Cocody  »carrefour la vie ». Chassés de leur gare improvisée, les taxis banalisés s’installent  »légalement » sur les trottoirs

Une gare insolite qu carrefour la vie de cocody

Une gare insolite qu carrefour la vie de cocody (Ph.ABC)

Quand on dit que la politique est une mascarade, on ne dit pas forcement faux. C’est d’ailleurs – sous nos tropiques – le lieu où chacun cherche et protège son intérêt. On peut dire que les autorités politiques et policières de la commune de Cocody à Abidjan se foutent de la gueule des ivoiriens. Et pour cause, une anarchie inqualifiable s’est instaurée  »officiellement » sur les trottoirs du  »carrefour la vie » de ladite commune à la vue et au su des autorités municipales et avec la complicité des policiers qu’on a l’occasion d’y voir.

Il y a quelques mois le maire de Cocody avait pris la vigoureuse mesure de mettre de l’ordre dans l’univers du transport et des gares anarchique dans sa  commune. L’acte annoncé – comme à l’habitude des politiciens de ce pays en fanfare – consistait à mettre fin au règne de quelques individus qui installaient des gares routières à quelques endroits propices. Les déguerpis de l’ancien espace sportif, bon gré mal gré transformé en centre commercial et en gare, entre 2005 et 2011, se sont réinstallés grâce à une main invisible, dans  le ravin, coté SODEFOR du Carrefour la vie, précisément à l’endroit où l’entreprise LEV avait installé ses containers pendant ses travaux de d’aménagement  du bassin entre l’école de police et la paroisse St. Jacques de Cocody.

Pour l’opération du Maire, police et médias ont été mobilisé. Les meilleures fanfares aussi. Qui est fou. Il y a eu des tentatives  pacifiques puis d’autres musclées pour la libération de l’espace. Il y a eu de la ruse et de la résistance. Les menaces et déclarations ont fusé de toutes parts. Chaque camp semblait déterminer : le maire à fermer la gare, les conducteurs à ne pas se laisser aussi facilement chasser et la police (nationale et/ou municipale) qui – gagne ou perd, c’est selon – à faire son travail avec efficacité. Et a cette époque les journaux affichaient des titres vigoureux dignes d’annonce lutte sénégalaise entre Bambardier et Bombardeur. On lisait entre autre ceci : « le maire annonce des fins de l’anarchie », « bras de fer entre le maire et les syndicats », « affrontement entre transporteurs et policier », « le maire annonce des mesures strictes le lundi ». Il ne manquait pas les réactions des contrevenants indirectes des actions du maire. Et encore les titres parlaient d’eux mêmes : « la police sabote l’action du maire »,  » Le maires accuse les policiers de boycotter son opération », « Les populations mécontentes de l’action du maire »,  » opération saboté, le maire accuse la police »…Bref tout le décor pour des reportages chocs était planté. Les titrologues étaient au rendez-vous chaque matin pour voir les épisodes annoncés du bras de fer qui mettait en action le maire de Cocody, les chefs de gare.

Après des jours de pression, la fameuse gare du carrefour la vie est fermée; barricadée même par une clôture précaire de feuille de tôles. Pour veiller au respect de la mesure, une horde d’hommes en uniformes noirs, des CRS, faisait le guet chaque matin pour interpeller les conducteurs têtus qui jouaient à cache-cache encore afin de gagner leur pitance. Chaque matin les conducteurs revenaient se mettre en file sur le trottoir de l’axe ‘’avant le feu’’ allant vers le boulevard Latrille. Quand ils sont délogés ou chassés de ce trottoir, ils tournaient pour s’installer sur celui de l’autre. Ainsi pendant quelques jour ce jeu de malin et malin et demi s’observait entre conducteurs et policiers simulant hypocritement de faire leur travail.

Les nombreux matins qui ont suivie l’action du maire, n’empêchaient pas les clients et habitués de cette gare de taxis banalisés – devenus normalisés et légaux malgré leurs tristes histoires – de se présenter au point d’embarquement pour se rendre à leur lieu de travail. On lisait la tristesse dans leurs regards et l’énervement dans leurs mouvements chaque matin. Les tchrouuus de malédictions s’entendaient en échos synchronisé. Comment se rendre au travail, sans ces véhicules. Au delà en effet de leur illégalité (décriée sans succès par les propriétaires et syndicat de taxis compteurs), les services qu’ils rendent à la population abidjanaise sont incommensurables. Et les hommes politiques ont fini par laisser le phénomène s’institutionnaliser. Il est même à la base de nombreuses importations de Toyota Picnic. Bravo l’évasion fiscale, bravo l’enrichissement de quelques uns, bravo la concurrence déloyale aux taxis rouges.

Le maire n’a surement pas eu le temps de savourer sa victoire. Ou a fini par capituler face à  la témérité des taxis banalisés. On dit que le chien ne change pas ses habitudes. Les transporteurs on fini par trouver des accords – non écrits, secrets – avec leurs amis et complices de la police. Sinon qu’est ce qui justifie encore leur présence ? Au début, ils chargeaient rapidement sur la chaussée en profitant d’un feu rouge. Les clients se ruaient sur la chaussée dès qu’ils en aperçoivent un qui dessert leur destination.

Aujourd’hui, les choses sont officielles ou officieusement officielles. Une gare s’est installée sur les trottoirs du carrefour la vie de Cocody, mettent ainsi en danger la vie des piétons qui se trouvent obligés soit de partager un bout de la chaussée avec les véhicules en circulation, soit de se faufiler entre les véhicules illégalement et dangereusement stationnés. Chaque matin, donne l’occasion d’observer sur le terre-plein entre deux voies, un véhicule de la police nationale, Dieu seul sait pour quelle raison. Chaque jour donne aussi l’occasion de voir des policiers municipaux singeant de chasser ces chauffeurs qui n’affichent aucune inquiétude. Dans un pays sérieux, la présence de ces véhicules en cet endroit ne pourrait être tolérée. Aucune autorité ne réagit. Voila la Côte d’Ivoire très en chemin de l’émergence. Un pays où les autorités souvent pour distraire la tranquillité des citoyens, des autorités lancent des opérations bruyantes et des mesures  dont la durée dépasse pas celle d’une paille face au feu. Bravo Monsieur le Maire, l’opération a pertinemment eu du succès. Bravo à nos chers policiers en présences, nous ignorons encore la raison de votre présence en ces lieux chaque jour. Bravo à vous brave conducteur de taxis banalisés, votre courage et votre témérité permettent à l’ivoirien émergent d’aller là ou il veut avec ses moyens émergents. Shaloom.

2 Commentaires

  1. Merci cher compatriote pour ton billet. Toi au moins, tu continues de décrier cette situation anormale devenue presque, une norme du côté de la commune au mille merveilles. J’ai foi que les choses changeront un jour, surtout avec des gens comme toi, qui ne manquent pas de crier halte face à ce genre de comportement rétrograde auquel on assiste au fil du temps !

    A plus !

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