Sohouo, un village moderne dans le Poro

Plaque indicative du village (Ph.ABC)

Ce titre est un abus de langage. Sohouo, est en effet un village de Côte d’Ivoire qui présente toutes les commodités requises pour rendre heureux le fonctionnaire. Le bâtisseur a donné à son village l’allure de sa vision.

Sohouo est un point sur une droite rouge, faite des routes droites comme l’autoroute. A 18 km de Korhogo, capitale du Poro, on s’y rend principalement en moto.

La seule route qui mène aussi à la sous-préfecture de M’bengué et à la mine d’or de Tongon compte deux barrages de gendarmes et policiers. Ces derniers créent des misères aux paysans à moto. Un racket sans scrupule camouflé par de gauches contrôles de pièces  »afférentes aux véhicules. » Honte à ces corps-habillés qui ne font que remplir leurs poches sur la souffrance de labeurs paysannes. Maudits soient ceux ou celles qui  »bouffent » cet argent: maîtresses, femmes, enfants, amis…

Mais la longue route rouge qui conduit à Sohouo connaît le plaisir de roues de BADJANS et de véhicules de mines portés par des portes-chars.

A l’entrée du village, un lycée, entre anarcadiers et arbres de Karité. Il est suivi par une cité d’enseignants, une mosquée, une église, un centre de santé, un camp des Eaux et Forêts, une vaste école primaire, la maison du commandant, une cité pour l’administration du lycée et une forêt d’eucalyptus.

Tout est bien pensé. La ligne rouge qui sert de boulevard à travers le village est jalonnée de pieds de lampadaires, comme à Yamoussoukro, la capitale politique… Elle est savamment tracée. Elle donne une fière allure à cette sous-préfecture.

Je suis émerveillé par l’ambiance à la cité des profs et la beauté des villas mise à disposition pour que chaque fonctionnaire soit heureux de faire son travail.

Comparé au village moderne de Kong, je dirais : « YA PAS MATCH ». C’est comme le jour et la nuit.  La cité des enseignants est composées de balles villas de 5 pièces avec une double cours, un garage, un terrasse, une clôture… Le bâtisseur ne demande à chaque occupant que la modique et symbolique sonne de 20.000 FCFA comme loyer. Onze jeunes vacataires ont été recrutés par le COGES et logés dans une villa pour palier le manque d’enseignants. Voilà que nous dirions  »l’argent est bon, mais l’homme, d’abord est mieux. » Combien de cadres de ce pays songent à investir dans son village comme le fait le député de cette circonscription? Combien d’hommes dans le gouvernement songent au confort des fonctionnaires qui sont affectés dans leurs régions?

A une époque, tous les ivoiriens parlais des efforts du Maire de Djékanou, M.Aboulaye Diallo, de l’exemple de Soubré avec la famille Zadi Kessi, des exploits du père fondateur, Felix Houphouet Boigny à Yamoussoukro… Mais à Kong? Qui se préoccupe de la vie des fonctionnaires? S’y rendre est une épreuve déjà. La route est très mauvaise. Les véhicules de transport, éprouvés par les routes mal reprofilées, sont poussifs. Le logement, déjà rare, est construit sans styles, sans plans ni vision… Vivre à Kong est une épreuve qui ne dit son nom.

A Sohouo, en revanche, j’ai vu de jeunes filles parlant sénoufo en chœur se rendre à l’école sur des bicyclettes, à coups de pédales synchronisés. Les élèves dans leurs kakis sont polis et moins arrogants que ceux d’où je viens.

Et on dit que le boss, un menuisier à la base, député à l’Assemblée, fait de son mieux pour permettre à chaque visiteur de repartir avec une bonne impression.

Tout le monde parle de Sohouo en bien. Il n’y a certes pas de marché, seul couac, mais y vivre est paisible.

A Sohouo, des plantes du Sud poussent et s’épanouissent : bananier, manioc, papayer…

En images

Sohouo, sous l’angle d’une moto…

Depuis Napié, je continue ma descente…

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