La Côtière ou la route 66

Une route toujours en chantier (Ph.ABC)

Une route toujours en chantier (Ph.ABC)

S’il vous arrive en de venir en Côte d’Ivoire, n’hésitez pas à voyager par curiosité sur le fameux chef-d’œuvre dénommé Côtière. Vous aurez l’impression d’être un acteur de films hollywoodiens sur la route 66. Si le diable et les revenants, vous ne les apercevez point, vos fesses en auront pour leur compte et votre chauffeur sortira de ce périple avec les qualités et l’entraînement d’un pilote prêt pour le Paris-Dakar en Chili. La Côtière est une route internationale ivoirienne de plus de 600 km longeant le littoral. Elle part d’Abidjan capitale économique et finit aux portes ivoiriennes du côté du Liberia en traversant presque toutes les villes historiques du sud du pays de l’Est à l’Ouest : Dabou, Grand Lahou, Fresco, Sassandra, San Pedro, Tabou. Voyager sur cet axe par lequel le bois et le cacao ivoirien transitent en direction du 2e port du pays est l’équivalent de faire son chemin de croix. La raison est simple : la Côtière est en mauvais état, pleine de nids de poules ainsi que de nombreux trous laissés par des entreprises de bitumes ayant obtenu des marchés de réparation. Les Ivoiriens et usagers de cet axe savent que la Côtière est un axe du calvaire. Le président de la République lui-même n’a pas voulu se rentre compte de cette évidence ou ne voulait pas vivre les péripéties que les pratiquants de cette voie affrontent, en se rendant à Lahou pour sa dernière visite d’Etat. Il a préféré faire le trajet Dabou – Grand-Lahou en hélicoptère. C’est aussi une drôle de façon pour les politiques de vivre et comprendre la douleur des populations.

Les entreprises désignées pour exécuter des travaux de réparation sur cette voie n’ont en réalité, fait qu’empirer la situation. Dans le fond et en dehors de quelques-unes, aucun n’avait réellement l’expertise et l’expérience du bitume. En parlant de réparation, elles se sont contenté gauchement de creuser des trous ici et là, agrandissant les nids naturels de poule en les colmatant avec du grava arrosé d’un liquide noirâtre dit de goudron. Quand on sait que le gré à gré existe dans l’octroi des marchés publics, on se demande si dans le fond c’est qui du développement ou de l’engrangement de sous par quelques individus qui importent. Sous l’ère ADO ou AO – on ne sait finalement que dire -, au moins cette voie a fait l’objet de trois rafistolages. Avant l’ouverture de l’Autoroute du Nord, des travaux étaient en cours, les résultats sont catastrophiques. Ensuite, avant l’inauguration du pont de Jacqueville, l’axe Km 17 – entrée de Dabou à connu quelques retouches à durée éphémère. Les résultats après le passage du Pr déboussolent. Enfin, jusque avant que le PRADO ne se rendre en visite d’Etat début aout 2015  à Dabou et Grand-Lahou, la voie était encore en chantier. Depuis, les on-dit racontent qu’ « après les élections » les chantiers reprendront de plus belle pour le bonheur des comptes des gens du circuit, en attendant, les usagers et riverains doivent stoïquement supporter poussières et zigzags.

La cotiere, un chantier toujours inachevé (Ph.Badra)

La Côtiere, un chantier toujours inachevé (Ph.Badra)

Il est temps que l’Etat face des audits sérieux des travaux réalisés afin d’obliger les entreprises soit de rembourser la totalité des fonds décaissés, soit de reprendre intégralement à leurs frais les travaux sous peine de poursuite judiciaire. Soyons sérieux, il ne faut pas se foutre du contribuable. Un pays qui veut être développé ou qui se dit réellement « émergent » devrait miser sur des travaux de qualité livrable et non des infrastructures extraordinaires aux pieds d’argile, qui dès leurs livraisons en pompe tombent en lambeaux ou commence leur cycle de décrépitude.

 

 

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