Législatives 2016, entre transhumance politique et migration stratégique : d’Abobo à Cocody

Affiche de Campagne ABL à Cocody (Ph.ABC)

NB : Ceci est une lettre d’opinion – rien de plus – écrite dans un Café-Woyo, à Abobo. Les noms de lieux et personnes sont imaginaires et relèvent de la pure fiction. Toutes ressemblances ou allusions ne sont que purement accidentelles. Rien de plus.

Dans quelques jours, les campagnes pour les législatives seront ouvertes. La ministre et député d’Abobo, A. Bamba L. est candidate RHDP, à Cocody. On l’a appris tous officiellement, même si de nombreux signes, l’indiquaient clairement : son rôle de coordinatrice RHDP durant les dernières élections présidentielles à Cocody, puis l’opération de balayage. Facebook, a montré une candidate initiant la même action en France, les jours qui ont suivi, les politiciens ivoiriens, ont fait un copier-coller, « sauvage » l’action, sans innovation. Ha droit d’auteur hein !

Le temps des campagnes s’annonce. Des gestes insolites et inhabituels s’observent chez nos politiciens. Tantôt celui-ci se rapproche des populations, tantôt celui là va faire des dons ou fait semblant d’aider les vielles personnes à traverser la route. Chacun y vas de son imagination. Les photographes accompagnent l’action et les réseaux sociaux sont inondés de photos réalisées par des metteurs en scène spécialisés en communication politique. Ce métier, n’est point pour les amateurs.

Dans ce branle bas, on a pu observer certains mouvements. Des dissensions, des éjections du Gouvernement au niveau des députés et hommes de pouvoir d’Abidjan. Notre honorable, ministre et porte-parole adjoint du Gouvernement, A-Bamba Lamine. D’Abobo le quartier pôtôpôtô, elle a atterri à Cocody, le quartier des chocos.

Transhumance politique ou migration stratégique ? Qu’est ce qui peut pousser un élu à abandonner sa zone pour une autre ? Qu’est ce qui accroche tant nos ministres, qui cumulent déjà plusieurs fonctions, au statut de député, sachant bien que ministre de la République, ils ne siègeront jamais à l’Assemblée nationale ? Il faut donc lui faire une lettre, pour lui exprimer notre regret de la voir partir, et de l’observer nous abandonner. Nous les abobolais 100%, les inconditionnelles du ADO ou rien. Nous autres les sacrificateurs oubliés. Mais comme on le dit, allons seulement, ça va aller

Surement, la salissure de la commune, les eaux salles ruisselantes de Bocabo, Marley, Derrière Rail, Château, Plaque, Gros pneu, Carrefour Bakary, carrefour Lo (le) Gros… sont-elles devenues si répugnantes que notre honorable a préféré quitter la masse pour espérer être l’honorable – au soir des futures échéances législatives – des gens raffinés, aux voitures luxueuses, aux maisons cossues, les gens d’en haut, du quartier présidentiel ? Je fais allusion à ceux, qui au moment des jours chauds d’Abidjan, avaient les moyens de faire sortir par  avion, ou n’importe quel moyen, les leurs, ceux qui leurs sont chers.

Qu’avez-vous fait de si mal, Abobolais, pour qu’une telle migration, fusse-t-elle justifiée, s’opère? A Abobo des jeunes ont défié, chars ravitailleurs, l’invisible commando, ils ont inquiété de téméraires soldats et lanceurs à distance, de roquettes dans les marchés. Abobo, le territoire à pacifier, a résisté à toutes les armes. Toutes les tentatives macabres ont été vaines.

Opération de nettoyage à Cocody (Ph.DR Fancebook)

Le peuple dans ses larmes, a vu l’espoir dans votre sourire. Vous, la porte-parole. L’élégante, Maitresse des barreaux de l’hexagone devenue Lamine d’un jour à l’autre.

Lamine : Un nom de chez eux, qui se confond avec des sonorités qu’on entend à la Casse, au Rond Point, à la Gare, à Samanké, quand le furieux maitre du volant des gbakas, hèle son lent apprenti. Lamine, un nom si familier et si proche de ceux des habitants de ces quartiers, qui n’ont point hésité a se mobiliser au lendemain de l’accession de AO au pouvoir et qui ont cru vous avoir,  pour leur défense.

Vous voilà ministre. Puis porte-parole du Gouvernement. Mais aussi député d’Abobo. Les nouveaux habits et les bons parfums, ne vous autorisent-t-ils plus à salir vos talons dans les rues boueuses d’Abobo ?

Le non ne serait point l’idéale réponse. Sans dire pourquoi au citoyen lambda, vous êtes partie, à la conquête du quartier des chocos, de votre nouveau lieu d’habitation, défier Yasmina O, fille du père.

Député d’Abobo, vous n’y avez surement jamais pris un déjeuner. D’ailleurs aucun restaurant de cette commune ne pourrait être à la hauteur de vos nouvelles responsabilités républicaines. Le protocole, malgré votre bonne volonté ne le permettra jamais.

C’est surement une stratégie du parti qui vous oblige à relever ce nouveau défi. Mais pourquoi vous, toujours vous et non jamais d’autres ? L’argument selon lequel un ministre est une garantie de mobilisation, en l’espèce ne pourrait tenir. Mais bon, le parti en a décidé. C’est la volonté du Prado. Qu’elle soit donc faite. Elle l’est déjà en acte. Elle montre aussi que tous les régimes qui se sont succédés, l’en-farinade est le trait commun.

Le fait qu’un élu change de circonscription d’une législature à une autre, peut être interprété et traduit non seulement comme l’expression de sa mauvaise fois, mais aussi du mépris pour le peuple qui a porté sa confiance en lui, et pour parler comme chez nous, c’est foutaise même. En politique, même s’il y a l’intérêt qui prime, le politicien doit souvent se montrer digne. Un « je suis parti, mais je n’oublie pas mes origines » placé à souhait dans des médias est déjà une signe de manque d’égard. Comment celui qui ne lit pas de journal pourrait le comprendre ? Mais bon, c’est aussi cela, les enseignements de l’ivoirien nouveau.

Faire donc la plaisante ici et là relève de la singerie politique symptomatique d’une crise morale de l’individu, qui ne veut que ce qu’il veut, peu importe ce que les autres vont ressentir.

Va d’Abobo à Cocody. Nous seront d’ailleurs voisins. Fille de chez nous. Nous conjuguerons Lamine au passé : elle fut, elle a été, elle était… Mais aujourd’hui, elle est député de Cocody. Que c’est beau cette fin.

6 Commentaires

  1. Une chose est sure,certaines stratégies ne fonctionnent pas forcément. Surtout quand cela laisse échapper une forte odeur de « je m’en fous de vous » ou encore « l’essentiel est d’y arriver peut importe comment ». Avoir la majorité à l’hémicycle est souhaitée, mais entre nous, quand on a été élu dans une zone, si on dit avoir été à la hauteur des espérances, pourquoi changer de zone? Cela cache bien quelque chose hein! N’est-ce pas Aly Coulibaly ?

  2. Cette prostitution géographico-électorale est le témoignage de deux réalités politiques puantes dans notre cher éléphantkro: elle traduit en premier lieu le voyouïsme politique qui diffuse le parfum d’un je m’en foutisme aberrant au grand dam du peuple. Et en second lieu, elle exprime la dégénérescence d’une conscience en pleine putréfaction dont la puanteur remonte jusqu’au cerveau d’un peuple au bec hermétiquement cloué s’étouffe par ses propres sanglots.

    1. Ha babeth
      Que veux tu que je fasse? c’est le lexique à la mode ho. selon la mouvance. Ce gouvernement est bouré de personne de peu de scrupule. je ne pense pas que sn poste soit menacé. dans tous les cas, tu as deja entendu le communiqué de Bruno, c’etait pas l’affaire du Gouvernement, c’etait à la CEI de reagir

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