Bouaké, ville neuve aux p’tits défauts

Ville de bouaké. Fresque du peintre. Photo extraite du livre, naissance d'une nation. (Photo.ABC)

Ville de bouaké. Fresque du peintre. Photo extraite du livre, naissance d’une nation. (Photo.ABC)

Pour ceux qui n’en savent rien, Bouaké est la deuxième plus grande ville de la Côte d’Ivoire. Situé au centre du pays, et capitale de la région du Gbêkê (en Baoulé, langue locale, cela signifie poisson fumé/ sec), Bouaké est connu pour ses ignames, sa gare de train, son marché de Gros, ses usines de Gonfreville, ses centres culturelles (Jacques Ackah, St. Viateur…), son festival…mais aussi pour avoir été le bastion sédition militaire ou rébellion ivoirienne qui à durée 10 longues années.

Une rébellion, dont la but était de rendre tous les ivoiriens libres et égaux, de mettre fin aux inégalités sociales et aux injustices dont certains ivoiriens étaient victimes. Selon un propos de M. Soro Guillaume, ancien Secrétaire General du Mouvement pour la paix en Cote d’Ivoire, au cours d’une conference de presse, rapporté par l’artiste Justin Oussou, dans son livre Naissance d’une nation, expression plurielle sur la crise ivoirienne, P.41, édité par l’ANCI, « La cote d’Ivoire connait la guerre, mais cette guerre, nous l’avons entamé parce que nous voulions que nos populations vivent dans la liberté, la sécurité et la paix. Nous ne voulions pas que les ivoiriens soient divisés, qu’il y ait un ivoirien à 100% et un ivoirien à demi pour cent. »

Ainsi le but de la guerre fut la liberté. Raison noble vu qu’elle est une loi fondamentale, qui retirer à un humain, le plonge dans la servitude, dans le désespoir qui conduit à la déchéance, à la mort. Durant les chaudes périodes de crises, Bouaké, tout comme l’ensemble des zones occupées par les Forces nouvelles ou rebelles, a stoïquement porté, comme une mère, la douleur des coups de feu visant l’enfantement de la liberté, qui ne fut sans déplacements des populations fuyant la mort. Les infrastructures ont ployé soit sous le coup des canons, soit après le passage de nombreux pilleurs. Bouaké se résumait, à entendre les radios étrangères, en un lieu de désarroi, de point chaud de combat, d’alerte…

Mais aujourd’hui, la ville semble avoir oublié ces moments de douleurs. Le centre ville est animée et gai. Klaxons des automobilistes et musiques assourdissantes des maquis, bar, café…rivalisent. Des nouvelles compagnies de transport jouxtent de grands magasins. Même si des bâtiments gardent encore des séquelles et cicatrices de la crise, que même des coups de taloche de maître maçons togolais, n’ont réussi à maquer, Bouaké vit, chante, danse, murmure…Les grandes rues sont enjolivées d’énormes panneaux publicitaires, les écoles, les universités, les commerces bourdonnent dans tous les sens. Le vrombissement des motos taxis qui accélèrent, ralentissent au rythmes des feux tricolores ne cessent de captiver et inquiéter les piétons. Ils noient presque le visiteur dans ses recoupements de bout du passés. Les dames sont belles à voir vous dépasser sur leurs motos neuves, poitrines suavement bombées et croupes  bien mises en évidence. Les hommes à motos bi ou tricycles, vont et viennent. S’arrêtent, discutent repartent, planent, esquivent. Les policier surveillent, sifflent, constatent, poursuivent… Les motos ont envahi  cette capitale. Elles portent, transportent dans tous les sens.

La ville à retrouvé son élan vital. Les nouvelles villas sortent des rue, la ville s’agrandi à perte vue. N’dakro, broukro, Tchelekro, dans ces quartiers périphériques parmi tant d’autres, les broussailles ont laissé la place à des villas cossues. Les grandes rues bitumés semblent rappellent les voies des courses automobiles, les habitant ont le choix entre le taxi motos et le taxi réel. L’immense enceinte de la mairie suggère la finition de l’énorme bâtiment qui depuis des années lutte contre la décrépitude…

A Bouaké, tout semble aller pour le mieux, et c’est tant mieux. Toutefois, comme toute belle femme, la ville cache quelque défaut que les dernières pluies ont vite fait de dévoiler. A Bouaké, il n’y a pas d’infrastructures d’évacuation des eaux de pluie, qui érodent les allées et menacent souvent les fondations de nombreuses clôtures de concessions. Surement les autorités ont déjà envisagé de nombreuses solutions à cette situation.

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