Dakar vu par un ivoirien en 6 jours.

Article : Dakar vu par un ivoirien en  6 jours.
12 avril 2013

Dakar vu par un ivoirien en 6 jours.

Ha n’dakarou. Pour ceux qui ont lu Maimouna de Abdoulaye Sadji, comprendront. Dakar, capitale de la Teranga, est une ville étonnante et aux charmes multiples. De jour comme de nuit, il y a matière à voir et la ville enchante.
Dakar vue du ciel ( Crédit photo - Badra)
Dakar vue du ciel ( Crédit photo – Badra)

L’atterrissage de l’avion vous donne l’occasion de survoler le quartier Yoff, non loin de l’aéroport International Léopold Sédar Senghor de Dakar. De cet endroit, on admire déjà le fameux bijou de bronze. Ce merveilleux monument de La renaissance, dont les coûts de maternité ont fait couler beaucoup d’encres et de salives. Pourtant la statue est là, fièrement bâtie et de sa hauteur, elle supplante magistralement la ville. Belle, choquante par la dimension,  grise, lumineuse enchanteresse selon le moment où vous orientez votre regard vers elle. La, le grand bonhomme qui tient sa dulcinée par la hanche et porte son enfant à l’épaule, vous indique le chemin. La main pointée vers l’est, il semble vous dire « bienvenu, Dakar, c’est aussi là bas, c’est le lointain. Va, découvre ».

Cette étape terminée, la curiosité vous attire dans une ville coloriée ou aux nombreuses couleurs. Les murs, les véhicules, les habitants, les rythmes des mouvements, les tonalités…Les accents sont mélodieux, enroulés, le wolof est partout. Souvent même dominant ou effaçant la langue française. Le sénégalais approche l’inconnu, le visiteur, le client avec sa langue. Il ne fait pas de différence. Le Sénégalais de Dakar est actif. Il vaque à ses occupations quotidiennes, pour assurer la pitance. S’il ne le fait, vous le verrai s’adonner à des exercices sportifs en bordure de la mer qui berce les bords de la capitale et qui offre un décor pittoresque aux pensionnaires et clients des luxueux hôtels qui s’y sont implantés.

Passons, rentrons dans Dakar, explorons les profondeurs de ses rues sablonneuses, admirons ses véhicules de transport en commun. Dakar, ce sont de magnifiques taxis. Jaune et noir, souvent jaune. Cela s’explique part l’âge, la période de mise en circulation. Les anciens taxis ont une couleur double, les nouveaux, mis sur le marché grâce à des investisseurs iraniens, sont jaunes. En plus, ils ont des queues en forme des chasses mouches. Pour les uns, c’est de la décoration, pour d’autre cela sert à porter chance ou à protéger. Et oui, comme on le voit à la lutte, le gris gris est aussi partout. Tout compte fait, c’est une innovation à la sénégalaise. Et même si le taxi dakarois n’as pas de compteur, les prix restes flexibles. Il se discute, se négocie et on fini par s’accorder, puisqu’entre le client et la conducteur, le besoin reste à satisfaire. Il n’y a pas que les taxis, il à aussi des bus, ils sont bleues, couleur de la mer. Comme dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest, les bus sont toujours bourrés de monde. Et voila le bus rapide qui s’amène, cela me rappelle les Gbaka d’Abidjan, chanté par Daouda. A la différence ceux-ci sont superbement décorés, comme ci on les apprêtait pour un carnaval. Bienvenu à bord des Djaga Ndiaye ; des Dakar Dem Dikk, des Taxi Sister, des Tata, et des Car Rapide, mais aussi des charrettes, tractés par des chevaux, qui dispute la chaussée avec les véhicules motorisés.

Si vous vous lassé de ce décor où tout vrombi, laissez vous séduire par les dakaroises. Elles passent, repassent, vont et reviennent. Dans le vêtement, comme dans la démarche, tout charme ou est charmeur. On dit qu’au Sénégal, les femmes sont belles. Ce n’est pas faux et Allah seul sait, de combien d’artifice et d’arsenal de séduction, est constitué leur bunker de femme. Ha ces femmes, je les vois comme des gazelles en Jeans, en complet pagnes ; en boubou, avec des nattes et des tresses aussi imaginées, que la sveltesse de leur déhanchement et de la démarche. Furtives, élégantes, les Dakarois emmène dans le monde d’une Afrique où tout enchante.

Attention, n’admirez pas trop. Sinon, vous n’aurez pas le temps de faire attention aux commerçants ambulants qui vous abordent d’une manière ou d’une autre. On connaît partout, la réputation commerciale du Sénégalais. Ils vous présentent tout un bric à brac enjolivé de discours. Ils vous harcèlent  mais gentiment. Ils vous font des confidences, vous proposent des prix qui peuvent chuter ou grimper comme en bourse. Tout dépend de votre vigilance et de votre bagout en négoce. « Mon ami, viens, je te fais une confidence. Tend l’oreille, je te donne à 1000 fcfa, ne dit a personne ». Et ici les affaires vont bon train.

A Dakar j’y suis. Voila 5 jours. 5 jours que 51 blogueurs sont présents dans le cadre d’un atelier de formation des animateurs de la plate forme Mondoblog portée par l’Atelier des médias de Rfi. Je n’ai pas encore tout découvert. J’espère bien pouvoir y arriver si, bien sur, le temps me le permet. Mais pour l’instant, coté formation des mondoblogleurs, les glaces sont brisées et des affinités se consolident. Ici et là, ils se font remarquer. Casquettes rouges, ils encombrent et envahissent tous les espaces à la quête de sujet pour leur papier.

Je continue mon aventure avec mon binôme, Faty. Ha faty. Elle est mondoblogueuse activiste  malienne venue de Tombouctou. Faty, vu de loin m’a effrayé avec son aire de dame trop sérieuse et trop enfermé. Ses vêtements, comme ceux de ma mère. La femme musulmane de l’Afrique de l’ouest. Tresses fines, qu’elle recouvre au gré de ses humeurs et son enthousiasme. Avec moi, elle parle bambara ou bamanan et me précisant qu’elle est Sonray.  Pour la confidence, Faty, est tout ce que vous pouvez imaginer d’une femme engagée. Et si vous avez le courage de l’approcher, elle s’ouvre à vous. Encore, avec elle, je poursuis mon bon bout de chemin et quand j’arriverai chez moi, je serai riche de nouveaux collègues et amis. Et je pourrai raconter, N’DAKAROU, j’y ai été/

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Commentaires

Nathalie Kangami
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Joli récit Laadji, que de beaux moments passés ensemble :p

Aly Badra Coulibaly
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Yep, Natik, La diversité dans l'Unité. L'unité des point de vue sur nos villes. Oui, Dakar, reste Dakar et nous reviendrons/