Le racket en Cote d’Ivoire, un problème têtu

Une scène de ménage entre policiers et conducteurs

Une scène de ménage entre policiers et conducteurs  (© Photo – Badra)

 

C’est un phénomène désormais encré dans les habitudes des personnes véreuses conscientes qu’elles ont un pouvoir quelconque. Le racket (ou encore les dessous de table, les mouillages de barbe, les frais de café et de bière…,) peut s’observer en direct ou en différé dans plusieurs milieux de la société ivoirienne. On peut se faire racketter, soit parce qu’on est en situation régulière ou pas (absence d’une pièce d’identité, ou d’un document de votre véhicule, ou à cause un flashage suspect de radar),  soit pour booster ou simplement faire accepter un dossier. On peu aussi se faire racketter, pour être admis ou voir votre malade admis aux urgences dans les différents CHU d’Abidjan. A l’ombre, les choses de l’ombre. Il faut être des les arcanes de ces lieux pour comprendre et voir comment, les choses se passent. C’est pourquoi, nous avons décidé de jeter un coup d’œil sur les acteurs du racket, qui ne s’en cachent plus. Il s’agit de celui des Hommes en Tenue.

 Les voyageurs sans papiers, les ressortissants d’autres pays, les propriétaires de véhicules à 2 ou plus de 4 roues ont au moins une fois été confrontés au racket des policiers, des gendarmes et des FRCI. Les premiers s’intéressent aux pièces des usagers des véhicules de transport en commun et du véhicule, tandis que les derniers s’improvisent contrôleurs d’identité. Pourtant on dit que c’est fini. Ce fut un moment, l’impression a eu avec grande joie. Malheureusement la période de crainte étant passée, les anciens démons ont refait surface. Et ce, malgré les nombreux efforts de l’Etat (création de Police militaire, de brigade anti racket etc.), la situation devient critique.  Le trajet international de la Côtière, par exemple, est l’un des théâtres où se déroule régulièrement de cette pratique. Corridors officiels ou improvisés, positions souvent incompréhensibles des Motards ou routiers, aucun véhicule ne traverse les herses sans laisser quelque chose, aucun usager ne peut faire le trajet, sans être importuné ou irrité. Un coup de sifflet, le véhicule s’arrête. Le conducteur n’a pas le choix et en Afrique, on a toujours peur des hommes en Tenue. L’agent de Police ou de Gendarmerie s’empare des pièces et s’éloigne ou le convoyeur les lui apporte. Dans les deux cas, le convoyeur descend en courant et revient. Aux corridors dressés, souvent anarchiquement sur cet axe (de 3 à l’époque (Km17, Dabou entrée et sortie), il existe désormais 9 sur un trajet de 120 km (Yopougon cimetière, Km17, Bimbresso, Carrefour Jacqueville, Dabou entrée et sortie, Toupah, Irobo, Grand-Lahou…)). Si vous avez le temps d’observer vous comprendrez ce qui s’est passé entre l’agent et le convoyeur. Dans d’autres situations les passagers payes tous les frais d’un contrôle d’identité. Le cas de l’axe de la Côtière n’est qu’un exemple.

Dans la ville d’Abidjan, les sachets bleus servent désormais aux policiers comme outils de collecte des documents confisqués ou expiré lors des contrôles de routines. Dans le cas d’espèce, les papillons qui sont remis sont repris ou détruit aussitôt que le propriétaire « parle français ». Ces images et cette petite vidéo disent long sur une pratique que les ivoiriens veulent voir disparaître.

Il y a aussi le racket des agents des eaux et forets. Ces messieurs sont la terreur des vendeuses de produits vivriers, de poissons, les propriétaires de bidons d’huile de palme, de crabes poilus etc. Si vous avez un sac de charbon, une glacière de fruit de mer, un régime de banane, un sac d’attiéké etc ;  que votre paquet soit destiné au commerce ou pas, soyez prêt à « donner quelque » avant de pouvoir continuer votre voyage.

Si éventuellement vous arrivez en Eburnie par la voie aérienne avec des nombreuses valises ou pas, vous aurez affaires aux autorités sanitaires, policières et enfin douanières de l’Aéroport Félix Houphouët Boigny. Ces derniers sont plus intéressés par le contenu et le volume de vos bagages. Leurs yeux brillent quand un avion se pose sur le tarmac. Leurs méthodes : soit l’intimidation, soit la négociation. Tout dépend de votre ora et humeur. Aussi des leurs. Avant même que vos bagages ne passent au scanner, certains veulent savoir le contenu. Si vous refuser, on considère que vous refuser de coopérer. Pourtant, la machine devrait vérifier et après, si c’est le cas, vous passer à la caisse. Si vous avez de nombreuses valises et que vous êtes au poste de contrôle douanier, vous pouvez être confronté à ce type de situation.

Douanier : Bonjour Monsieur, douane de Côte d’Ivoire. Qu’avez-vous dans vos valises ?

Voyageur : Des vêtements et des affaires personnelles…

Douanier : Vos vêtements sont-ils neufs ou anciens ?

Voyageur : heu…

Comme ci vous n’avez pas le droit d’avoir des habits neufs. Si vous continuez la conversation, il risque de faire appel à ses acolytes pour vous intimider et vous envoyer dans une chambre où vous assisterez à l’ouverture de vos valises.

Sur les routes, comme dans les points d’entrée en Eburnie, le citoyen lambda peut constater qu’entre les discours d’assurance des politiques et la réalité, il y a de grand rattrapage à faire. Pour parler comme le comédien Adama Dahico il y a une dizaine d’année, au cours d’une émission Tempo ; si rien n’est fait de sérieux et d’efficace, bientôt, « les scouts aussi iront siffler sur les routes ». Ce qui certainement est loin d’arriver.

8 Commentaires

  1. je suis parfaitement d’accord avec cet article sur la corruption, le racket mais tu sais qui parle de corrompu parle aussi de corrupteur et c’est le cas chez nous. que peut on dire du citoyens ivoiriens qui pour avoir un service rapide devant la lenteur administrative donne des dessous de table a l’agent afin de le corrompre. je vais m’arrêter là mais sache que c’est seulement un exemple parmi tant d’autre. le corrompu n’est pas le seul responsable de ce fleau.

    1. Mais qu’est ce que tu appelles « probleme de personne et de volonte »? Si on met une police des polices non corrompu pour surveiller les policiers et les douaniers, et sanctionner lesbrebis galeuses, tu verras que ca va diminuer.

  2. Pas faux !
    Il arrive qu’en Eburnie 1 plaignante décide de convoquer 1 personne puis se rétracte et décide d’annuler la plainte.
    Malheureusement comme le dit-on chez nous « Y’a pas match nul au Commissariat ou Gendarmerie ».
    Là les hommes en tenue vont te racketer mal mal.

  3. Bonjour, je pense que le racket n’est pas seulement les policiers, gendarmes et FRCI, les douanes des frontières particulièrement le bureau de Pogo où je suis passé avec ma voiture personnelle la tener vous bien les douaniers exsige à toute personne voulant entrer avec sa voiture immatriculée au MALI exsige de toi une somme variante entre 30.000 à 50.000 F CFA pour l’octroi d’une vignette touristique sur laquelle est marquée 00 F CFA.
    Nous souffrance de ce comportement indélicat des fonctionnaires des douanes . Selon les informations qui nous parviennent les Burkinabé et Nigeriens sont aussi victimes. Je profite de ce espace pour lancer un SOS à la brigade anti raket.. On se croit dans une époque de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire.
    Toute mes félicitations pour la facilité de circulation des véhicules immatriculés à l’étranger dans la ville d’Abidjan où je viens de faire un séjour de trois semaines sans tracasseries policières.

    1. Cher Monsieur. Merci pour votre visite. Vos observations sont justes et c’est en écrivant que progressivement nous attirons l’attention pour que toutes ces tomates pourries quittent le panier. L’histoire récente de la Cote d’Ivoire a fait naître une nouvelle espèce de corps habillés: ceux qui pensent qu’avoir fait une guerre est suffisant pour justifier leur mauvaises pratiques. Continuons de dénoncer. Le mal finira par partir.

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