Journée mondiale de lutte contre la désertification, le Nord ivoirien se fabrique son propre désert.

Nouvelle plantation, à Diawala

Beaucoup de bruits, peu d’action. Chaque 17 juin, est consacrée à la lutte mondiale contre la désertification. Une journée qui invite chaque homme à soigner sa relation avec la nature pour un meilleur avenir. Le thème de l’année : La terre a de la valeur, investissez-y! Une phrase programmatique qui s’inscrit dans la démarche des ODD, les objectifs de développement durable de l’ONU.

La Côte d’Ivoire a célébré cette journée dans la ville de Dimbokro, capitale de la région du N’zi située à environ 200Km d’Abidjan. Selon le reportage du 20h de la RTI1, la journée s’est résumée en deux actions : des communications et la plantation d’arbres. Classique et en grande pompe. Tous les agents de la protection de l’environnement ont été envoyés en mission à Dimbokro pour sucer l’argent du contribuable comme des vampires. Et pour quel résultat ?

Au même moment, dans le Nord ivoirien, les populations s’adonnent à des pratiques de découpes massives des quelques arbustes qui existentdans les savanes. Les besoins d’argent ont augmenté le rythme de l’abattage, soit pour construire, soit pour vendre. Soit pour cultiver soit pour transformer en charbon ou bois de chauffe pour des ménages.

De la ville de Tafiré à celle de Pogo à la frontière ivoiro-malienne, de Kanahoro à Korhogo, le voyageur rencontre le long de la voie des files de sacs de charbons et de gros tas de bois entassés. Ils sont destinés au commerce, ils attendent les acheteurs. En sillonnant le Nord de la Côte d’Ivoire ces derniers mois, j’ai fait l’amer constat de ces destructions sauvages du couvert végétal et terrestre. Cela au nom d’un commerce désastreux

Dans certaines zones, les arbres de karité ou de Néré sont épargnés, par respect pour leurs fruits. Tout le reste subit la furie des machettes, des hachettes, pour le plaisir des poches de quelques citoyens. Ont-ils le choix d’ailleurs, ont-ils conscience des conséquences de leurs actions ?

Partout, la forêt recule au profit de gigantesques vergers de manguiers, des plantations d’anacarde, de coton, de mais, d’ananas, d’hévéa…Chacun se bat, selon ses forces et relation pour s’arracher un morceau de terre et l’exploiter. C’est présenté comme de l’investissement. Qui passe nécessairement par la destruction de la faune et de la flore.

Pourtant, cette partie que demeure l’ultime zone tampon contre le sahel, (en dessous du 8e parallèle). Et dans chacune de ces localités du Nord ivoirien, les agents et bases des Eaux et Foret, de l’Office ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) et de la SODEFOR existent. La question est de savoir : Que font-ils au juste ?

Dans l’attente d’une réponse, les populations du Nord, appellent le désert, qui, à grand pas, arrive.

En images, la triste réalité :

Tas de Bois entre Ouagolo et Diawala

Photos: Aly Badra L.COULIBALY

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