont enjolivées d’énormes panneaux publicitaires, les écoles, les universités, les commerces bourdonnent dans tous les sens. Le vrombissement des motos taxis qui accélèrent, ralentissent au rythmes des feux tricolores ne cessent de captiver et inquiéter les piétons. Ils noient presque le visiteur dans ses recoupements de bout du passés. Les dames sont belles à voir vous dépasser sur leurs motos neuves, poitrines suavement bombées et croupes  bien mises en évidence. Les hommes à motos bi ou tricycles, vont et viennent. S’arrêtent, discutent repartent, planent, esquivent. Les policier surveillent, sifflent, constatent, poursuivent… Les motos ont envahi  cette capitale. Elles portent, transportent dans tous les sens.

La ville à retrouvé son élan vital. Les nouvelles villas sortent des rue, la ville s’agrandi à perte vue. N’dakro, broukro, Tchelekro, dans ces quartiers périphériques parmi tant d’autres, les broussailles ont laissé la place à des villas cossues. Les grandes rues bitumés semblent rappellent les voies des courses automobiles, les habitant ont le choix entre le taxi motos et le taxi réel. L’immense enceinte de la mairie suggère la finition de l’énorme bâtiment qui depuis des années lutte contre la décrépitude…

A Bouaké, tout semble aller pour le mieux, et c’est tant mieux. Toutefois, comme toute belle femme, la ville cache quelque défaut que les dernières pluies ont vite fait de dévoiler. A Bouaké, il n’y a pas d’infrastructures d’évacuation des eaux de pluie, qui érodent les allées et menacent souvent les fondations de nombreuses clôtures de concessions. Surement les autorités ont déjà envisagé de nombreuses solutions à cette situation.


Mondoblog IV : Le jour du TOP départ

Les Septs éléphants mondoblogeurs  2015 (Ph.ABC)
Les Septs éléphants mondoblogeurs 2015 (Ph.ABC)

Gbê est mieux que drap! Sans savoir qui est qui, who is who? c’est un billet fait à partir d’une vue d’en haut. Pas celle orientée sur la République, mais sur les nouveaux bleus et non bleus. Alors GROGNON un peu.

Le samedi 28 novembre 2015 a été pour presque tous les mondoblogueurs de la Saison VI, jour de départ pour Dakar, capitale du Sénégal où ils ont rencontré l’équipe de l’Atelier des Médias de RFI pour une semaine de formation. Chaque saison ses hommes. Comme en toute chose, il y a pour certain, le jour de l’initiation, du dépucelage, celui du premier pas véritable au delà des zones d’enregistrement et d’embarquement d’un aéroport. Ce fut le jour du premier vol pour les quelques ivoiriens et nouveaux que j’ai pu observer sans au préalable les connaitre. Je me suis permis d’émettre des hypothèses que le temps d’un vol m’a permis de vérifier…

#Mondoblogueurs nouveaux

Le concept est peu être en vogue à Abidjan, en terre d’éburnie. On parle d’ivoirien nouveau. Seuls les politiciens qui ont fabriqué ce concept incongru connaissent le contenu exact de ce concept scabreux et ténébreux. Mais bon revenons à nos moutons. Généralement à l’aéroport tout le monde se joue les dangereux. Voyageurs comme accompagnateurs. Personnes ne veut laisser transparaître son statut de #gaou. Pourtant il y a des gestes qui trahissent. Dans un coin, mon Guy des Cars Sang d’Afrique devant le nez, j’ai accidentellement observé quelques jeunes biens fringués que mon intuition soupçonnait d’être conduit par le destin vers la même chose et pour les mêmes raisons. Sac à dos, valises à roulette en main, ils allaient ici et là, cherchant surement quelques amis avec qui un mail avait été échangé. L’éclat de leur passeport, les nombreux papiers qu’ils avaient en main, le carnet de vaccination en premier plan disaient long leur expérience en voyage.

La suite allait confirmer mes intuitions. Ils se sont retrouvés. Enfin. Salutations et présentations d’usage. Sourires innocents échangés et traduisant la satisfaction de ne plus à avoir à faire le chemin vers l’inconnu. Une lueur de satisfaction se lisait sur leur visage. Mais un présumé compatriote manquait à l’appel. Moi. Et eux n’eurent pas l’audace de faire le pas vers cet autre éléphant étrangement assis et concentré sur son livre. Après les retrouvailles quelques tours du propriétaire. Juste pour, faire comme les autres.

Le patron de Abidjan times, Kouakou s’est permis de prendre place à l’AKWABAR. Vous savez, ces café-restaus de ces hauts lieux où le prix du simple bidon d’eau défie tout entendement. On s’observait. Il dégustait sa commande en pensant à la facture. Il s’était engagé dans une comparaison des prix de ce qu’il pourrait avoir pour peu dans son quartier. Mais je crois qu’il avait conscience du lieu où il se trouvait. Belle expérience. Les minutes après, il n’était plus à sa table. Le #gaou avait compris.

Le moment attendu arriva. Les amis inconnus occupaient les premières positions de la file d’enregistrement. Les ivoiriens sont habitués aux queues. Formalités administratives et policières effectuées sans cette autre expérience inattendue vécue par le bloggeur Koné, celle où on vous demande de se déchausser ou de se débarrasser de la ceinture pour le scanner. « Gbê est mieux que drap, je ne comprenais rien à cette histoire. Enlever chaussure et ceinture. Pourquoi ? » Avouera t-il une fois assis au numéro 9A d’un des Airbus de la Compagnie ivoirienne. Cette fois, je suis à coté. Mais les autres sont ailleurs. L’inquiétude revient sur les visages du groupe à nouveau disloqué. J’imagine à une certaine époque le boulimique et talentueux analyste politique FBI. Au secours des bleus, je décide de briser vite cette glace. Petit briefing du #koro, question d’impressionner un peu les nouveaux. Le décor Mondoblog II à Dakar était charmant et agrémenté de riz. Mondoblog III à Abidjan, était assaisonné de semoule de manioc au thon farci. Les dîners au bord de la piscine à coté de la mer rappelaient des dîners d’amoureux. Les « petits » sont impatients d’en découvre avec les futurs Ateliers. Ils veulent voir la tronche de Ziad, et le crane de Simon, les responsables de la Formation. Ils ont révisé leurs leçons, lu tous les courriers de Manon et Mélissa. Ils sont enthousiasmés de voir Dakar, son sable, ses gazelles, ses taxis, ….Nous y voila.

#Dans l’oiseau, entre ciel et terre, les bavards

2h30mn. Temps de vol. Suffisant pour voir, entendre, remarquer. Encore les bleus ivoiriens et les bavards inconnus. Les premiers tout comme les seconds sont mes voisins de gauche et de droite ou de derrière. Un tour dans les toilettes permet de jeter un regard panoptique et d’identifier quelques jeunes personnes un peu timorées. Logique, souvent l’avion assourdi et met à l’épreuve les tympans. Mes voisins ont été éprouvés. Revenons aux voisins donc. Avec les premiers, le contact est établi. Avec les seconds, rien. Eux parlent avec d’autres personnes de nombreuses choses. Les bavards se font toujours remarquer soit par leur voix, soit par leurs mouvements, gestes, questions… Focalisation sur les bavards. Le premier a été remarqué pour son étrange ressemblance avec le Journaliste Presqu’engagé. Il parlait de tout et abordait tous les sujets. Ses interlocuteurs semblaient partager ses avis. Esprit cosmopolite, l’accent ne trahissais pas qu’il était camerounais. Et oui, la verse savoureuse du voisin lui a fait perdre le sens de l’orientation une fois arrivée. Il était en retard et sa navette est partie sans lui. En pariant qu’il voulait partager toutes les saveurs des écrevisses, à tous ces gentils chauffeurs de taxi de la capitale sénégalaise qui presqu’harcellent à la sortie d’aéroport Léopald Sédar Senghor, il a oublié le chemin du parking VIP où attendait sa navette.

Ecclésiaste c’était. Il parle des « camérounaiseries » Il ressemblait beaucoup au philosophe Williams Baya toujours presqu’engagé hein…Il avait en plus de la ressemblance avec l’ami Williams, un amour fou pour la photo. Mais ne nous laissons pas impressionner par le premier contact. Loin étais-je d’imaginer que ses rivaux du Togo et du Bénin attendaient déjà à l’auberge. Tokpanou (Mais c’est un nom de fétiche ça?) le médecin béninois résident à Dakar est face à Aristide le togolais. Le premier connaît son environnement, la ville, le pays. Il maîtrise tous les sujets. Soutient même que ce dernier « est une femme.» En l’espace d’un sujet mal introduit, il s’est fait spécialiste de la Bible et avance contre le gré de son interlocuteur Aristide, philosophe de l’absurde et protecteur de l’environnement – qui ne s’adresse à personne presque ce jour, sans demander son origine ou lui en impose une selon ses propres observations – que Salomon avait 1000 femmes…et que le Président d’Aristide est en quête d’un héritier mâle. Ha bon, fille ou garçon qu’est ce que cela change ? Les jours à venir promettent de belles surprises, de bons contenus. Affaire à suivre.

#Manitous et Monuments vivants : Équilibre

Simon, monsieur micro et tutos, n’as pas changé. La boule est toujours à zéro. Il n’y a pas l’ombre d’un cheveu. Tout brille avec le sourire toujours à la une du visage. Poignez de mains… pendant que Ziad franchi la porte, une grosse pastèque sur l’épaule. Il n’a pas du tout grandi, coté taille. Le reste se mesure à l’aune du travail extraordinaire qu’il abat avec son équipe. Le revoilà revenu le colis dans une assiette pour le bonheur pas palais assis sous le thialy, ce préau traditionnel d’une région du pays. Équilibre.

Savez-vous ce qu’est l’équilibre ? Ekyé, demandons au sapeur pompier digne descendant du sapeur en chef Papi Wemba. Je parie que presque tous on a vu la vidéo sapologie. Mais il ne s’agit pas de ceux là. Élégant, souriant, togolais. Il a d’abord crié « Ladji, Kôrô c’est comment. » Voila une phrase qui ne trompe pas. C’est celle d’un ancien. Celui qui fait poétiquement parler le silence. Imaginons l’alchimie dont cela procède. Il était déjà à Dakar depuis 2 jours en arrière. Rien d’étonnant, monument vivant. Sosso. Équilibre. Plume légère, ironique, savoureuse, douce et amère ; poète, quelque fois, auteur. Celui qui a vite fait de déclarer ses biens comme un bon démocrate est le frère Aph….A ses cotés la douce, pardon la belle Lucrèce. Lumière dans le noir. Sourire toujours présent. Le service est son credo. En une fraction de seconde je me suis vu offrir un téléphone. Ligne directe. Voici donc mon numéro pour une nuit 00221…Ça va bien commencer…

#Le off : Thialy, l’ambiance, les repas et l’invitation de Manon

L’Auberge sympathique des quartiers extensions de Dakar est régulièrement choisie pour accueillir les mondoblogueurs depuis au moins 2 générations. L’auberge a en 2013, inspiré, à cause de la fréquence du « riz » dans ses menus, une chanson autour du « riz ». Cette année, il y avait moins de riz, mais plus de patates, de pomme de terre, de sauce d’oignon. Souvent des mix « riz – patate – spaghethi » souvent. La tradition de Thialy est le repas collectif. Cette façon de manger ensemble, dans la même assiette ; à l’africaine permet de briser les vers de renforcer les liens, dit-on.

A Thialy les repas ensemble, sont toujours des occasions de rencontre et d’échanges. Le premier jour, il y avait sourires, questions, discussion, présentation. Les premiers arrivés avaient déjà eu le temps de se familiariser. Les noms sont précédés des noms de blogs. Les follower se distinguent. Des billets sont évoqués. Les uns sont sincères, les autres jouent le jeu. Moi sincèrement, je ne peux coller de nom, ni de visage maintenant à aucun des 600 blogs portés par Mondoblog de l’Atelier de médias…Mais pour l’instant, l’essentiel est de jouer le jeu. L’heure du repas. Du coucous, de la sauce, de la viande. Comme dessert des tranches de pastèque. Les habitués sont heureux de ce changement dans le menu. Mais Un doyen rappel que la veille, le riz avait déjà été servi. Le repas du soir était convenable. Mais notre libanaise n’a pu manger une cuillerée. Question de culture. Tout le monde a mangé à l’africaine. Blancs, Noirs… Entre les vas et viens des cuillères de la table aux bouches, des sujets sont ouverts, discutés, liquidés sur le champ…Des individus rappellent d’autres déjà connu, spécialistes des débats flous qui annoncent huit (8) futurs jours sympathiques de formation.

Entre le repas et le dessert, Manon lance une question qui semblait remplir les conditions et critères d’une invitation en Afrique. « Qui veux une bière ?». Personne ne résiste à une telle question. Tous le monde veut répondre. Les amoureux du maїs brassé ne se sont pas fait prier. Ils pensaient surement que celles qui pendant longtemps répondaient à leurs divers mails voulait faire un cadeau à ses collaborateurs virtuels retrouvés. Les mains en l’air rappelaient l’habitude des fiers écoliers ivoiriens. 1, 2, 8, 9 bières, le calcul est vite fait et Doudou, le chargé d’accueil est pressé d’apporter la commande. Les Gazelles, sont là, c’est le nom de la bière locale. Ouverte et déjà, les experts avait commencé leur travail au moment où celle qui a évoqué l’idée de bière a encore évoqué celle de la facture. Ma(is…)non, fallait pas nous tester hein…

Heu. Voila une nouvelle nouvelle, qui a subitement enlevé à tous les buveurs l’envie d’une bière gratuite qui ne l’était, pas. Y a invitation à l’Africaine et invitation à l’européenne. Le souvenir de cette invitation allait hanter, durant les 7 jours à venir tous les amoureux du cadeau. Une chose est sure, Mondoblog Dakar 2015, a été à sa façon, original et inoubliable.

 


La Côtière ou la route 66

Une route toujours en chantier (Ph.ABC)
Une route toujours en chantier (Ph.ABC)

S’il vous arrive en de venir en Côte d’Ivoire, n’hésitez pas à voyager par curiosité sur le fameux chef-d’œuvre dénommé Côtière. Vous aurez l’impression d’être un acteur de films hollywoodiens sur la route 66. Si le diable et les revenants, vous ne les apercevez point, vos fesses en auront pour leur compte et votre chauffeur sortira de ce périple avec les qualités et l’entraînement d’un pilote prêt pour le Paris-Dakar en Chili. La Côtière est une route internationale ivoirienne de plus de 600 km longeant le littoral. Elle part d’Abidjan capitale économique et finit aux portes ivoiriennes du côté du Liberia en traversant presque toutes les villes historiques du sud du pays de l’Est à l’Ouest : Dabou, Grand Lahou, Fresco, Sassandra, San Pedro, Tabou. Voyager sur cet axe par lequel le bois et le cacao ivoirien transitent en direction du 2e port du pays est l’équivalent de faire son chemin de croix. La raison est simple : la Côtière est en mauvais état, pleine de nids de poules ainsi que de nombreux trous laissés par des entreprises de bitumes ayant obtenu des marchés de réparation. Les Ivoiriens et usagers de cet axe savent que la Côtière est un axe du calvaire. Le président de la République lui-même n’a pas voulu se rentre compte de cette évidence ou ne voulait pas vivre les péripéties que les pratiquants de cette voie affrontent, en se rendant à Lahou pour sa dernière visite d’Etat. Il a préféré faire le trajet Dabou – Grand-Lahou en hélicoptère. C’est aussi une drôle de façon pour les politiques de vivre et comprendre la douleur des populations.

Les entreprises désignées pour exécuter des travaux de réparation sur cette voie n’ont en réalité, fait qu’empirer la situation. Dans le fond et en dehors de quelques-unes, aucun n’avait réellement l’expertise et l’expérience du bitume. En parlant de réparation, elles se sont contenté gauchement de creuser des trous ici et là, agrandissant les nids naturels de poule en les colmatant avec du grava arrosé d’un liquide noirâtre dit de goudron. Quand on sait que le gré à gré existe dans l’octroi des marchés publics, on se demande si dans le fond c’est qui du développement ou de l’engrangement de sous par quelques individus qui importent. Sous l’ère ADO ou AO – on ne sait finalement que dire -, au moins cette voie a fait l’objet de trois rafistolages. Avant l’ouverture de l’Autoroute du Nord, des travaux étaient en cours, les résultats sont catastrophiques. Ensuite, avant l’inauguration du pont de Jacqueville, l’axe Km 17 – entrée de Dabou à connu quelques retouches à durée éphémère. Les résultats après le passage du Pr déboussolent. Enfin, jusque avant que le PRADO ne se rendre en visite d’Etat début aout 2015  à Dabou et Grand-Lahou, la voie était encore en chantier. Depuis, les on-dit racontent qu’ « après les élections » les chantiers reprendront de plus belle pour le bonheur des comptes des gens du circuit, en attendant, les usagers et riverains doivent stoïquement supporter poussières et zigzags.

La cotiere, un chantier toujours inachevé (Ph.Badra)
La Côtiere, un chantier toujours inachevé (Ph.Badra)

Il est temps que l’Etat face des audits sérieux des travaux réalisés afin d’obliger les entreprises soit de rembourser la totalité des fonds décaissés, soit de reprendre intégralement à leurs frais les travaux sous peine de poursuite judiciaire. Soyons sérieux, il ne faut pas se foutre du contribuable. Un pays qui veut être développé ou qui se dit réellement « émergent » devrait miser sur des travaux de qualité livrable et non des infrastructures extraordinaires aux pieds d’argile, qui dès leurs livraisons en pompe tombent en lambeaux ou commence leur cycle de décrépitude.

 

 


Elections présidentielles en Cote d’Ivoire: CKB face aux élécteurs

#CBK (Ph.Avec Ado)
#CBK (Ph.Avec Ado)

Charles Konan Banny, économiste, ancien Directeur de la BCEAO, ancien Premier Ministre, ancien Président de la Commission Dialogue, Vérité, Réconciliation (CDVR), Président de la Coalition Nationale pour le Changement (CNC) et candidat indépendant pour les élections présidentielles du 25 octobre en Cote d’ivoire était ce dimanche 18 octobre face aux électeurs sur le plateau de la télévision nationales RTI1 dédié aux futures élections.

Il a, pendant plus de 90 minutes répondu aux questions de Agnès Kraidis du journal étatique Fraternité Matin, de Ali Diarassouba de la RTI1 et de Victorien Angoua. Ce « passionné de la Côte d’Ivoire » a présenté selon les questions des journalistes en présence, son projet de société.

Du long discours de l’enfant de Yamoussoukro, dix (10) belles phrases parmi tant d’autres ont attiré notre attention. Souventes fois sérieuses, souventes fois amusantes, c’est selon l’oreille qui écoute et l’esprit qui interprète. On retiendra ce qui suit, selon les rubriques que :

#1 SANTE : « Les ivoiriens ont peur des ascenseurs…Il faut des hôpitaux mobiles. » Déclaration surprenante, vu qu’en dehors des 3 CHU d’Abidjan qui en ont, la majorité des autres lieux de soins sont des établissements non en hauteurs ou de pas plus de deux niveaux. Alors d’où viendrait cette peur?

#2 EDUCATION : « Je n’ai pas de chiffre…Vous parlez de chiffre, je suis la pour parler de mon projets politiques et non de mon programme politique. Ce n’est pas bien, ni responsable de parler de chiffre au cours de la présentation d’un projet de société » – surtout à la télévision. L’économiste aurait-il peur qu’on lui chipe ses chiffres?

#3 ENSEIGNEMENT SUPERIEUR : « J’ai fait beaucoup pour les Enseignants- chercheurs. J’ai augmenté leurs primes dérisoires de recherches… » Hum….chers maitres, c’est lui donc l’homme de la situation hein…Mais après son magistère les grèves continuent pour des questions #dérivées…et sœurs…

#4 DEVELOPPEMENT : « La Côte d’Ivoire est un pays en friche. Tout est à refaire » Archi faux. Beaucoup à faire et à refaire est tout de loin différent de tout à refaire. Mais disons : courage cher futur candidat. Tu auras de la patte sur la planche. Si tout est à refaire, c’est que l’ancien chef de gouvernement n’a jamais rien fait, quand il était en exercice pour le pays. Mais dit donc, pourquoi, quand il y a des enjeux électoralistes, l’amnésie frappe aussitôt le nègre candidat? Question ouverte.

#5 JEUNESSE : « Jeunes gens, mes chers compatriotes, ne croyez pas aux promesses, surtout en période électorale ». Pourquoi prévenir la jeunesse ? Un projet de société n’est-il pas en soi un lot de promesses ? Si non pourquoi alors faire campagne ?

#6 EMPLOI : « On va faire de sorte que la terre produisent le maximum d’emploi…mettre un accent sur les sciences de la terre, les sciences de l’agriculture… » A cette allure on risque même d’épuiser les terres, si tout le monde y retourne et faire un bon lit aux à la destruction de le nature hein…

#7 CULTURE : « La culture, c’est l’ensemble des valeurs de la civilisation…On fera Nollywood vers SAN PEDRO… car la Côte d’Ivoire est un pays qui a crée à partir de deux (2) notes musicales PREMIER GAOU… «  Quel sens attribué à un tel propos?

#8 POLITIQUE : « Quel est ce pays où les lois ne sont jamais appliquées ? «  S’interroge celui qui se plaint ne pas avoir en tant que candidat de représentant à la CEI et qui au soir de son élection, se donne 90 jours pour relocaliser les bureaux de la présidence de la Républiques à Yamoussoukro. Belle question, pourtant l’aspirant au pouvoir aurait pu résoudre cette question quand-il était Premier Ministre…mais bon,  était-ce une priorité du moment… ?

#9 INNOVATION : Les jeunes vont pouvoir créer des logiciels comme « en Indonésie. » Ce candidat est en retard. Ne sait-il pas que déjà de nombreux jeunes ivoiriens créent des logiciels? Hum on n’est pas si nul hein…Mais bon…Il était loin de peuple on présume, depuis ses bureaux huppés de Dakar.

#10 HUMANISME : Face à une question du journaliste Angoua, Banny manifeste son étonnement innocemment :  » J’ai mis sa dans mon programme? » Zut, ne serait-pas une preuve qu’il ne connait surement pas tout le contenu de son document programme. Tout compte fait, le candidat de 65 ans, a un souhait et c’est un appel honorable pour « des élections apaisées avec zéro mort. »

A bientôt…


En Côte d’Ivoire, le mot #EBOLA est un code gastronomique

Une sauce avec du rat palmiste - ph.ABC
Une sauce avec du rat palmiste – ph.ABC

« Qu’est ce que vous avez à manger ? » Si vous posez cette question à une liste d’une vingtaine de restaurants et maquis populaires ivoiriens, on vous citera tout le menu et on terminera pour plus de la moitié et avec un discret et prudent sourire par ceci : « Y Ebola aussi ! » Cette phrase à l’ivoirienne est à la fois une proposition, une information officielle de ce qui officieusement se passe et un code pour simplement vous dire qu’il serve – malgré l’interdiction – de la viande de brousse : agouti, rat, biche, serpent, porc-et-pic… bref tout ce que, de coutume, les chasseurs ont toujours eu l’habitude de ramener dans leurs besaces. A Abidjan dans les communes de Yopougon, Abobo-palmeraie dans la capitale du pays tout comme à Toumodi, Yamoussoukro, Bouaké… à l’intérieur, l’interdit est discrètement consommé. Les restaurants populaires bien connus avant l’arrivée de la maladie à fièvre hémorragique Ebola, bien connus pour leurs menus en viande de brousse, continuent dans la plus grande indiscrétion à faire plaisir aux palais des amoureux de viandes exquises.

Pourtant, depuis l’annonce de la maladie dans les pays limitrophes comme le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, le Sénégal et même le Mali, les autorités ivoiriennes ont formellement interdit la consommation de tous les rongeurs et autres viandes dites de brousse. Il s’agissait de tous les animaux de proie prisés des Ivoiriens et qui sont régulièrement la cible des chasseurs. Entre autres, citons les agoutis, les chauves-souris, les biches… Cette mesure au début a été largement suivie par les Ivoiriens à cause du spectre de la maladie qui décimait les populations voisines. Au début, dans les églises comme dans les mosquées les salutations d’usage étaient même faites avec prudence et dans le pur respect de la loi : à distance. La paix du Christ se faisait en s’inclinant face à son frère par exemple. Il en était de même dans les marchés, écoles et autres institutions où le lavage des mains avec des solutions hydroalcooliques et autres solutés était obligatoirement de rigueur. Avec le temps, les Ivoiriens ont perdu ces bonnes habitudes, ces bons réflexes et ce au vu et au su des services de surveillance d’Etat. C’est comme si l’Etat avait fléchi sa veille et que les Ivoiriens avaient ré-adoptés l’affreuse idée que la « viande cuite à un certain degré tuait Ebola ».

L’existence de marchés clandestins de vente de viande de brousse est une preuve de la faille dans le système de surveillance de l’Etat et donc un signe d’échec si on peut le dire. Que la viande de brousse soit vendue et consommée encore dans les restaurants maintient le risque, un jour – si Ebola devait arriver en Côte d’Ivoire – Dieu nous en préserve – de découverte d’éventuels cas non pas aux frontières, mais aux cœurs des grandes villes ivoiriennes. Shalom


Cocody  »carrefour la vie ». Chassés de leur gare improvisée, les taxis banalisés s’installent  »légalement » sur les trottoirs

Une gare insolite qu carrefour la vie de cocody
Une gare insolite qu carrefour la vie de cocody (Ph.ABC)

Quand on dit que la politique est une mascarade, on ne dit pas forcement faux. C’est d’ailleurs – sous nos tropiques – le lieu où chacun cherche et protège son intérêt. On peut dire que les autorités politiques et policières de la commune de Cocody à Abidjan se foutent de la gueule des ivoiriens. Et pour cause, une anarchie inqualifiable s’est instaurée  »officiellement » sur les trottoirs du  »carrefour la vie » de ladite commune à la vue et au su des autorités municipales et avec la complicité des policiers qu’on a l’occasion d’y voir.

Il y a quelques mois le maire de Cocody avait pris la vigoureuse mesure de mettre de l’ordre dans l’univers du transport et des gares anarchique dans sa  commune. L’acte annoncé – comme à l’habitude des politiciens de ce pays en fanfare – consistait à mettre fin au règne de quelques individus qui installaient des gares routières à quelques endroits propices. Les déguerpis de l’ancien espace sportif, bon gré mal gré transformé en centre commercial et en gare, entre 2005 et 2011, se sont réinstallés grâce à une main invisible, dans  le ravin, coté SODEFOR du Carrefour la vie, précisément à l’endroit où l’entreprise LEV avait installé ses containers pendant ses travaux de d’aménagement  du bassin entre l’école de police et la paroisse St. Jacques de Cocody.

Pour l’opération du Maire, police et médias ont été mobilisé. Les meilleures fanfares aussi. Qui est fou. Il y a eu des tentatives  pacifiques puis d’autres musclées pour la libération de l’espace. Il y a eu de la ruse et de la résistance. Les menaces et déclarations ont fusé de toutes parts. Chaque camp semblait déterminer : le maire à fermer la gare, les conducteurs à ne pas se laisser aussi facilement chasser et la police (nationale et/ou municipale) qui – gagne ou perd, c’est selon – à faire son travail avec efficacité. Et a cette époque les journaux affichaient des titres vigoureux dignes d’annonce lutte sénégalaise entre Bambardier et Bombardeur. On lisait entre autre ceci : « le maire annonce des fins de l’anarchie », « bras de fer entre le maire et les syndicats », « affrontement entre transporteurs et policier », « le maire annonce des mesures strictes le lundi ». Il ne manquait pas les réactions des contrevenants indirectes des actions du maire. Et encore les titres parlaient d’eux mêmes : « la police sabote l’action du maire »,  » Le maires accuse les policiers de boycotter son opération », « Les populations mécontentes de l’action du maire »,  » opération saboté, le maire accuse la police »…Bref tout le décor pour des reportages chocs était planté. Les titrologues étaient au rendez-vous chaque matin pour voir les épisodes annoncés du bras de fer qui mettait en action le maire de Cocody, les chefs de gare.

Après des jours de pression, la fameuse gare du carrefour la vie est fermée; barricadée même par une clôture précaire de feuille de tôles. Pour veiller au respect de la mesure, une horde d’hommes en uniformes noirs, des CRS, faisait le guet chaque matin pour interpeller les conducteurs têtus qui jouaient à cache-cache encore afin de gagner leur pitance. Chaque matin les conducteurs revenaient se mettre en file sur le trottoir de l’axe ‘’avant le feu’’ allant vers le boulevard Latrille. Quand ils sont délogés ou chassés de ce trottoir, ils tournaient pour s’installer sur celui de l’autre. Ainsi pendant quelques jour ce jeu de malin et malin et demi s’observait entre conducteurs et policiers simulant hypocritement de faire leur travail.

Les nombreux matins qui ont suivie l’action du maire, n’empêchaient pas les clients et habitués de cette gare de taxis banalisés – devenus normalisés et légaux malgré leurs tristes histoires – de se présenter au point d’embarquement pour se rendre à leur lieu de travail. On lisait la tristesse dans leurs regards et l’énervement dans leurs mouvements chaque matin. Les tchrouuus de malédictions s’entendaient en échos synchronisé. Comment se rendre au travail, sans ces véhicules. Au delà en effet de leur illégalité (décriée sans succès par les propriétaires et syndicat de taxis compteurs), les services qu’ils rendent à la population abidjanaise sont incommensurables. Et les hommes politiques ont fini par laisser le phénomène s’institutionnaliser. Il est même à la base de nombreuses importations de Toyota Picnic. Bravo l’évasion fiscale, bravo l’enrichissement de quelques uns, bravo la concurrence déloyale aux taxis rouges.

Le maire n’a surement pas eu le temps de savourer sa victoire. Ou a fini par capituler face à  la témérité des taxis banalisés. On dit que le chien ne change pas ses habitudes. Les transporteurs on fini par trouver des accords – non écrits, secrets – avec leurs amis et complices de la police. Sinon qu’est ce qui justifie encore leur présence ? Au début, ils chargeaient rapidement sur la chaussée en profitant d’un feu rouge. Les clients se ruaient sur la chaussée dès qu’ils en aperçoivent un qui dessert leur destination.

Aujourd’hui, les choses sont officielles ou officieusement officielles. Une gare s’est installée sur les trottoirs du carrefour la vie de Cocody, mettent ainsi en danger la vie des piétons qui se trouvent obligés soit de partager un bout de la chaussée avec les véhicules en circulation, soit de se faufiler entre les véhicules illégalement et dangereusement stationnés. Chaque matin, donne l’occasion d’observer sur le terre-plein entre deux voies, un véhicule de la police nationale, Dieu seul sait pour quelle raison. Chaque jour donne aussi l’occasion de voir des policiers municipaux singeant de chasser ces chauffeurs qui n’affichent aucune inquiétude. Dans un pays sérieux, la présence de ces véhicules en cet endroit ne pourrait être tolérée. Aucune autorité ne réagit. Voila la Côte d’Ivoire très en chemin de l’émergence. Un pays où les autorités souvent pour distraire la tranquillité des citoyens, des autorités lancent des opérations bruyantes et des mesures  dont la durée dépasse pas celle d’une paille face au feu. Bravo Monsieur le Maire, l’opération a pertinemment eu du succès. Bravo à nos chers policiers en présences, nous ignorons encore la raison de votre présence en ces lieux chaque jour. Bravo à vous brave conducteur de taxis banalisés, votre courage et votre témérité permettent à l’ivoirien émergent d’aller là ou il veut avec ses moyens émergents. Shaloom.


Journée internationale de la jeunesse en RCI, mon mot aux jeunes et aux vieux

IMG_5984 - CopieMesdames, Messieurs – Chers amis,

Abidjan, 12 aout 2015. Canal du bois. Je voudrais vous signifier combien je suis heureux de me retrouver avec vous et vous remercier du temps que vous accordez à notre journée. Il s’agit de la Journée internationale de la Jeunesse. Une journée décidée par l’ONU depuis 1999. C’est une journée qui mondialement est célébrée. C’est une journée qui occupe particulièrement l’Afrique. La preuve, ce matin, RFI faisait l’écho d’une étude effectuée par un Institut Africain dans 33 pays du continent, sur l’implication des jeunes en politique et cette étude a montré que plus de 56% des jeunes touchés disent être impliquée d’une manière ou d’une autre en politique. On pourrait imaginer pourquoi ?

Normalement, c’est un jour de fête. Et la fête devrait avoir une allure nationale puisque tous les discours politiques laissent entendre que l’avenir, c’est la jeunesse ou la priorité ce sont les jeunes.

On dit que le 12 aout de chaque année est une occasion pour les jeunes d’attirer l’attention de la communauté sur les problèmes qui les concernent et de mettre en avant leur potentiel en tant que partenaire de la société. Cela veut dire que ce jour est un jour de DEMONSTRATION de notre importance, de notre SAVOIR FAIRE, de l’importance de notre place dans la société. C’est aussi l’occasion pour nous de réfléchir par nous-même sur ce que nous voulons de bon pour nous de faire des critiques sur les politiques qui nous concernent, mais aussi et surtout des propositions concrètes.

C’est donc pour cela que notre communication va s’organiser autour de DEUX (2) expressions : L’ESPACE CIVIQUE ET LES ENGAGEMENTS ASSOCIATIFS.

On va dire que l’espace civique :

  • C’est un espace de libertés et de droits. Mais il faut savoir qu’il n’ y a aucune liberté sans respects des lois en présence. C’est notre environnement de tous les jours : passé, présent et futur. C’est notre lieu de travail. C’est le moyen de transport privé ou public. Ce sont les façades de murs privés ou publics ou virtuels que nous longeons de manière différente. Ce sont les jardins et espaces verts où nous nous reposons et que nous respectons ou ne respectons pas…
  • Il peut être aussi cette espace collectif qu’on retrouve dans les associations, les organisations aux buts et missions divers. Ces groupements qui veulent par leurs bruits et silences ; leurs actions et non action impacter positivement le monde.

Dans tous les cas, c’est une partie essentielle de notre espace de vie, qui exige de nous un comportement citoyen et qui interpelle l’homme de se rappeler de ses devoirs citoyens.Le comportement citoyen invite au respect de valeurs conventionnelles qui déterminent l’équilibre social. On ne peut pas parler d’espace civique sans évoquer celle de citoyenneté. La citoyenneté se caractérise par des valeurs qui sont valables pour tous. On peut en évoquer au moins trois, traditionnellement attachées à la citoyenneté[1] :

 La civilité : il s’agit d’une attitude de respect, à la fois à l’égard des autres citoyens (ex : politesse), mais aussi à l’égard des bâtiments et lieux de l’espace public (ex : transports publics). Le civisme : il consiste, à titre individuel, à respecter et à faire respecter les lois et les règles en vigueur, mais aussi à avoir conscience de ses devoirs envers la société. De façon plus générale, le civisme est lié à un comportement actif du citoyen dans la vie quotidienne. La solidarité : Elle correspond à une attitude de fraternité et d’ouverture aux autres.

Ces trois valeurs donnent à la citoyenneté tout son sens en ne la limitant pas à l’exercice du droit de vote.Il est important de les respecter pour préserver l’équilibre social, mais aussi l’avenir de l’homme dans ce monde. Pourquoi ? Prenons des exemples douloureux et banaux.

Malgré les lois et les interdictions quelques-uns vendent et consomment les petits rongeurs, quelques autres passes par des chemins détournés pour faire rentrer de la volaille au pays…, le racket est une réalité . Les ivoiriens fument partout, continuent de téléphoner au volant, font commerce et usage des sachets…sans rien risquer…

Chacun de ces actes met en péril l’équilibre social et mondial. Chacun de ces actes est incivique et constitue un sabotage de l’espace civique. Chacun de ces actes compromet l’avenir. Il est donc utile de respecter l’espace civique au nom de l’avenir.

Ceux qui se sont associés se sont engagés à protéger l’espace commun. Leur engagement est à la fois un gage de mise en route du monde sur la bonne voie, mais aussi un moyen d’étoffer leur professionnalité. En s’engageant on se donne la chance de mieux se former et de mieux se préparer pour des fonctions futures.

Il est capitale pour la jeunesse ivoirienne d’avoir une expérience associative.On peut agir ensemble en s’associant en étant membre d’ONG, d’Association, de Clubs, de Réseaux…

Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, le grand problème de la jeunesse, c’est l’emploi. Avoir un emploi est un défi, une source d’inquiétude et de tristesse. Il parait qu’il y a plus de 4 millions de chômeurs dans ce pays. Il parait d’après un discours présidentiel que plus d’1,3 millions d’emplois a été donné. Ce qui inquiète dans ces chiffres, c’est que les jeunes diplômés ne s’y retrouvent jamais totalement. Alors on se demande dequel type d’emploi, il s’agit ?

On constate aussi que l’Etat fait du mieux qu’il peut. Des discours, des promesses. On a eu droit à des Assises réflexives et festives. On a dansé, on a chanté, on a réfléchi.

Aujourd’hui, le Gouvernement a particulièrement mis en place un Ministère délégué chargé de la Jeunesse et de l’emploi. Ce ministère a déjà organisé des actions. Il parait déjà que des milliers de jeunes en sont déjà bénéficiaires[2]. Mais si on observe bien, on constatera que le site du Ministre de la Jeunesse et sa page Facebook fonctionnent, alors que le site internet dédié à son ministère est encore en construction. On se demande si on est dans une logique du culte de la personnalité ou celle du service de la cause publique ? C’est une simple observation.

Cher amis. Je voudrais terminer sur ce point. La meilleure façon de compter sur les autres, de compter sur l’Etat, c’est d’abord d’apprendre à s’organiser, à se prendre en charge, à se former à la polyvalence. Aujourd’hui le monde a besoin de jeunes polyvalents. Si nous nous engageons dans des associations et dans des ONG, nous multiplierons nos chances d’accéder à ce que nous espérons, parce que nous serons toujours dans un environnement de la culture de la recherche d’idées innovantes pour un avenir meilleur. Le bénévolat, le volontariat sont autant d’action qui ouvrent des portes. Et des programmes dans ce sens existent. Que Allah nous bénisse.

[1]– Cette liste est établie selon un choix raisonné sur le site du Gouvernement Français.

[2]– Si on se fie au compte rendu du Conseil de gouvernement ténu récemment à Bondoukou sur le site du Ministre.