Journée internationale de la jeunesse en RCI, mon mot aux jeunes et aux vieux

IMG_5984 - CopieMesdames, Messieurs – Chers amis,

Abidjan, 12 aout 2015. Canal du bois. Je voudrais vous signifier combien je suis heureux de me retrouver avec vous et vous remercier du temps que vous accordez à notre journée. Il s’agit de la Journée internationale de la Jeunesse. Une journée décidée par l’ONU depuis 1999. C’est une journée qui mondialement est célébrée. C’est une journée qui occupe particulièrement l’Afrique. La preuve, ce matin, RFI faisait l’écho d’une étude effectuée par un Institut Africain dans 33 pays du continent, sur l’implication des jeunes en politique et cette étude a montré que plus de 56% des jeunes touchés disent être impliquée d’une manière ou d’une autre en politique. On pourrait imaginer pourquoi ?

Normalement, c’est un jour de fête. Et la fête devrait avoir une allure nationale puisque tous les discours politiques laissent entendre que l’avenir, c’est la jeunesse ou la priorité ce sont les jeunes.

On dit que le 12 aout de chaque année est une occasion pour les jeunes d’attirer l’attention de la communauté sur les problèmes qui les concernent et de mettre en avant leur potentiel en tant que partenaire de la société. Cela veut dire que ce jour est un jour de DEMONSTRATION de notre importance, de notre SAVOIR FAIRE, de l’importance de notre place dans la société. C’est aussi l’occasion pour nous de réfléchir par nous-même sur ce que nous voulons de bon pour nous de faire des critiques sur les politiques qui nous concernent, mais aussi et surtout des propositions concrètes.

C’est donc pour cela que notre communication va s’organiser autour de DEUX (2) expressions : L’ESPACE CIVIQUE ET LES ENGAGEMENTS ASSOCIATIFS.

On va dire que l’espace civique :

  • C’est un espace de libertés et de droits. Mais il faut savoir qu’il n’ y a aucune liberté sans respects des lois en présence. C’est notre environnement de tous les jours : passé, présent et futur. C’est notre lieu de travail. C’est le moyen de transport privé ou public. Ce sont les façades de murs privés ou publics ou virtuels que nous longeons de manière différente. Ce sont les jardins et espaces verts où nous nous reposons et que nous respectons ou ne respectons pas…
  • Il peut être aussi cette espace collectif qu’on retrouve dans les associations, les organisations aux buts et missions divers. Ces groupements qui veulent par leurs bruits et silences ; leurs actions et non action impacter positivement le monde.

Dans tous les cas, c’est une partie essentielle de notre espace de vie, qui exige de nous un comportement citoyen et qui interpelle l’homme de se rappeler de ses devoirs citoyens.Le comportement citoyen invite au respect de valeurs conventionnelles qui déterminent l’équilibre social. On ne peut pas parler d’espace civique sans évoquer celle de citoyenneté. La citoyenneté se caractérise par des valeurs qui sont valables pour tous. On peut en évoquer au moins trois, traditionnellement attachées à la citoyenneté[1] :

 La civilité : il s’agit d’une attitude de respect, à la fois à l’égard des autres citoyens (ex : politesse), mais aussi à l’égard des bâtiments et lieux de l’espace public (ex : transports publics). Le civisme : il consiste, à titre individuel, à respecter et à faire respecter les lois et les règles en vigueur, mais aussi à avoir conscience de ses devoirs envers la société. De façon plus générale, le civisme est lié à un comportement actif du citoyen dans la vie quotidienne. La solidarité : Elle correspond à une attitude de fraternité et d’ouverture aux autres.

Ces trois valeurs donnent à la citoyenneté tout son sens en ne la limitant pas à l’exercice du droit de vote.Il est important de les respecter pour préserver l’équilibre social, mais aussi l’avenir de l’homme dans ce monde. Pourquoi ? Prenons des exemples douloureux et banaux.

Malgré les lois et les interdictions quelques-uns vendent et consomment les petits rongeurs, quelques autres passes par des chemins détournés pour faire rentrer de la volaille au pays…, le racket est une réalité . Les ivoiriens fument partout, continuent de téléphoner au volant, font commerce et usage des sachets…sans rien risquer…

Chacun de ces actes met en péril l’équilibre social et mondial. Chacun de ces actes est incivique et constitue un sabotage de l’espace civique. Chacun de ces actes compromet l’avenir. Il est donc utile de respecter l’espace civique au nom de l’avenir.

Ceux qui se sont associés se sont engagés à protéger l’espace commun. Leur engagement est à la fois un gage de mise en route du monde sur la bonne voie, mais aussi un moyen d’étoffer leur professionnalité. En s’engageant on se donne la chance de mieux se former et de mieux se préparer pour des fonctions futures.

Il est capitale pour la jeunesse ivoirienne d’avoir une expérience associative.On peut agir ensemble en s’associant en étant membre d’ONG, d’Association, de Clubs, de Réseaux…

Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, le grand problème de la jeunesse, c’est l’emploi. Avoir un emploi est un défi, une source d’inquiétude et de tristesse. Il parait qu’il y a plus de 4 millions de chômeurs dans ce pays. Il parait d’après un discours présidentiel que plus d’1,3 millions d’emplois a été donné. Ce qui inquiète dans ces chiffres, c’est que les jeunes diplômés ne s’y retrouvent jamais totalement. Alors on se demande dequel type d’emploi, il s’agit ?

On constate aussi que l’Etat fait du mieux qu’il peut. Des discours, des promesses. On a eu droit à des Assises réflexives et festives. On a dansé, on a chanté, on a réfléchi.

Aujourd’hui, le Gouvernement a particulièrement mis en place un Ministère délégué chargé de la Jeunesse et de l’emploi. Ce ministère a déjà organisé des actions. Il parait déjà que des milliers de jeunes en sont déjà bénéficiaires[2]. Mais si on observe bien, on constatera que le site du Ministre de la Jeunesse et sa page Facebook fonctionnent, alors que le site internet dédié à son ministère est encore en construction. On se demande si on est dans une logique du culte de la personnalité ou celle du service de la cause publique ? C’est une simple observation.

Cher amis. Je voudrais terminer sur ce point. La meilleure façon de compter sur les autres, de compter sur l’Etat, c’est d’abord d’apprendre à s’organiser, à se prendre en charge, à se former à la polyvalence. Aujourd’hui le monde a besoin de jeunes polyvalents. Si nous nous engageons dans des associations et dans des ONG, nous multiplierons nos chances d’accéder à ce que nous espérons, parce que nous serons toujours dans un environnement de la culture de la recherche d’idées innovantes pour un avenir meilleur. Le bénévolat, le volontariat sont autant d’action qui ouvrent des portes. Et des programmes dans ce sens existent. Que Allah nous bénisse.

[1]– Cette liste est établie selon un choix raisonné sur le site du Gouvernement Français.

[2]– Si on se fie au compte rendu du Conseil de gouvernement ténu récemment à Bondoukou sur le site du Ministre.

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