Les chinoiseries de l’émergence : Universités Bling Bling et le Wifi des Akpanis (Deuxième partie)

Une nuit à l'UFHB, les étudiants cherchent le Wifi (Ph.badra)

Une nuit à l’UFHB, les étudiants cherchent le Wifi (Ph.badra)

« Court après le vent, et tu attraperas des ombres ». Cherche le Wifi et tu seras akpani.

L’Université Bling Bling du « départ nouveau », a ceci de particulier, qu’il a créé une nouvelle espèce d’étudiant. L’étudiant chercheur geek aux attitudes de chauve-souris. Émergence obligeant, il a désormais soit un ordinateur portable dans le gros sac qu’il trimbale, soit une tablette chinetock ou originale et/ou un téléphone androïde d’une génération quelconque. Il passe son temps à se faire voir sur Facebook et à télécharger des films, clips vidéo, musiques… Il a l’air très occupé à chercher quand il a une de ces machines entre les mains. Il est In, et très choco. Il épouse et adopte les innovations de son temps. Fréquenter une bibliothèque, lire un livre sont les cadets de ses soucis, même s’il en a la volonté. De toutes les façons, il sait que internet peut répondre à toutes ses questions et préoccupations. En plus, avec l’effectif mortel connu des universités, il a la ferme conviction qu’aucun enseignant, en tout cas pas un au nombre de ceux qui sont déjà énervés par les revendications infructueuses, ne perdra le temps à vérifier les sources de quoi que ce soit. Cela est relatif. Il y a toujours des exceptions.

Le projet de connecter les espaces universitaires ivoirien est la preuve que nos chères universités ont évolué dans le sens où, comme il n’y a pas l’ombre d’une bibliothèque dans ce vaste territoire universitaire d’Abidjan, internet devient une solution alternative pour la recherche. A Cocody, les étudiants sont devenus les rivaux de leurs maîtres en la matière. Ils cherchent, non pas la science, mais le petit signal qui ouvre les portes du monde: le wifi.

Deux syllabes euphoniques qui égayent les cœurs. Au commencement, les signaux aux noms bizarroïdes et enchanteurs avaient envahi le campus. WifimoovUFHB par-ci, WifiorangeUFHB par là. Les noms des signaux étaient nombreux, mais le débit médiocre. Les étudiants ont dû apprendre la patience du chasseur chercheur. Le wifi qui était censé pouvoir connecter cinquante mille (50.000) étudiants à la fois, se trouve incapable d’en satisfaire au moins 1000. Il a très tôt montré ses limites en commençant à se faire rare comme l’eau dans les robinets dans certaines communes du pays. Dans le fond, c’était un appât à mettre au compte des iniques arguments brandis pour justifier l’augmentation des inscriptions. Les architectes penseurs de l’Université du « départ nouveau » ont pensé juste. Ils savaient que l’introduction de cet appât modifierait les comportements des étudiants ivoiriens qui commencent à s’intéresser aux TIC. Ils ont réussi à bluffer et berner les naïfs et l’opinion avec des signaux illusoires, qui certainement ont couté des millions reversées dans les comptes bancaires d’une de ces nombreuses entreprises crées pour la circonstance.

A Cocody, les étudiants cherchent le WIFI comme des Akpanis cherchent un arbre sûr dans la commune du Plateau. Des chauves-souris, ils sont devenus. Tous et toutes. Les Akpanis sortent la nuit. Les Apkanis, vivent en communauté. Les Apkanis chassent en groupe. Nos amis les étudiants aussi. Pour avoir le Wifi, il faut s’armer de patience et de courage. Souvent, faut-il faire du café noir son allié pour chasser le sommeil. Les quêteurs de wifi sont à la fois très matinaux et noctambules. Dormir c’est se pénaliser soit même car la loi premier arrivé, premier servi est une réalité aux lieux où le wifi se signale. Le wifi permet d’admirer un pan de la beauté de la grande mascarade de l’émergence universitaire dans son élan effréné d’interconnexion depuis son top nouveau départ. Devenus stoïques et insensibles aux piqûres des moustiques filles et garçons, jeunes et les encore nombreux vieux jeunes étudiants, dans toutes les positions dignes du répertoire kamasoutra, mais en mode recherche de wifi, se laissent aller.

Il y a quatre (4) coins points stratégiques pour espérer avoir le petit signal. Quatre coins lumineux qui attirent ces geeks comme la lumière attirent les insectes et les salamandres le soir d’une pluie.
#1 – Le premier point se trouve sous le perron de la Présidence de l’Université. On y trouve un wifi qui fonctionne le jour. Vous y trouverez des étudiants assis et concentrés qui captent de bons signaux sans pouvoir avoir le débit espérer.
#2 – Le second, est situé à l’esplanade du couple d’amphis A et B à la faculté de Biosciences. Parait-il que ces amphis sont connectés à d’autres amphis de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké. Surement ce motif justifie la présence du signal, presque net en ce lieu. Et grâce à lui, ces deux amphis n’ont plus besoin de Les étudiants s’y retrouvent entre 4h et 8h du matin, pour finaliser les travaux maisons avant l’heure des débuts de cours.
#3 – Le troisième coin est la devanture de l’amphithéâtre C de l’UFR Chimie-Biologie-Géologie, est dit-on la zone où le wifi serait stable. Pour cette raison, cette partie de l’UFHB est apprécié des étudiants friands de téléchargements.
#4 – Enfin, le coin, le quatrième et le plus populaire est à l’URF Mathématiques, salle de l’IRMA. Ce lieu ne désempli pas. La nuit le spectacle des écrans dans l’obscurité ressemble à celui d’un ballet stupéfiant de lucioles en chaleur. Le jour, ce sont les positions des hommes qui attirent l’attention de tout passant. Le Wifi y est très stable et la pelouse toujours bien tondu. Assis, debout, couchés, marchant ou arrêté, en solitaire ou en groupe, on y trouve toute catégorie d’individus : les étudiants normaux et anormaux, des policiers, des normaliens, des polytechniciens, des élèves, les cireurs, les petits commerçants…

Cette histoire de wifi ne doit pas être simple. Une chose est sure, dans les Universités, le wifi de très basse qualité occupe bien les étudiants qui n’hésitent pas à se priver de sommeil pour juste pouvoir se connecter. Peut-être que c’est parce que c’est gratuit, qu’il y a tant d’abonnés dévoués ? Ces derniers mois, de nombreux trous ont été creusé sur l’espace de l’UFHB et de nombreux tuyaux enterrés pour parait-il couvrir tout l’espace universitaire de réseau internet. En espérant que ce sera mieux, ceux qui n’ont pas de PC, vont au quai, attendre le bus. Là encore, un autre spectacle de souffrance acceptée se donne. A bientôt.

Des images…

Etudiants en quete de Wifi

Etudiants en quete de Wifi

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8 Commentaires

  1. Merci pour la visite guidée dans le monde des étudiants. La galère, c’est aussi bien concernant le wifi que le bus et ou le resto et les chambres. Tout est difficile à l’université sauf revendiquer.

    Amitiés

  2. Pour le tome 2, on retrouve ici encore un beau récit, une belle description du campus de l’Université FHB de Cocody surtout en matière de Wifi. C’est vraiment triste que la connexion internet censée être un acquis essentiel dans la formation des étudiants est pratiquement un leurre ou une luciole ( qui vient et s’en va).
    Mais, je déplore le fait, certains qui n’utilisent pas le wifi à bon escient (téléchargement vidéos, musiques, Facebook etc.) qui n’a rien à voir avec les études. C’est le paradoxe qui ressort.

    De toute façon, le Wifi STABLE doit être le minimum dans ne université dite « émergente ». Merci bien et bravo à toi pour ce billet, bien à toi !

    1. Merci Ben, tu dis juste. Quelques uns de nos amis les étudiants, passent leurs temps à telecharger et à etre sur les reseaux sociaux. Que veux tu? nos Residences n’ont ni cafés, ni de bonne salles de TV…Dans les bons pays emergents le Wifi te trouvent en chambre. Leurs solutions, se detendres les neurones en telechargeant un peu…Lol.Mais tu seras à la renverse quand tu veras sous quel QUAI, nos amis attendent le bus…Bien à toi et à bientot…

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