A.B. Ladji Coulibaly

JOURNALISTES ET BLOGEURS A L’ECOLE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Les participants (Ph.Badra)
Photo de famille des participants (Ph.Badra)

A l’initiative des ONGs Jeunes volontaires pour l’environnement (JVE) et Action en faveur de l’homme et de la nature (AFHON), des journalistes de la presse écrite et des blogueurs, ont été conviés ce jeudi 10 octobre, à un atelier d’information et d’échanges sur les questions de changements climatiques et l’état du processus REDD+ en Côte d’Ivoire en présence de M. Koné Drissa, assistant du Point Focal du Bureau Changements Climatiques Côte d’Ivoire.

Avec pour thème « Phénomènes climatiques extrêmes et plaidoyer en faveur de l’adaptation » l’atelier s’est tenu au Centre de Recherches et d’Action pour la Paix (CERAP) d’Abidjan, avec une trentaine de participants. Il a été pour les ONG initiatrices « le cadre idéal pour attirer tout d’abord l’attention des médias ivoiriens sur le dernier rapport de la Banque mondiale qui présente une analyse des derniers développements scientifiques sur le climat afin de mieux comprendre les risques du changement climatique pour le développement(…) Et d’expliquer aux participants le mécanisme de la Redd, ce mécanisme dans lequel s’est engagé l’Etat Ivoirien depuis juin 2010 pour atténuer les effets du réchauffement Climatique sur les populations. »

Ces objectifs ont fait l’objet de deux communications animées respectivement par messieurs David COULIBALY, Directeur exécutif de AFHON et Nicaise BEDJE Spécialiste en gestion environnementale et en développement durable à JVE-CI.

En insistant sur le rôle et la responsabilité des différents acteurs tant au niveau des pollueurs que des victimes, les intervenants ont informé l’auditoire sur la triste réalité des changements climatiques dans le monde en général et en Côte d’Ivoire et invité chacun à agir à son niveau car « nos forets, c’est notre avenir ». A dicté M.BEDJE en fin de sa présentation.

Face à ce sombre tableau décrit par la Banque Mondiale, il revient aux organisations de la société civile intervenant dans le domaine de l’environnement de mener des actions en vue d’informer, de sensibiliser les populations sur les défis auxquelles elles sont confrontées. Elles doivent de même proposer des stratégies innovantes et conduire un plaidoyer audacieux vis-à-vis des Parties prenantes avec un focus sur l’adaptation aux changements climatiques. En cela, les hommes de médias peuvent être, selon  Ange BAIMEY, Directeur de JVE Cote d’Ivoire «  des portes voix des populations ». Car poursuit-il en faisant un rapprochement avec un drame récent, comme pour avertir  « Si nous voulons réduire de plus en plus de « Lampedusa », il nous faut également nous attaquer à la question des changements climatiques ».

 Ce dialogue avec les hommes de médias s’annonce comme la première d’une série.

Pour toutes informations complémentaires : ONG JVE– Côte d’Ivoire  jve.ivoire@yahoo.fr / ONG AFHON – afhoncotedivoire@yahoo.fr


L’ARGENT TRAVAILLE,10 RAISONS – ENTRE AUTRES – D’Y CROIRE

Alassane Ouattara à l'ONU (Ph.Google)
Alassane Ouattara à l’ONU (Ph.Google)
 « Quand on se promène librement dans une ville ivoirienne aujourd’hui  sans la crainte d’un contrôle au faciès ni d’une traque au pseudonyme, il serait bienséant de songer qu’on le doit à certains hommes » Franklin Nyamsi, Agrégé de philosophie.

La phrase, fait école. Elle est devenue populaire. Dans les ironies, des discussions sérieuses, les ivoiriens utilisent la phrase dite, avec  sourire d’ailleurs, par le Président Alassane Ouattara (AO), au cours de son discours de nouvel pour l’année 2013 : « l’argent travaille ». En lançant cette phase, le Président a évoqué les plaintes légitimes des populations dont-il a écho, sur la cherté de la vie et a voulu rassurer. Nous présentons ici, quelques grands travaux entre autres, qui justifient, l’affirmation présidentielle.

C.K.Banny, Président du CDVR
C.K.Banny, Président du CDVR (Ph.Google)

#1-L’institution d’une Commission Dialogue Vérité Réconciliation (CDVR). Au lendemain du 11 avril 2011, date à laquelle le Président Laurent Gbagbo est tombé, comme annoncé par son successeur et l’évidence des choses, « comme un fruit pourri », la Côte d’Ivoire avait besoin de se réconcilier avec elle-même. La chienlit identitaire et fratricide (celle qui visait a indexé les musulmans, les nordistes, les barbus, les porteurs de bagues,… comme des étrangers donc des rebelles et des diables) instaurée par l’ancien régime devrait disparaître des souvenirs et des mémoires.

Sur un fond d’inspiration et de pastiche du modèle Sud africain, le Président Alassane OUATTARA a jugé juste de lancer sa présidence sur fond de réconciliation : faire renaître une Côte d’Ivoire comme le Père Fondateur l’avait conçu, avec des hommes, qui œuvrent dans une cohabitation pacifique au développement national. Situer les responsabilités, réinstaurer le dialogue, amener les ivoiriens à se remettre avec courage en cause dans l’histoire macabre récente, écouter, sonder les causes, identifier les coupables…sont des étapes nécessaires à la réconciliation.

Une des SOLUTIONS de Monsieur SOLUTION était d’instituer la CDVR. Panser les plaies et les douleurs, recouvrer l’unité d’antan, repartir ensemble mains dans la main. A coup de milliards, le Président Charles Konan BANNY, ancien Premier Ministre et ancien Gouverneur de la BECEAO, travaille pour réaliser ce projet herculéen. Campagnes médiatiques et pubs de sensibilisation, écoutes des populations, installation de section régional et local, visites de terrain… Le Budget allouer à cette lourde machine, travaille. Même si pour le moment, aucun résultat n’est visible aux yeux du citoyen lambda, la CDVR, travaille.

#2- Le pont de JacquevilleDepuis longtemps, le département de Jacqueville voulait un pont. Le nouveau régime a fait de ce vœu une priorité. Le projet de construction du pont tant annoncé et attendu est dans sa phase d’exécution.

Colonne du Pont de Jacqueville en construction (Ph.Badra)
Colonne du Pont de Jacqueville en construction (Ph.Badra)

Estimé à plus de 18 milliards de francs CFA, le pont de Jacqueville se dessine de plus en plus. De part et d’autre de la lagune, une ligne de piliers sortant des profondeurs de la lagune est désormais visible.  Ces supports de forte armature serviront à accueillir le tablier sur 600m de longueur pour 10m de large.  Le pont de Jacqueville est très attendu par les populations qui continuent de souffrir des caprices du bac et des pinasses artisanales qui servent à relier la presqu’île au reste du territoire ivoirien.

Financés Banque Arabe pour le Développement Economique de l’Afrique (BADEA), l’exécution des travaux est confiée à la société égyptienne Arab Contractors. Vu l’allure des travaux, les populations de cette zone touristique et de production de Coco, de pétrole et de gaz naturel, ont fort espoir de pouvoir circuler sur le nouvel ouvrage à partir du mois de janvier 2014. Comme ce pont, celui de Bouaflé a été réhabilité. Ainsi travaille l’argent.

#3- L’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Les nombreuses missions du Ministre d’antan de l’économie et des finances, SEM. Charles Diby, auprès des Institutions de Bretonwood à permis à la Côte d’Ivoire d’atteindre le point d’achèvement PPTE.

Question à un ivoirien (Ph. Google)
Question à un ivoirien (Ph. Google)

Le processus qui avait été entrepris, puis s’était arrêté pour raison des nombreuses crises sous l’ère Gbagbo, à atteint son terme pour la grande joie des Nouveaux Maîtres d’Abidjan.  On ne devrait pas être fier avec toutes les ressources dont-on dispose d’être dans le lot des Pays Pauvres Très Endettés. Combien de pays asiatiques, européens, même d’Est, américains font partis de cette catégorie ? Mais bon voilà, l’Afrique à ses réalités en termes d’histoire de la Bonne Gouvernance.

Dans notre cas, les crises ont laissé des trous et des dettes énormes. On peut se réjouir du fait que l’argent qui a travaillé en finançant les nombreuses missions, délégations d’experts financiers et économistes, a été utilisé à bon escient. La preuve, avec le PPTE,   le pays d’après l’économiste J-C. Tiemele bénéficie de nombreux avantages, entre autres « l’allègement attendu est de 3 milliards de dollars US au titre du PPTE et de 2 milliards de dollars US au titre de l’IADM. Le total de l’allègement attendu est ainsi de 5 milliards de dollars US, environ  2 500 milliards de F CFA. … ». C’est aussi ça, un bel exemple de l’argent qui travaille.

#4- Les multiples voyages du Président. A la politique d’isolement et de la préférence nationale doublée d’un patriotisme incongru, se substitue une politique d’ouverture au monde, de participation aux débats internationaux… Bref la logique Gbagbo est aux antipodes de celle de Ouattara. Quand le premier faisait décoller l’avion présidentiel, c’était plus pour tourner dans le pays. Le deuxième, lui atterri le matin, le temps de changer de costume pour redécoller l’après midi.

Le PR de retour d'un voyage (Ph. FB Présidence.CI)
Le PR de retour d’un voyage (Ph. FB Présidence.CI)

Le Président Alassane Ouattara, n’as pas de temps  On devrait s’interroger sur le coût des voyages qu’il effectue. Voyages dont le nombre lui a valu le baptême de #Mangellan. Certainement Alassane Ouattara est informé de tous les surnoms que certains médias lui affublent.

Toutes fois il peut s’en défendre. La Côte d’Ivoire est au travail. Et tout le monde doit contribuer. Pendant que le Gouvernement, le Président de la République, him self, met la main à la patte, multiplie les rencontres, réponds à toutes les invitations, pour rassurer qu’une normalité est instituée redonner confiance aux investisseurs et partenaires au développement.

Pour cela, il ne faut pas lésiner sur les moyens. Peut importe qui supporte ces frais ou qui les supportera. Il faut de l’argent pour faire bouger l’avion présidentiel, afin que ce dernier, fasse revenir les investisseurs. C’est aussi ça, l’argent qui travaille. Pour faire des bénéfices, il faut bien investir. Même si le kérosène coûte hyper cher, la dépense, cela n’est rien face aux enjeux. Le tout étant de rendre le pays à l’horizon 2020. Ainsi travaille l’argent.

#5- Des Universités Bling Bling à 119 milliards. Une promesse de campagne : construire de nouvelles Universités. Mais voila, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. La crise post-électorale a contribué au flétrissement du cadre universitaire ivoirien. Un cadre, politisé, devenu un bastion de menace, de violence et souvent transformé en lieu d’entrainement, de recrutement, le logement de milicien, ou de cache d’armes. Ces situations ont conduit à la fermeture des universités stricto sensu. Durant plus d’un an, tout a presque été rasé, reconstruit, réhabilité, pour offrir aux jeunes un cadre d’études propices et digne pour une facture de plus de 119 milliards de francs CFA.

Des salles de TD à l'U.FHB (Ph.Google)
Des salles de TD à l’U.FHB (Ph.Google)

Les universités ivoiriennes sont désormais fièrement belles. Bling bling on peu dire. Mais la beauté ne suffit pas, pour un lieu de la pensée. A la beauté des bâtiments et du cadre, devraient s’ajouter l’équipement qui arrive à compte goûte. Et la capacité d’accueil n’a pas augmenté. Conclusion : les amphis et salles de classes sont toujours surpeuplés.

Toutefois, « pour le départ nouveau » le Président de la République a offert à sa jeunesse des universités modernes. D’Abidjan à Korhogo, via Bouaké et un détour par Daloa, le pays compte désormais cinq (5) Universités et de nouveaux enseignants. Il avait promis la construction de nouvelles universités, on espère que la réhabilitation des anciennes, ne tiendra pas lieu de construction.

On a même ajouté, un peu d’inutile et au détriment du nécessaire. Les étudiants, qui attendent devant le CHU et l’entrée de l’école primaire méthodiste de Cocody au soleil, parfois sous la pluie, les bus irréguliers pour rentrer, peuvent désormais se distraire grâce à l’écran géant, placé à une des entrées, et qui projette des films en 3D, de la pub… De quoi distraire même les ambulanciers qui transportent des malades. Il y a aussi des bus électriques pour faciliter le déplacement au sein du vaste établissement. Un don du groupe Bolloré. Dieu seul sait combien de temps cela va durer. Pendant ce temps les étudiants ne se lassent pas de crier qu’ils ont besoin de bibliothèque. Assurément, l’argent y travaille.

#6- Le carrefour Indénie, Melkro et la baie de Cocody. L’endroit est réputé pour les inondations inquiétantes en saison des pluies. Dès les premières heures de sa prise de pouvoir, AO, s’est engagé à résoudre le problème du carrefour Indénie et de ses environs : carrefour dit MelKro (village de Mel.) à l’entrée de Cocody par la corniche (chemin présidentiel) et la baie lagunaire dont la fermeture s’est accélérée. Des pelleteuses, des camions bennes, de bulldozers ont été mobilisé pour vider l’endroit. En amont, des basins de rétention de sable et de déchets solides ont été construits. Enfin, sur les tronçons de la corniche, une machine achetée en Suède à au moins 200 millions se charge tranquillement de vider l’immense baie lagunaire, qui ressemble aujourd’hui à une bananeraie.

Travaux d’aménagement du carrefour l'indenie (Ph. Google)
Travaux d’aménagement du carrefour l’indenie (Ph. Google)

L’endroit a déjà englouti de nombreux milliards au cours de la dernière décennie et il continuera d’en engloutir. Mais par la force du travail de l’argent et la volonté des autorités pour les usagers et riverains peuvent lancer des ouf de soulagement. Car depuis, les débordements d’eau, les inondations sont pour l’instant des souvenirs. L’argent travaille pour l’entretien constant des bassins quand ils s’ensablent trop au grand regret, de tous ces débrouillards, qui jouaient la boussole et le GPS aux automobilistes en période de crue et d’inondation, pour quelques pièces. Ainsi travaille l’argent.

#7- Cette histoire de 3e Pont d’Abidjan dit Pont Henry Konan Bédié et

(Ph. Google)
(Ph. Google)

d’Echangeurs. Ce sont des méga infrastructures que tout Abidjan attend. Chacun s’enthousiasme de la logistique déployées et la progression des travaux à Cocody ou à Marcory. L’histoire du 3e Pont d’Abidjan ne date pas de l’ère AO. Elle se matérialise sous son gouvernorat.

L’ouvrage, qui va coûter au final au moins 190 millions d’euros,  commence sur le Boulevard François Mitterrand à hauteur de l’Ecole nationale de Police. Sur 2,7 km, il traverse Cocody pour arriver près du domicile de Mme Thérèse Houphouët. Il traverse ensuite la lagune Ebrié sur environ 1600 m pour aboutir 2km après au boulevard Giscard d’Estaing avec un échangeur moderne de trois niveaux au carrefour de l’ancienne bâche bleue. L’ensemble du parcours correspond à 6, 7 km. Il s’agira d’un pont à péage. AO s’ait trop chercher l’argent.

Le pont Riviera-marcory présentera plusieurs avantages : le dés-engorgement du trafic ; l’allégement sur les ponts Félix Houphouët-Boigny et Général de Gaulle qui permettra leur réhabilitation ; enfin, la réduction d’une pollution. Ainsi travaille l’argent.

#8- Le prolongement de l’Autoroute du Nord : Abidjan – Yamoussoukro. Un autre chantier far d’un coût global de 136 milliards de francs. Le prolongement de l’autoroute du Nord jusqu’à la capitale politique et administrative du pays. Le projet a été annoncé sans être réalisé par les régimes précédents. Il faut mettre cela au compte des crises et des problèmes de trésorerie.

Travaux de la nouvelle autoroute du nord (Ph. Google)
Travaux de la nouvelle autoroute du nord (Ph. Google)

Aujourd’hui, c’est chose faite de Singrobo à Yamoussoukro, le tronçon de 85,9 kilomètres est fin prêt. 95% des travaux sont déjà réalisés.  Et le Président de la République, Alassane Ouattara veut impérativement ouvrir l’usage de la nouvelle autoroute le 11 décembre 2013.

Pour constater l’évolution des travaux, le Premier ministre à effectué le 15 septembre dernier, une visite de terrain au terme de laquelle il a annoncé que la réhabilitation du tronçon de l’ancienne autoroute allant du corridor de Gesco, à la sortie ouest d’Abidjan, à Singrobo, est imminente. Une couche de 5 centimètres d’épaisseur sera ajoutée pour lui donner une nouvelle jeunesse. Enfin l’autoroute sera dotée d’un poste à péage, puisqu’il s’agit d’une autoroute payante et sera une voie rapide. Il n’y aura pas de policiers. Un système de vidéo surveillance sera établit et sa gestion, confiée à un concessionnaire international.

Et au journaliste Donatien Kautcha de dire :  « Le nouvel homme fort d’Abidjan, Alassane Ouattara qui a décidé de faire des infrastructures routières l’une de ses feuilles de route à pu trouver les moyens nécessaires pour achever les travaux en si peu de temps.  On peut donc dire qu’avec ce prolongement de l’autoroute du nord, le développement amorcé par la Côte d’Ivoire depuis peu n’est plus qu’un slogan, mais une réalité ». Ainsi travaille l’argent.

#9- La construction du barrage de SOUBRE. Les moments de délestage ont horrifié les ivoiriens. Ils ont aussi permis de comprendre les limites du pays en termes de distribution d’électricité à une population des les besoins électriques vont croissants. Le lundi 25 février, le Président AO, démarre l’année 2013 avec le premier coup de pioche du barrage hydroélectrique de Soubré. Cette grande infrastructure permettra à la Côte d’Ivoire de respecter ses engagements vis-à-vis de ses partenaires extérieurs.

La fin du règne de Delestron est proche (Ph. google)
La fin du règne de Delestron est proche (Ph. google)

Le barrage de Soubré constitue un ouvrage important dans le plan global défini pour assurer à moyen terme l’équilibre de l’offre et de la demande en électricité. Le projet d’aménagement hydroélectrique de Soubré aura une puissance de 275 MW et un productible annuel d’environ 1 100 GWh. Ce barrage deviendra le plus grand du pays devant celui de Taabo (210 MW et Buyo (165MW). Delestron, tes jours sont comptés. Ainsi travaille l’argent.

#10- Le renforcement de la « Sécurité » nationale. Difficile de dire que le citoyen ivoirien est à l’abri des braquages, d’agression, de vol, larcins,…A la faveur de la crise de nombreuses petites armes ont été distribuées ici et là. L’Etat multiplie les actions pour rassurer les ivoiriens. Dans l’armée le désordre vestimentaire observé en fin de crise est réglé. Les composantes de la Grande muette, sont désormais identifiables par des uniformes précis. Abidjan est sous vidéosurveillance.

Remise d'équipement au CCDO (Ph.Google)
Remise d’équipement au CCDO (Ph.Google)

Le Ministre de délégué à la défense, et celui de l’Intérieur et de la sécurité national semblent maîtriser leur sujet. En terme de logistique, les véhicules dans lesquelles les hommes en tenues, paradent dans les villes séduisent et donne à l’armée des allures modernes.

Mais faut-il noter que si les braquages isolés sur les routes ont diminué, ainsi que les bruits de bottes de mitraillettes à l’Ouest et certaine région du pays, la lente intégration des ex combattants, non payés, mais parqués dans les résidences universitaires, les camps de regroupements et autres lieux, inquiète plus d’uns. Ces jeunes sans revenus fixe et réel, rompus au maniement des armes sont souvent les commanditaires des cas d’insécurités dans le pays. Réussir le pari de la sécurisation du pays était un défi important pour le mandat d’AO. A ce jour, on peut se frotter les mains, en constatant que pour la question, l’argent à bien travaillé.

Le Président de la République, Alassane Ouattara poursuit ses grands projets de développement de la Côte d’Ivoire. L’école presque pas gratuite, Le Pont Henri Konan Bédié, les logements sociaux, l’autoroute de Grand Bassam-Abidjan, les travaux d’adduction d’eau à partir de la nappe phréatique de Bonoua, le pont de Bouaflé, le réprofilage de la côtières, …justifient le travail de l’argent pour une Côte d’Ivoire émergente à l’horizon 2020.


Jeudi à Abidjan : mariage, cascades et arrosage

Une mariée (Photo Badra)
Une mariée (Photo Badra)

Le mariage est un acte d’union qui s’accompagne généralement de réjouissance. D’un peuple à l’autre, d’une culture à une autre, d’un coin du monde à un autre les pratiques et le folklore autour, sont personnalisés et personnalisables. En Côte d’Ivoire, les rituels qui précèdent et accompagnent les mariages de certaines corporations et corps de métiers donnent des frisons, par l’étrangeté, l’absurdité et la dangerosité du spectacle.

Si à Bamako au Mali « les dimanches » sont des « jours de mariage » selon la célèbre chanson du célébrissime couple aveugle Amadou et Mariam, les jeudis sont, à Abidjan, jour de célébration de la plupart des mariages musulmans. A Abidjan, dans les communes populaires comme Adjamé, Abobo, Yopougon, Koumassi, les jeudis sont marqués du réveil au coucher de vrombissement de moteurs, de bruits exacerbant de klaxon, de fanfares, de défilés improvisés et énervants « souvent » des véhicules de transport en commun (Wôrô-wôrô, gbaka…), de passage en liesse d’hommes, de femmes en uniforme. Bref, les jeudis, quand il y a mariage, les petits dioulas (le mot ici étant à la fois une expression générique originelle, englobant tous les petits corps de métiers : mécaniciens, chauffeurs, commerçants, vendeuses, mâcons, plombiers…) sont excités comme s’ils allaient à la plage.

De façon particulière, le folklore et les attitudes qui entourent ces événements heureux d’union sont à la fois spectaculaires, émouvants, souvent inquiétants et effrayants selon le statut ou l’appartenance due ou de la mariée à telle ou telle corporation. Deux groupes retiennent notre attention.

#Les hommes des métiers roulants

Professions garagistes, chauffeurs, ferrailleurs, vendeurs de pièces détachées dans les casses. Ils sont des cousins d’un même métier. Leurs traits communs sont les engins roulants. Peu importe que ces engins soient bi, tri ou quadricycles. Le mariage d’une personne de cette catégorie se dessine selon le schéma suivant. Le matin tous les cousins, amis, sympathisants arborent un t-shirt à l’effigie des mariés. Dans le dos, le nom du gourou financier, le « babatché » est en bonne place.

Pendant que les mariés se préparent chacun de son côté pour la mosquée, un groupe d’amis papotent autour du thé à la demeure de Monsieur le futur marié. Ce groupe est important et boire le thé avec quelques doses de ce qu’ils savent est capital pour la suite des événements. C’est le commando (composé d’amis proches et de bons cascadeurs) qui sera chargé de récupérer ou d’enlever de gré ou de force, avec élégance ou brutalité la mariée dans son cercle de danse chez ses parents. Dans les rues, un autre groupe sème la pagaille.

Si c’est un mécanicien ou un ferrailleur qui se marie, tous les apprentis en véritable horde de zinzins souvent trop mal élevés et/ou indisciplinés vont s’armer de tout le stock disponible d’huile de vidange et envahir les rues du quartier. Si vous les rencontrez un jeudi, qui que vous soyez, laissez-leur le chemin. Et si par malheur, vous êtes surpris de vous retrouver sur leur passage et qu’ils vous demandent d’acheter de l’eau ou autres choses pour se désaltérer, faites de votre mieux pour les satisfaire, sinon, vous aurez votre dose de peinture et de salissure volontaire. Les auteurs disparaîtront après leur sale besogne. L’idée de cette pratique est de montrer que leur chef ou patron va se mettre la corde au cou. Et pour l’occasion, tous les véhicules, même, les plus fumeux renaîtront.

Si dans un autre cas, c’est un chauffeur qui se marie, vous risquez d’être mouillé. Simple effet collatéral d’un rituel corporal. Avant, le jour même ou après le jour de célébration si vous vous soupçonnez d’être dans un gbaka ou wôrô wôrô d’un nouveau marié, ses amis n’auront aucun égard pour vous les clients, vous les rois selon l’expression. De n’importe quelle posture, ils largueront leur bombe de sachets d’eau sur le concerné. En effet, le jour de mariage d’un homme de ce corps de métiers, les conducteurs ont initié le rituel de l’arrosage. Toutes les eaux sont bonnes pour la pratique. Ils s’arrosent avec tout ce qui leur passe par la main. Souvent avec une brutalité digne de ce milieu d’anciens gnanbro, cokseurs, rabatteurs, syndicats. Et s’ils n’arrivent pas à l’avoir, un membre de sa famille peut être une cible de consolation. Et enfin, toute la journée, les tintamarres des klaxons détruiront le silence et le calme de la ville.

Dans ce groupe, lié par les engins roulants, le mariage se déroule comme suit. Soit les parents se rendent chez la mariée pour la célébration, la présence de l’homme n’étant pas une nécessité, soit les familles se donnent rendez-vous à la mosquée pour l’officialisation du couple. Ensuite, la mariée rejoint le domicile de ses parents. Elle est confiée aux femmes qui la préparent sur tous les plans. Le repas de midi passé, le soir est consacré aux danses. La raison de tout le travail des femmes. Les shows de danses sont le moment privilégié pour elles de présenter leurs dernières acquisitions vestimentaires.

A partir d’une certaine heure, le fameux commando, sentant que leur ami a besoin de sa femme, décide d’aller chercher cette dernière. C’est leur femme désormais. C’est le moment des cascades, des bruits des moteurs chauffés à bloc, de toutes les démonstrations dangereuses que possibles avec leurs vétustes bolides, souvent empruntés. D’aucuns racontent qu’il y a un autre rituel. Le commando qui récupère la femme, souvent se charge de coucher avec la mariée avant de l’amener chez son mari. Faire un dernier coup, question de vérifier si la marchandise est bonne où que sais-je encore. On entend de plus en plus parler de ce type de pratique mafieuse, qui s’apparente à un viol collectif condamnable.

La récupération de la mariée peut se faire dans la douceur ou le cafouillage. Comme elle quitte sa famille pour une autre, une tradition souhaite que les femmes s’y opposent symboliquement, question de montrer au commando, que leur fille est encore leur fille. Mais les hommes étant les hommes et les femmes aussi, l’exécution de cette tradition peut se terminer quelquefois dans la violence, avec des blessures, dans la bagarre entre femme et homme, dans le cafouillage où déchirement, dépouillement se pointent.

Enfin, la mariée une fois extirpée est accompagnée chez son homme, qui dans l’impatience de l’attente fait crépiter les téléphones de ses amis d’appels, de sms et de bips. Le cortège qui l’accompagne est constitué d’une ribambelle de véhicules transportant vielles femmes, amies de toutes sortes, des individus souvent mêmes inconnus, mais curieux de savoir dans quelle piaule la mariée sera introduite. Sur les toitures des véhicules, accrochés aux portières, le corps à demi exposé aux vitres, les accompagnateurs se donnent en spectacle et donne du spectacle aux observateurs. Et les cascadeurs au volant, « font plaisir ». Ils montrent leur savoir-faire dans le maniement du volant. Chacun y va de son mieux, pour rendre le jour inoubliable.

# Les gos et femmes des marchés

Commerçantes en général. Vendeuses d’arachides, de pagnes, de poissons, de médicaments en particulier. Propriétaires d’étable dans un coin de rue, de magasin au Forum des marchés d’Adjamé, sur le boulevard Nangui Abrogoua ou au Grand marché de Tingrela, d’un préau dans le marché Roxi etc. elles rêvent toutes « du jour de leur jour ». La nouvelle du mariage d’une fille de ce lot provoque des effets de liesse et Dieu seul sait de combien de joie, d’envie, d’affairage et de jalousie dans les marchés du pays. Sans communiqué officiel, les « sons » vont dans ces endroits à la vitesse lumière.  Fatou se marie ce jeudi. La copine de mon cousin qui sortait avec le fils de ta cousine va se marier avec le petit fils du vieux vendeur de colas dont les enfants sont derrière l’eau. C’est le « jeudi » de Mariam qui est arrivé…Bref dans nos marchés, un mariage est une occasion de « farotage » pour les uns, de démonstration de pouvoir pour les autres, et j’en passe.

Dans ce secteur où les femmes sont les seules MDL (maîtresses des lieux), la solidarité est de mise comme chez les cousins liés par les engins roulants. Elles n’hésitent pas à sortir la grande et grosse artillerie. Elles sont prêtes à tout pour que la célébration soit le sujet de conversation des marchés les jours suivants. En général, mes sœurs dioulas cherchent de l’argent pour deux choses : s’acheter des boubous, des bazins, des pagnes à des coûts indignant pour paraître lors de baptêmes et mariages et payer par le travaillement les griottes et griots des temps nouveaux pour simplement dire, entendre leur nom et éloge au micro.

La femme dioula est par excellence bosseuse et débrouillarde. Du matin au soir, elle se tue à la tâche pour s’occuper soit des enfants, soit de la famille. Mais une grande partie de ses économies est destinée aux festivités où elle s’invite. Elle ne rêve que de pagnes. Souvent peut accepter de voir sa famille crever de faim, son fils faire deux jours d’école buissonnière pour simple manque de cahier, son homme se décarcasser pour payer l’argent de la popote que de mettre la main sous le pagne pour participer. Mes sœurs dioulas, sont ce qu’elles sont. Je ne dis pas qu’elles sont toutes ainsi, mais c’est le prototype de la femme dioula. Très battante, mais d’une pingrerie légendaire et remarquable au quotidien par ses plaintes et complaintes. Elles disent toujours, « ne jamais rien avoir ». Et donc pour elles, tout est matière à négociation, même quand le trajet coûte 100 FCfa.

Les femmes des marchés, quand il s’agit de mariage, sont mieux organisées que les hommes. Toujours à jours de leurs nombreuses cotisations et tontines initiées pour ces occasions. Tenez-vous bien, mes sœurs dioulas sont d’une rancune très franche et directe. Si tu ne participes pas à ton tour, personne ne lèvera le pouce. Et il faut craindre dans ce milieu une fête ratée. La déprime risque de vous tuer. C’est pourquoi le mariage d’une femme des marchés est l’affaire de tous. Celles-là s’occupent de vendre le pagne choisi pour l’uniforme, celles-là sont aux petits soins de la mariée quand elle entre dans sa période de préparation, c’est-à-dire trois jours avant le jeudi, tandis qu’un autre groupe s’occupe du folklore, de la logistique. Le mariage, c’est plus l’affaire des femmes que des hommes.

Le jour du mariage, elles se mobilisent à la mosquée et prennent le soin de préparer dans le secret des femmes la chambre nuptiale. Une fois ce décor planté, c’est le tour de la soirée, puis la sortie de la nouvelle mariée, le lundi qui suit la célébration. Lorsque celle-ci signe son retour dans les marchés, c’est jour de chants, de danses, et d’arrosage au rythme des fanfares. De blanc vêtu, dans des t-shirts devenus moulants à force d’être mouillés, se laissent voir tous les « seins clairs » aux nichons intrépidement redressés,  soigneusement entretenus, et dont on imagine la lisseur, la mollesse, et la douceur sous des caresses. De quoi faire branler tous les esprits libres.

Les filles s’arrosent mutuellement dans une ambiance ludique et ordonnée. Pas comme les hommes dont le rituel de bizutage s’apparente à la barbarie. C’est aussi l’occasion pour les vendeuses d’eau en sachet de faire bonne recette. La mort du cabri du voisin rend agréable l’odeur de la sauce d’un autre. D’ailleurs si on ne lésine pas sur les moyens pour organiser un mariage, pourquoi réfléchir quand on sait qu’un sachet d’eau ne coûte que 10 F Cfa. Un sachet par ici, paf, on mouille celle-ci ou celle-là. Même le passant ou la passante récolte son lot de bénédiction. De quoi énerver souvent dans ces rues achalandées et sales de nos boulevards commerciaux.

Les imams, les vieillards auront beau s’échiner à fustiger ces pratiques, à sensibiliser et conseillers, les jeunes et leur entourage, n’entendent rien. La jeunesse est souvent têtue. Si votre jeudi arrive et que vous voulez vous mettre à l’abri de débordement de quelque ordre que ce soit, faites appel à des scouts. Ils sauront quoi faire.


#Jacqueville – Des toilettes sur pilotis

Toilette sur pilotis à N'djem et enfant en posture (Badra)
Toilettes sur pilotis à N’djem et enfants (Photo Badra)

N’Djem est un village dont les limites sont bercées par deux lagunes. Ebrié et Aby. Point d’entrée et de sortie du département de Jacqueville, c’est un village animé. La pêche, l’agriculture et le commerce occupent ses populations.  A son embarcadère qui ne désempli jamais, tangue un colossal bac donc le coup de réparation a conduit à son abandon et une partie du fameux pont dit de Jacqueville. Les petites vendeuses de tôfis (un bonbon traditionnel fait de lait de coco), de gâteau amidon (une autre recette ivoirienne propre aux zones côtières faite d’une combinaison d’amidon de manioc et de sucre), de bananes douces vraiment naturellement mûries  vous accueillent, avec des sourires commerçants quand vous y posez les pieds.

Outre son décor pittoresque,ses maisons en bambou, son ambiance de chantier, son air  tranquille régulièrement marqué par le vrombissement des petits bateaux-taxis,  ce qui frappe l’attention de tout passant et choque souvent les entendements, ce sont ces toilettes suspendus sur l’eau. Toilettes sur pilotis. Tout sort et tombe dans un plouf mélodieux dans l’eau pour le bonheur des poissons qui ont fini par rapprocher leur habitat de ces lieux. Qui est fou ? En ces périodes de disette, il ne faut pas refuser la nourriture.

La méthode étant tellement efficace, qu’elle est une astuce pour apprendre à pêcher. La matière fécale serait un bon appât. Les enfants qui s’essayent à la pêche, dans ces villages ont souvent recours à la méthode observée. L’astuce du maître consiste à déféquer sur un bout de filet à l’abandon, et les bons poissons, ou quelques poissons accourent pour se laisser capturer.

En parlant des toilettes sur pilotis, l’ingénieur qui a imaginé cet artifice d’évacuation et de soulagement comme on le dit chez nous, n’a pas effectué d’études d’impact environnemental ou sanitaire. Pour l’inconscient collectif de cette zone, tout comme dans ceux de la plus part des villages riverains du pays, en effet, faire des toilettes sur pilotis est une stratégie qui épargne tout une communauté de frais, souvent exorbitant, de creusage de fosses sceptiques. Ce même inconscient convainc, des esprits trop naïvement pingres que l’eau coule. Parce qu’elle coule, on peut se laver à deux (2) mètres des bordures, puiser l’eau destinée à la boisson cinq (5) mètres plus loin et déféquer ou uriner un peu en avant cela n’affecte en rien la qualité et la propreté de l’eau. Comme s’il s’agissait seulement de propreté.

A N’Djem, on pense que quand l’eau coule, elle emporte toutes les insanités qu’on y déverse. En effet, l’observation est loin d’être fausse. Elle est d’ailleurs d’une éloquence scientifique. Toutes fois puisque les villages sont en ligne, et que l’écoulement emprunte un sens ou un autre, les insanités sont simplement entraînées vers d’autres lieux, exposant ainsi d’autres populations qui sans savoir ce qui se passe en amont, juge l’eau par sa clarté et non, sa qualité, ignorant tout ce qui a pu se passer bien avant. Ces dernières aussi, de part leur activités, exposent d’autres populations et ainsi de suite, la chaîne poursuit son chemin macabre.

En voulant se mettre à l’abri d’éventuelles dépenses en infrastructures sanitaires, les riverains, sans le savoir, contribuent à la création d’autres situations? Ils polluent leur environnement et mettent en danger la santé et la vie de leurs enfants et de toute une population insulaire. Les déchets fécaux qui tombent, et qui sont avalés par les poissons, reviennent dans les marmites. On remange ce qu’on rejette.  Drôle de recyclage. Plouf, ça tombe, plouf plouf plouf on peut entendre les poissons se battre et se débattre pour avoir un morceau de la précieuse ambroisie et plouf dans le filet pour prendre la direction de la marmite.

L’Etat pour des raisons de pollution du fond marin, a interdit la pêche et la consommation des poissons de Jacqueville. Cette mesure prise par le Ministère de l’environnement et du développement durable, il y a quelque mois est salutaire. Les causes des pollutions ne peuvent pas uniquement se trouver dans l’attitude de quelques individus, qui pour faire bonne recette, n’hésitent pas à déverser des produits chimiques aux effets mortifères dans l’eau. Il faudrait aussi ausculter les effets des déchets humains. Enfin, inviter les populations côtières à de meilleures pratiques sanitaires ou les contraindre d’une manière ou d’une autre à détruire les toilettes sur pilotis.

N’Djem, n’est pas un cas unique, si on estime que ces toilettes sont des dangers à la fois pour l’environnement et pour la santé. S’il vous arrive d’être un jour sur la belle île de Jacqueville, s’il vous arrive d’avoir des envies de balades  quand l’aurore se pointe, si au cours d’une balade matinale, des villageois vous dépassent à répétition et en ordre ;  ne pensez pas que tous vont chercher à humer de la bonne air fraîche et saline de la mer en guise de cure par voex nasale. Bien au contraire, ils vont polluer la quiétude de la nature sablonneuse des bords et plages. Le pagne noué à la hanche pour les hommes et autour de la poitrine pour les femmes, les pas pressés ou lents,  petits sacs ou sachets contenant un objet rouge semblable à un instrument de laboratoire, mais qui en réalité sert à stimuler la libération du corps par voie anale… ne sont que des signes caractéristiques de villageois maillot officiel et munis de leur arsenal de toilette.

On comprend du coup que d’un endroit à un autre de la bande, les habitudes sanitaires sont différentes mais conduisent à la même réalité déconcertante : dans les villages de l’île les habitants n’ont pas l’habitude de se construire des toilettes. Ils aiment la liberté das vastes espaces. Parce que N’Djem ne s’ouvrent pas sur la mer, mais plutôt sur des lagunes, le mode est de mettre les toilettes sur l’eau ou de déféquer directement dans la lagune. Parce que les autres villages sont limités par l’océan, les plages servent automatiquement de toilettes et dépotoirs.

Sassako, Avagou, Akrou, Andoumangan… sont de beaux villages. Leur propreté est admirable. Leurs vastes plages parsemées de cocotiers, de loin, semblent bien entretenues. Et elles le sont. Mais en s’y promenant, il s’impose à toutes personnes étrangères de faire attention. Le passage est accompagné de petites senteurs divines, et les regards peuvent avoir la chance d’admirer en grandeur nature, de belles crottes humaines, artistiquement sculptées par les exploits de quelques anus trop rassasiés d’attiéké (semoule de manioc farci à la vapeur) et de fruits de mer.

En ces lieux, se mettre ne position de libération, sous un pagne, est un fait banal. On s’offusquerait en d’autre espace de voir un homme ou une femme, sur le point de se libérer, on pourrait même crier au manque de pudeur. Mais ici, point besoin d’alerté le monde à la vu d’un individu qui ne veut que satisfaire un besoin physiologique, donc répondre à un appel légitime de la nature. Ainsi, de jour comme de nuit, personne ne se cachent. Si de loin vous apercevez un vieillard ou un enfant, un homme ou la fille que vous avez abordé la veille, accroupi, ne soyez pas choqué. Cette personne est simplement en position de méditation d’urgence. Un petit trou dans le sable, une crotte moelleuse qui disparaîtra aussitôt fini sous le sable, par un coup de pied machinal. Et la vie continue après comme de rien fut.

En attendant que ces populations changent d’habitudes et modifient leur relation avec les bordures de l’océan qui berce leurs villages, les passants devront  s’accommoder.


Journée Mondiale du blog : Avis de MondoBlogeurs

(Photo Badra)
(Photo Badra)

« Le 31 août 2013 marque la Journée Mondiale du blog. Depuis quelques années, des personnes de toutes les sphères font appel à ce moyen de communication, devenu incontournable pour communiquer, dialoguer, présenter leurs produits, … Les Mondoblogueurs ont décidé d’immortaliser cette journée de la manière la plus simple possible : répondre à la question suivante : que représente le blogging pour eux ? Ce billet qui a vu la contribution de plus d’une dizaine de Mondoblogueurs donne les points de vue de ce qui ont participé à l’édition de cet article. » (Par  le 31 août 2013)

Photo(Crédit:Mondoblog)

1-Limone, Tunisie

Dernièrement, j’entendais un étudiant de l’école nationale de journalisme de Tunis s’insurger de l’inutilité du blog après la révolution. Un futur journaliste contre le blogging. Contre la diversité des points de vue rendue possible par Internet et la levée de la censure. Le blogging pour moi, c’est le bouleversement du schéma traditionnel de l’information, la fin du monopole des médias, la possibilité donnée à chaque citoyen d’avoir son mot à dire dans l’espace public.

2-Salma Amadore, Cameroun

Le blogging pour moi représente une activité qui me permet d’exercer le journalisme que j’ai toujours voulu, celui qui part des faits et des expériences des gens pour parler d’un sujet. Tenir un blog me permets de m’exprimer comme je veux, sans trop de sévérité. Pour moi qui a l’expérience des rédactions, j’ai été très frustrée des fois de devoir réécrire ou mettre aux oubliettes un article à cause « de la ligne éditoriale » du journal. En bloguant, je suis libre, je suis moi, je suis l’autre qui me lis et veut aussi me dire sa part de réalité. Loin de la routine des autres canaux d’information qui nous plongent dans la routine avec des mêmes personnalités, les mêmes stars, le blog est proche de l’homme ordinaire, c’est l’homme ordinaire qui est au centre du blog, celui qui veut s’exprimer et ne le peut pas dans les chaines officielles, trouve dans le blogging, le moyen de s’exprimer, d’échanger et de s’enrichir de nouvelles connaissances.

3-Baba Mahamat, Centrafrique

Il ne fait aucun doute, le blogging à inévitablement changé la face du monde. Le blogging est devenu une forme d’expression très prisée par des personnes et structures dans divers domaines. Il permet d’échanger avec les lecteurs qui sont participent à son animation. Il y a dans le blogging, l’esprit de mettre les lecteurs au centre en interagissant avec eux grâce à des commentaires autres formes de partage. Ce qui le rend différent du média traditionnel est le fait que n’importe qui peut tenir un blog et ce, sans une formation préalable contrairement au journalisme par exemple. Une manière de communiquer est née grâce au blog, le journalisme citoyen. En Centrafrique où les événements ont comlètement  bouleversé la vie de paisibles citoyens, bloguer me permet de brosser la situation extrêmement difficile que vivent mes citoyens et en profiter pour dénoncer une tragédie oubliée par la communauté internationale, qui aurait pu être évité si l’intérêt du peuple était au centre des préoccupations au détriment des considérations personnelles.

4-Josiane Kouagheu, Cameroun

Bloguer pour moi, c’est tout simplement être moi. Ecrire pour dénoncer et interpeller, sans mensonge et sans maquillage.

 5-Osman Jérôme, Haïti

Sans trop de crânerie, je dirais que, le blogging est pour moi, ce que la raison est pour le philosophe. Car cela me permet de pénétrer  la profondeur de la réalité quotidienne de mon paysRéalitéque j’essaie de parler sur mes blogs avec un ton un peu différent des médias classiques.

Depuis le jour que j’ai commencé à bloguer pour de vrai, je ressens  que, quelque chose a changé en moi en tant que citoyen. Après plus de deux ans de d’activité, désormais, je me sens plus engagé, plus concerné dans la lutte de la nouvelle Haïti, dont je suis un fanatique.

6-Mylène Colmar, Guadeloupe

Lancer un blog, écrire un billet, puis un autre, et encore un autre, en veillant à se renouveler, à livrer des informations (de son point de vue) intéressantes, à garder un œil critique. Animer un blog, lire les commentaires des lecteurs, se réjouir des compliments, répondre aux questions, défendre son point de vue et faire entendre sa voix. Tenir un blog, avec difficulté, parfois, avec plaisir, souvent, avec sincérité, toujours.

7-Pascaline, France

« Deux ans. Voilà deux ans que j’écris et que le blogging à pris une place de plus en plus importante dans ma vie. C’était d’abord une distraction, un moyen pour moi de prolonger mes écrits universitaires d’une manière beaucoup plus ludique, en racontant et en vivant de belles sorties culturelles. Puis, c’est aussi devenu un moyen de compter ma vision du monde, mes voyages, mes passions tout en réfléchissant au regard que je portais dessus, en le déconstruisant. Aujourd’hui, c’est devenu un biais indispensable par lequel je développe ma pensée, mes idées, en les confrontant aux lecteurs. Leurs réactions me font avancer, réfléchir, remettre en question dans mon écriture mais aussi dans cette vision du monde. Indispensable donc, pour demeurer une « femme qui interroge ». »

 8-Aurore, Allemagne

Le blogging ou la valise 2.0.

Bloguer, c’est plier, empiler et ordonner au fond d’une valise virtuelle et planétaire des souvenirs, des avis, des incertitudes, des débats, des rencontres, des tous et des riens, des pleins et des vides, du futile, du sérieux, des histoires, de la poésie, des coups de gueule, des coups de joie, des injustices, des dénonciations, des déceptions, des messes basses, des combats, des confidences, des incertitudes, des Révolutions…

9-Babylas Serge de SOUZA, Benin

Blogueur par passion

C’est à la faveur d’un stage en médias et démocratie à Copenhague au Danemark en octobre-novembre 2010 que je me suis essayé au bloging. Ma passion pour le web journalisme me  permettra plus tard d’intégrer la deuxième édition de Mondoblog où, grâce à un encadrement judicieux, j’ai pu véritablement apprendre le b, a, ba, les contraintes et les exigences du blogging et de la publication en ligne.

Après la formation MondoblogDakar 2013, je revisite régulièrement mes connaissances à l’aune des innovations majeures, des mutations et des nouveaux développements du secteur médiatique, au jour le jour en tant que blogueur.

Aussi, pour moi, le blogging est une manière d’être, une forme d’expression parmi tant d’autres et pourquoi pas, un formidable espace d’échange, de partage.

 10-Ladji Sirabada, Côte d’Ivoire

Mon blog, mes amis, le monde, la chaleur…

Parce que je blogue, j’appartiens à une communauté qui écrit et qui crie, qui saupoudre et qui fustige; une communauté qui arrange et souvent dérange, qui chante tout en interpellant, qui enseigne et renseigne, qui appelle et interpelle, qui éduque, distrait, et s’occupe…

Parce que je blogue, je convoque bon gré, mal gré une communauté qui se renseigne ou enseigne, qui partage ou s’enferme, qui se satisfait ou se plaint de, qui encourage ou insulte, qui consomme sans ou avec modération, qui dit merci ou merde, qui félicite ou blâme…

D’un coté ou d’un autre, en bloguant, je me mets à la croisée de plusieurs chemins. Chemins de confrères. Chemins de lecteurs. En bloguant, je partage mon monde ou ce qu’il y a à partager pour ne point me sentir seul.

 Mon histoire du blog, commence avec la neige. Le blanc qui tombe et qui plonge le noir dans le lointain souvenir de la chaleur des terres ancestrales  et des miens.

En tombant, en m’enfermant dans un univers que je qualifiais  »aussi d’exotique », le blanc, m’a offert des pages blanches à remplir, m’invitant à me soustraire de la solitude, du dépaysement, d’un monde dans lequel, je me suis retrouvé, par concours de circonstance divine.

Mon blog fut, mon bois de chauffe. Il fut la vitrine de présentation de mon nouveau monde…

A chacun, je souhaite une expérience de blogging…pour un monde plus ouvert, sans barrière et avec beaucoup de chaleur…

Je bloggue; bloguons donc, puisque c’est la ten-dance.

11-Nelson Deshommes, Haïti

C’est une phrase magique qui a ouvert mes yeux sur le monde du blogging: « La beauté de l’internet c’est qu’on apprend en marchant ». Et dépuis lors, je fais de ce slogan ma principale source de motivation. En effet, le blogging est pour moi un centre d’apprentissage. Il m’est aussi un moyen de peaufiner mon écriture, et surtout d’apporter ma contribution dans la présentation d’une autre Haïti aux yeux du monde. Dorénavant, un blog est un instrument de communication où chacun peut placer son mot sur le dévenir de notre planète. Maintenant avec un blog, n’importe qui peut marquer d’une autre manière et de façon indélébile son passage dans ce monde.

12. Berliniquais, Martinique 

Pour moi, le blogging, c’est ma deuxième grande passion. Comme chacun sait, ce que j’adore par-dessus tout, c’est de chanter sous la douche. Mais malheureusement, quand je chante sous la douche, il n’y a personne pour m’écouter. C’est triste à mourir. En revanche, lorsque j’écris dans mon blog, le monde entier peut lire mes humeurs. Donc pour moi, écrire un blog, c’est un peu comme chanter sous la douche devant un large public ébahi d’admiration. Quel bonheur!

 13-Boubacar Sangaré, Mali

Parlons du blogging mais pas pour y consacrer un billet qui appelle, comme chacun le sait, chaque fois un sérieux et une application énormes. Il est tout simplement question de livrer son point de vue sur ce phénomène dont la fièvre a saisi le monde, singulièrement dans sa composante jeune.

Alors, c’est un avis très personnel que je vais livrer. Quand on me parle du blogging, je ne peux pas ne pas penser à dire que, dans un monde qui se débat dans l’entonnoir des crises politiques, économiques voire sociales, tenir un blog ne peut qu’offrir une possibilité de calmer la soif de s’exprimer qu’éprouvent des millions de femmes et d’hommes repartis dans tous les pays. Et surtout à un moment où les idées sont l’arme privilégiée dans la « guerre des places » qui oppose d’abord les grandes puissances, et accessoirement toutes les nations. Ainsi, le blog, en tant que site personnel, donne l’opportunité de prendre part à ce concert des idées qui animent le monde.

Pour le petit et modeste journaliste que je suis, qui tient un blog depuis bientôt une année, le blogging a été un espace où il défend ses convictions, sa position sur un sujet qui fait ou non la Une de l’actualité locale ou d’ailleurs. Et ce qui a le plus éveillé mon intérêt pour cette activité, c’est le droit à la subjectivité dont jouit le blogueur. Le droit de dire son ressenti du moment et ses impressions propres. Ecrire à la première personne du singulier (je) une analyse dans laquelle se retrouveront beaucoup de lecteurs, me parait plus responsable  que l’emploi du « Nous » que le journalisme trouve objectif, mais qui me semble manquer de sérieux. C’est aussi indiquer que le blogging est un espace, aussi grand que le rêve. C’est, bref, un déversoir !

BONNE JOURNEE JOURNEE


Bapo, un village ivoirien éclairé à l’énergie solaire

village
Bapo (photo Badra)

Le petit village de Bapo se trouve dans le département de Jacqueville, à 6,5 km du village de Akrou, qui lui est à 5 km de la ville. Situé en bordure de la lagune Ebrié entre les pipelines qui drainent le gaz naturel et les cocoteraies villageoises. Faisant face aux villages de Taboth (devenu célèbre grâce au groupe Mapouka Taboth cadence et de Allaba (sous-préfecture de Dabou), Bapo était un beau village animé en raison de la présence de son bac et embarcadère à l’époque où la Société ivoirienne de coco râpé (SICOR) existait.

Aujourd’hui il se réduit à un simple village de deux rangés de maisons de fortune avec en son bout un cabanon en brique, hermétiquement fermé et dont la toiture supporte six (6) panneaux solaires. On peut voir à l’entrée du village, 6,5km avant deux pancartes fières qui invitent à la découverte du village éclairé par l’énergie solaire.

Bapo, est fier de ses huit (8) poteaux électriques qui éclairent le village. Pour le moment, les ménages ne sont pas servis, mais au moins il y a de quoi éclairer les rues et les aires de jeux nocturnes des enfants, des gardiens de la nuit, des amoureux. Il y a même un hangar collectif où chacun peut profiter de la télévision et recharger son téléphone.

En optant pour cette source presque gratuite, le village de Bapo s’inscrit dans la logique du développement durable certes, mais surtout, marque une transition très écologique et économique qui lui épargne les tracasseries d’alimentation en fuel du vieux groupe électrogène dont son électricité dépendait. Il se soustrait aussi de la dépendance d’une compagnie nationale, qui depuis quelques temps s’illustre par les coupures intempestives et gênantes. Ce type de projet d’électrification rurale, se présente comme une alternative de remplacement à encourager dans le nord de la Côte d’Ivoire où de nombreuses zones sombrent farouchement encore dans le noir. Le président de la République en à lui-même fait le constat et annoncé de nombreuses dispositions pour pallier la situation à une date sine die. Paroles de politicien.

En effet, depuis 2010 la Cote d’ivoire, vit la galère des coupures intempestives d’électricité. Les motifs se résument à la vétusté de l’appareillage de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) détentrice unique du droit de commercialisation de l’électricité grand public dans le pays. Parallèlement, la demande augmente en raison de la poussée démographique liée aux migrations de la crise ivoirienne, aux sabotages des réseaux électriques pour les distributions et commercialisations illégales du courant…

Ces diverses raisons, doublées de l’incapacité à satisfaire tous les ménages, ont contribué en 2010 à l’exécution d’une politique de délestage programmée afin de satisfaire chaque région et chaque ménage. Ainsi selon des jours, des heures et des zones, l’électricité était distribuée pour que l’Etat garde, sauve sa face.

Dans l’euphorie des crises électriques est né un personnage devenu célèbre de DELESTRON, l’anti-héros du délestage qui se plaît à couper le courant dans nos vies. Depuis 2013, de nombreux efforts de renforcements ont été effectues. Toutes fois, le malin héros  DELESTRON, n’hésite pas à frapper quand on manque de vigilance.

Photo(Crédit:Aly Coulibaly)

Photo(Crédit:Badra)

Ce personnage imaginé au bon moment, traduit l’indéniable malaise de nos Etats qui maintiennent les pays, sous le joug d’une dépendance d’entreprise coloniale, et du faible écho des efforts d’ONG qui s’échinent à faire comprendre et adopter les plans d’énergies alternatives. Il faut libéraliser le secteur et promouvoir les énergies alternatives. Le futur pourrait en dépendre.


L’électricité en Afrique, un problème majeur de développement : analyse et explications selon les Mondoblogueurs

Par  le 23 août 2013

« Nous avons tous ou presque, les mêmes problèmes, les mêmes douleurs, les mêmes aspirations. L’électricité demeure un défit indéniable dans nos différents pays, surtout en Afrique mais insurmontable ? Personne ne peut nier les causes et les conséquences de ce problème». Telle est la substance du mail que j’ai envoyé sollicitant la contribution des Mondoblogueurs pour ce billet collectif qui donne le point de vue ainsi qu’une analyse de la situation de l’électricité dans quelques pays d’Afrique.
Photo(Credit:jlgagnaire.com)Photo(Credit:jlgagnaire.com)

Le Roi soleil

Je pense qu’on ne saura jamais assez remercier Dieu pour toutes ses merveilles. C’est justement parce qu’il a fait des choses inexplicables qu’on dit qu’il est au dessus de tout. Oui je reconnais, il est très fort, car j’imagine un seul instant si cet astre nommé soleil appartenait aux hommes, ce que nous serions devenus.

Morts depuis longtemps sans doute. Il en est de même pour l’air, vous imaginez une société Aes-air ou Cam Air ou je ne sais comment la nommer, mais une société qui serait chargée de nous fournir de l’air quotidiennement pour notre survie ? Nous serions tous morts par manque d’air (une sorte de délestage de l’air). Par « nous » je parle des pauvres car je pense que les riches se feraient un plaisir énorme d’acheter des réserves d’air et tant pis pour les autres.

Y a qu’à voir comment ils sont insensibles aux cris de la population face aux nombreuses coupures intempestives d’électricité. Insensibles face à la fourniture insuffisante en énergie électrique dont une majeure partie de la population est victime. Nous pensions être enfin sauvés quand le groupe AES-sonel est venu au Cameroun. C’était la promesse pour nous : des factures moins chères, d’un réseau constant d’électricité, une équipe à notre écoute, bref une société rien que pour nous. C’était un leurre. Aes/sonel nous a fait découvrir un nouveau mot : « Délestage » finalement devenu« détestage » tellement la rage montait peu à peu.

Aes coupait le courant quand elle voulait sans nous prévenir. Aes nous faisait payer un entretien de compteur pendant des années sans trop savoir pourquoi. Aes augmentait le prix du kilowatt quand cela l’enchantait, Aes c’était finalement plus investit dans le business des mines que dans sa mission première : nous fournir de l’électricité. Elle est partie par la petite porte et rien n’a changé.

« Energizing Cameroon » un slogan fort qui vous pousse à apprendre la langue de Shakespeare, mais vous perdez vite votre enthousiasme et préférez de loin la formule populaire « Obsurizing Cameroon » quand vous revenez à la réalité. Avec ça,  nous parlons chaque jour de développement au Cameroun, je pense que ce n’est pas pour demain en tout cas (2035, peut-être) et de nombreux camerounais seront sans doute morts avant que le reste n’atteigne le bout du tunnel, un tunnel obscur (prenez vos bougies s’il vous plait).

Comment penser au développement quand suite à des coupures d’électricité, des congélateurs ne fonctionnent pas et que trois jours voire une semaine après, quand c’est rétabli, les commerçants nourrissent les populations avec du poisson ou de la viande faisandée ? Comment penser au développement quand, lorsque l’Etat veut encourager les PME et qu’un jeune ouvre une scierie, elle ne fonctionne pas pendant des semaines, alors qu’il a des employés à payer ? Comment vouloir s’arrimer au reste du monde et l’usage des nouvelles technologies par la jeunesse quand par manque d’électricité, une salle d’informatique dans un établissement X ne peut fonctionner pour que les élèves en profitent ? Comment, comment,

J’ai vu des choses, des parents désespérés qui devaient forcer leurs enfants à apprendre sous l’éclairage d’une bougie ou d’une lampe tempête. Parlant de la lampe tempête, je me rappelle que durant mon enfance, on en achetait pour mes grands parents aux villages. Mais de nos jours, elle est devenue bien plus utile en ville qu’ailleurs « ancienne sonel » c’est son nom chez nous. J’ai vu des enfants morts, calcinés parce qu’ils apprenaient avec des bougies et se sont endormis éternellement. Si les enfants sont l’avenir d’un pays, alors notre avenir se fera t-il avec des Machabées ?

 

Photo (Crédit:Samla Amadore)

Photo (Crédit:Samla Amadore)

Si la situation a ainsi dégénéré, c’est aussi la faute de l’état pas assez présent pour frapper le poing sur la table. Les membres de l’état toujours occupés à inaugurer les Barrage de X, le Barrage de Y « qui fonctionnera en 2035 ». Nous sommes en 2013, il nous reste 22ans à supporter cette situation, en tout cas l’espoir fait vivre. Les populations ont beau revendiquer mais si cela entre dans les oreilles de sourds que faire ? Comment être content de payer une facture d’électricité très chère quand on est dans le noir constamment ?

La dite société a sans doute changer d’équipe dirigeante, mais les problèmes subsistent, déjà à Bamenda j’assiste à plus de trois coupures par jour. Bizarre car je me dis que les problèmes dont je parle ne sont la réalité que d’une tranche de la société. Une tranche de la société parce que déjà un nouveau produit d’AES a été lancé il y a quelques jours : Easylight. Parait qu’avec Easylight, il est possible de voir l’évolution de sa facture en s’inscrivant et en inscrivant le numéro de votre abonnement. Le règlement des factures par le téléphone mobile est aussi possible.

Initiative louable mais qui, je le regrette ne colle pas à la réalité une fois de plus. Pour s’inscrire, voir sa facture ou encore imprimer sa facture par le net, il faut de l’électricité (ce dont nous manquons actuellement en milieu urbain, je ne parle même pas des zones rurales).

Heureusement ou malheureusement des camerounais ingénieux se sont tournés vers le Roi Soleil. Heureusement parce que désormais nous avons des lampes, des panneaux, des torches, des téléphones et même des ordinateurs solaires. Malheureusement car en saison pluvieuse il sera difficile de les utiliser vu comment le climat est instable. Ces outils quotidiens solaires nécessitent sans doute, encore des recherches approfondies pour une plus longue autonomie et une durée de vie plus grande. Quand ce sera fait, faudra revoir le prix car pour que chaque famille jouisse des technologies solaires, faut bien que  le prix de ces outils colle à la réalité de son pourvoir d’achat.

Une équation qui, j’en suis sure sera résolue, je préfère m’arrêter là, il fait nuit et vu que je suis dans l’obscurité je n’ai pas envie d’écrire sous l’éclairage d’une bougie.

Au Cameroun, tout le monde est aveugle à la tombée de la nuit

Le cargo roule à vive allure. Dans le car, une vive dispute a éclaté entre une femme bien en chair dont le large postérieur occupe une bonne partie du siège et une autre femme, plus mince. Les autres passagers s’y mêlent. La dispute devient générale. Je ne parviens plus à suivre les informations à la radio. «Mais taisez vous. Laissez-moi suivre mes infos. Depuis hier, il n’y a pas d’électricité à la maison », lance-je. Trop tard ! Mon Dieu j’ai crié ! «Que vont-ils me dire ?», me demande-je toute peureuse. Dans ma tête, je passe déjà en boucle tous les noms d’oiseaux dont on va me traiter. Dans un cargo à Douala, on est lavé d’injures. Ce n’est pas moi qui le dis. Les conducteurs de ces engins sont d’ailleurs appelés «hors la loi ». Même les policiers en ont peur. Surprise !

-Ah ma petite toi aussi ? Regarde mes bras ? Les moustiques m’ont tout mangé cette nuit. Trois jours que je n’ai pas d’électricité. Si je tiens ces hommes, je les tue. Maudite Aes Sonel (société en charge de l’électricité au Cameroun), peste le chauffeur.

J’ouvre mes yeux tout ronds. Pour une fois dans le cargo, le conducteur n’injurie pas. Il ne discute pas non plus, il accepte. Autour de moi, la vive dispute a cessé. Mes deux voisins de derrière qui parlaient avec passion du Fc Barcelone et de Messi se sont tus. Les deux femmes aussi. «Tu parles ma fille. J’ai déjà perdu des centaines de mille de F Cfa à cause d’eux ! Je suis à Douala comme si j’étais au village d’avant, sans lumière », me dis ma voisine avec colère. Et à chacun de me raconter sa petite histoire sans lumière. Et à eux de me conter leur vie d’aveugle. Et ces enfants, ces hommes et femmes qui ont péri dans un incendie. Ces commerces incendiés. Des 23 passagers, chacun avait quelque chose à dire. Dieu, en mal, en pire d’Aes Sonel. «Il n’y a pas d’électricité au Cameroun», m’a dit un vieux papa, sourire édenté à sa descente. Et il m’a regardé plein d’espoir :

Ma fille tu crois que je peux aller là bas et leur dire (Aes) de ne plus couper ma lumière parce que je paie ma facture tous les mois ? Tu sais je n’ai jamais passé un mois sans le faire. Je préfère régler ma facture et rester affamé. Je peux ?

J’ai eu honte de répondre à mon papa. D’ailleurs, qu’aurai-je pu lui dire ? Tout le monde vit sans lumière au Cameroun. On a des barrages, le soleil et tout. On s’en vante ? Mais, on devient tous aveugles à la tombée de la nuit !

Il y a bien des années que les centrafricains ont ancré dans leur dictionnaire le mot coupure ou délestage. L’électricité en RCA, un pays ne possédant presque pas d’industries à l’exception de l’entreprise d’un libanais qui fabrique de l’eau minérale Oubangui est une denrée rare au sens propre du terme. Les problèmes de cette fameuse entreprise, l’unique et parapublique, dénommée Enerca (Energie Centrafricaine) sont légion. Les citer, on pourrait passer toute une nuit en prenant des somnifères. Mais, même si les difficultés techniques et d’organisations ne sont pas à cacher, la mauvaise gestion de cette structure a fait d’elle ce qu’elle est de nos jours : juste une silhouette et du squelette.  En plus d’un problème d’amortissement des appareils qui souvent datent de l’époque coloniale, le vol d’électricité par la plupart des consommateurs n’arrange non plus la situation. En fin de compte, tous les problèmes ont trouvé une place.

Les conséquences de ces problèmes sont indiscutables. Le délestage que le centrafricain est obligé de gèrer à la longueur de la journée n’a pas de nom. Encore au début des années 2000, on pourrait faire semblant de se vanter en regardant les séries télévisées qui passait à l’unique chaine disponible gratuitement en Centrafrique, la TVCA (Télévision Centrafricaine) en début de la soirée, un luxe qu’il faut avoir les reins solides avant de prendre maintenant avec un groupe électrogène. Mais vers les années 2003, la situation s’est considérablement détériorée.

Je me plaignais tout comme tous les autres habitants de cette heure de délestage programmé dans chaque quartier, mon quartier subissait de 18 heures à 19 heures, mais en 2003, l’électricité ne manifestait que pour quelques heures, difficilement 8 heures de temps. Avec le temps, les habitants de mon quartier et moi sommes habitués à voir la lumière apparaitre de 5 heures à 7 heures (et il faut surtout avec beaucoup de chance) et de 16 heures 30 min à 18 heures. Chaque habitant s’est imposé cette contrainte au fil de temps qui a considérablement influencé sur le niveau des élèves et étudiants, le syndrome de la baisse de niveau. Des usagers en passant par les entreprises qui se comptent sur les bouts de doigt, les bars qui ne mettent plus assez de musique à certaines heures, nul ne peut ignorer la conséquence du manque de l’énergie chez le centrafricain.

Les problèmes de la société d’énergie centrafricaine sont surmontables. Le début doit être une volonté politique des dirigeants à opter pour une gestion transparente de ladite entreprise. Il faut que l’Etat investisse dans l’achat de nouvelles turbines sans oublier la mise en marche des autres sources d’énergies dont Boali 2 et 3 en plus de Boali 1 déjà opérationnelle, et autres matériels et pièces qui ont subi des amortissements au fil du temps. Que des jeunes techniciens compétents soient formés, envoyés dans de grandes écoles d’électricité et de mécanique, que l’Etat pense à une politique de vulgarisation de l’énergie solaire qui est largement adopté dans certains pays. L’Enerca tout comme la plupart d’entreprises de gestion d’énergie en Afrique devrait être privatisée. La privatisation n’est pas une si mauvaise idée même si les entreprises telle que AES- Sonel au Cameroun peine à gagner la confiance des consommateurs qui se plaignent de la pénurie de cette denrée rare. Ainsi, privatiser l’Enerca pourrait être un dernier recours pour sauver Enerca dans sa chute inéluctable.

« J’étais dans ma chambre en train de rédiger un travail de recherche, à Rabat. Soudain, le courant est parti la nuit pendant près d’une heure. Le lendemain, pendant la journée, il est parti également pour une heure. Ce sont des cas rares à Rabat où je me trouve sans obscurité. En ces deux instants, je me rappelai de mon pays, la Guinée. Dans mon pays, l’électricité est avec l’eau, des denrées rares malgré l’existence de matières (château d’eau de l’Afrique de l’ouest, conditions climatiques diversifiées et favorables). L’Etat a dépensé 260 millions $ pour assurer l’électricité dans le pays. Mais cela n’a été que de la poudre dans les yeux. Que peu d’heures de courant irrégulières au cours de la semaine.

Il est aisé de faire de triste constatation. On peut constater la vétusté des installations, malheureusement peu ou pas entretenues. On peut voir le détournement des fonds. Comme l’échec dans la construction du barrage de Garafiri qui reste un cauchemar dans l’esprit du Guinéen. Pour cela, des Guinéens de toutes classes avaient contribué. La dépendance des centrales thermiques fait que l’Etat continue à dépenser beaucoup avec des résultats faibles. Aussi, faut-il ajouter les faiblesses des gestionnaires de l’Electricité De Guinée (EDG) et la faible considération par elle de l’ampleur du problème. Le recours aux micro-barrages est pourtant possible mais ceci est peu pensé comme alternative.

Tout cela fait subir à l’Etat des pertes colossales et de la révolte au niveau des peuples. Les micro-entrepreneurs dont leurs sources en dépendaient entièrement  en souffrent. Le vendeur d’eau glacé ne peut plus car l’électricité a disparu. Ce qui chauffe les classes sociales basses, se trouvant anéanties. C’est pour cela, que les émeutes de Ratoma, Dixinn… étaient pas inévitables.  Mais on ne saurait oublier le nouveau contrat signé entre l’entreprise Aggreko et le gouvernement guinéen récemment. Pour 10 millions $, cela devrait fournir 50 méga watts à la Guinée pendant six mois. Et aussi, la construction du barrage hydro-électrique de Kaleta. La Guinée peut s’inspirer du Maroc par la diversification des sources énergétiques: barrages, éolien… Le Maroc s’est fixé pour vision d’atteindre 42% de production d’énergie renouvelables.

Au cours des dix dernières années, les questions de délestages n’ont jamais quitté le devant l’actualité guinéenne. Entre promesses qui ne seront point tenues, communiqués accusant la sécheresse d’avoir tari les fleuves ou les intempéries ayant causé la chute des câbles électriques et violentes protestations, notamment dans les rues de Conakry la capitale, EDG (Electricité de Guinée) ne cesse de nous faire vivre des images qui n’honorent pas du tout les appellations ‘ châteaux d’eau de l’Afrique occidentale’ ou encore ‘ scandale géologique’ que les scientifiques ont donné à la Guinée.

Si on se réfère à des centaines de millions $ que le gouvernement a investi dans ce secteur entre 2011 et ces dernières semaines pour endiguer la pénurie d’électricité, tout porte à croire que les fonds ont été mal gérés voire détournés de leur destination finale. Plus on enregistre des investissements, plus le courant électrique se fait rare dans les foyers. Pourtant la Guinée Conakry est le pays le plus arrosé d’Afrique de l’ouest  et c’est  sans compter les potentialités minières telles que la bauxite, l’uranium, l’or…dont elle dispose.

Ce triste constat n’est pas sans conséquences sur le plan économique et sécuritaire. En effet, toutes les usines, tous les bureaux des administrations publiques et privées sont alimentés par des groupes électrogènes au moment où 1 Litre de pétrole est vendu à 9 500  GNF à la pompe.

D’ailleurs, certaines PME dont le fonctionnement dépend directement à l’électricité ont fini par mettre la clé à la porte, plongeant ainsi de nombreux travailleurs dans le chômage. En marge des manifestations contre les délestages, plusieurs actes de vandalisme à l’encontre de l’EDG ainsi que les pillages des commerces ont été dénombrés.

Aujourd’hui, tenir les  points de charge de téléphones portables est devenu une activité lucrative qui permet à quelques diplômés chômeurs de joindre les deux bouts.

Comme il fallait s’attendre, le manque de lumière pendant la nuit facilite aux malfrats dans  l’accomplissement de leur sale besogne. Récemment, le ministère de l’énergie a annoncé la signature d’un contrat de location de groupes électrogène d’une capacité de 50 MégaWatt avec une entreprise britannique pour la fourniture de l’électricité à la capitale. Coût de la transaction: 11 millions $,  pour une durée de six mois  à compter du 31 août prochain. Cependant, un barrage hydroélectrique de 240 MégaWatt est en construction en ce moment à Kaleta. À en croire les experts, la mise en service de ce barrage va résoudre définitivement le problème.

Ladji SIRABADA, Côte d’Ivoire

BAPO : de l’énergie électrique au solaire, transition réussie

Le petit village de Bapo est situé dans le département de Jacqueville, à 6,5 Km du village de Akrou, qui lui est à 5km de la ville. Situé en bordure de lagune ébrié entre les pipelines qui drainent le gaz naturelle et les cocoteraies villageoises et faisant face aux villages de Taboth (devenu célèbre grâce au groupe Mapouka Taboth cadence et de Allaba (Sous préfecture de Dabou), Bapo était un beau village animé en raison de la présence de son bac et embarcadère à l’époque où la Société ivoirienne de coco râpé (SICOR) existait.

Aujourd’hui il se réduit à un simple village de deux rangés de maisons de fortune avec en son bout un cabanon en brique, hermétiquement fermé et dont la toiture supporte six (6) panneaux solaires. On peut lire à l’entre du village, 6,5km avant deux pancartes fières qui invitent à la découverte du village éclairé par l’énergie solaire.

Bapo, est fière de ses huit (8) poteaux électriques qui éclairent le village. Pour le moment, les ménages ne sont pas servis, mais au moins il y a de quoi éclairer les rues et les aires de jeux nocturnes des enfants, des gardiens de la nuit, des amoureux. Il y a même un hangar collectif où chacun peut profiter de la télévision et recharger son téléphone.

En optant pour cette source presque gratuite, Bapo s’inscrit dans la logique du développement durable certes, mais surtout, marque une transition très écologique et économique qui la soustrait des tracasseries d’alimentations en fuel du vieux groupe électrogène dont son électricité dépendait, et aussi de la dépendance d’une compagnie nationale, qui depuis quelques temps s’illustre par les coupures intempestives et gênantes. Ce type de projet d’électrification rural, se présente comme une alternative de remplacement à encourager dans le nord de la Cote d’Ivoire où de nombreuses zones sombrent farouchement encore dans le noir. Le Président de la République en à lui-même fait le constat et annoncé de nombreuses dispositions pour pâlier la situation à une date sine die. Paroles de politicien.

En effet, depuis 2010 la Cote d’ivoire, vit la galère des coupures intempestives d’électricité. Les motifs se résument à la vétusté de l’appareillage de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE) détenteur unique de droit de commercialisation de l’électricité grand publique dans le pays, au manque absolu de concurrence alors, à la forte demande de la poussée démographique liée aux migrations de la crise ivoirienne, aux sabotages des réseaux électriques pour les distributions et commercialisations illégales du courant…

Ces diverses raisons, doublées de l’incapacité à satisfaire tous les ménages, ont contribué en 2010 à l’exécution du politique de délestage programmé afin de satisfaire chaque région et chaque ménage. Ainsi selon des jours, des heures et des zones, l’électricité était distribuée pour que l’Etat garde sauve sa face.

Dans l’euphorie de crises électriques est né un personnage devenu célèbre de DELESTRON, l’anti héros du délestage qui se plait à couper le courant dans nos vies. Depuis 2013, de nombreux efforts de renforcements ont été effectues. Toutes fois, le malin héros de DELESTRON, n’hésite pas à frapper quand on manque de vigilance.

Photo(Crédit:Aly Coulibaly)

Photo(Crédit:Badra)

Ce personnage imaginé au bon moment, traduit l’indéniable malaise de nos Etats qui maintiennent les pays, sous le joug d’une dépendance d’entreprise coloniale, et du faible écho des efforts d’ONG qui s’échinent à faire comprendre et adopter les plans d’énergies alternatives. Il faut libéraliser le secteur et promouvoir les énergies alternatives. Le futur pourrait en dépendre.