Chinoiseries dans l’Université Bling-Bling (5e partie): La bourse d’étude et le secours financier, de grandes énigmes

L'argent et le diplôme. Ph.google.

L’argent et le diplôme. Ph.google.

La bourse en Côte d’Ivoire, c’est le Kouadio. Les anciens savent le sens et l’histoire de ce synonyme. Cette affaire de Bourses et d’aides financières est une grande énigme. Logiquement et avant tout c’est une histoire de mérite, de chance et de réseau car, dans ce monde, tout est possible. D’Henri Konan Bédié (HKB) à Alassane Ouattara (AO ou ADO) en passant par Guei Robert (BoB) et Laurent Gbagbo (LG), les bourses des étudiants n’ont pas eu l’honneur et la chance de suivre les courbes des slogans en vogue à l’ère de chacun de ces historiques Président de République ivoirienne. Les bourses n’ont pas progressé, pourtant sous Bédié le progrès devrait assurer le bonheur de tous, sous Guei, elles ont échappé aux ballais ; sous Gbagbo, elles n’ont pas été refondées. A l’ère d’AO, elles n’ont pas encore emprunté, malgré les péages augmentés, les autoroutes et ponts de l’émergence.

Bien au contraire depuis la mort du père de la nation Félix Houphouët Boigny, Bourses d’étude et Aides financières sont devenus moins fréquentes. La fréquence de payement des bourses et allocations universitaires est passée de la mensualité à l’annuité ; du mois à l’année. Au lieu de venir comme un bon cycle menstruelle mensuellement pour permettre à l’heureux étudiants qui l’a de vivre décemment et d’être moins inquiet, elles viennent désormais une fois par an, comme des hirondelles et toutes cumulées, pour évacuer les dettes cumulées que l’étudiant bénéficiaire est obligé de contracter en gagent sa bourse qui va venir, mais Dieu seul sait quand?

Pour ceux qui s’interrogent sur le montant des bourses ivoiriennes, elles se présentent selon 3 paliers : 1ere et 2e année 240.000FCFA en raison de 20000/mois ; Licence 3 et Master 1 : 480.000FCA en raison de 40.000 FCFA/mois et du Master à la dernière année de Thèse, 60.0000 FCFA en raison de 50.000FCFA/mois. Obtenir la bourse exige d’avoir le courage et la patience et la persévérance que doit avoir le turfiste ou le joueur de loterie, mais aussi et surtout de consentir à beaucoup d’effort de travail. Pour bénéficier d’une aide, il faut compter sur la chance ou et surtout les réseaux. Si les conditions d’obtention des bourses sont liées à l’excellence des résultats académiques, les conditions d’obtention des aides restent encore floues pour tous ceux qui ne sont jamais rentrés dans le secret de l’organisme d’attribution qui est la Direction des orientations et des bourses (DOB).

Les réseaux kif kif des Arsène Lupin du système…

Depuis quelques années le système des demandes des bourses et aides universitaires est informatisé. La DOB, il faut le dire est à féliciter pour cet extrême effort de modernisation. Ce système permet de contrôle, mais aussi d’éviter les doublons. C’est-à-dire à une même personne d’obtenir deux fois la bourse la même année. Cela se peut pour diverses raisons et statut de ces personnes. Mais il y a toujours des gens qui veulent obtenir ce à quoi ils n’ont pas droit et ce par tous les moyens qui s’offrent à eux. De même il y a toujours des gens dans l’administration qui sont prêt pour des pourcentages allant de 20% à 80% de la somme aue l’étudiant percevra. Pour garantir qu’ils ne seront pas doublés par ces derniers, des documents originaux, comme les diplômes sont confisqués ou des reconnaissances de dettes – sans motifs spécifiques –  sont signées. Et gare à l’étudiant qui se jouera les Petit Bodiel. Le système est bourré de véritables dealeurs. Des voyous qui volent, rançonnent avec l’élégance d’Arsène Lupin et la maladresse du blackiste sorti d’une prison de la Capitale. Ils sont capables autant capable de vous rendre heureux en reprenant le gros de votre bourse, mais aussi de faire disparaitre les bourses des longs absents sans que personne ne sache qui a fait quoi.

Les images éclatées des acteurs du système

On peut ainsi identifier les Gourous qui font le réseau. Généralement ils sont les bureaux de la DoB. Tout le monde le sait, mais il n’y pas de preuve. Ils y a les démarcheurs et rabatteurs, qui ont toujours des réseaux. Ce sont les petits des gourous, des syndicalistes véreux… Il y a les Opportunistes  qui profitent de leur appartenance à des groupements d’étudiants, notamment le groupe des handicapées, et qui sont prêts à même faire passer des personnes sans handicap pour les leurs. Enfin, il y a les Clients et les Clientes du système. Les prêts à tout. Mais, il faut aussi comprendre que les coûts des fascicules imposées par les enseignants, les coûts augmentés des inscriptions, des chambres en résidences universitaires, des repas sur le campus, des nombreuses difficultés que connaissent les étudiants,…ne leur laissent point souvent le choix.

Les vautours du système

Faux dossiers, fausses signatures, argent disparu. Volatilisé. Ce qui se passe aujourd’hui à propos des primes des Éléphants footballeurs, existe aussi au niveau des Bourses et aides universitaires. Il y a des vautours qui font disparaître mystiquement des bourses d’étudiants qui ne pointent pas présent au moment du payement. Des vautours. Ces charognards dont les complices sont dans l’ombre montent de faux dossiers pour faire du mal à des étudiants. Cette année 3 amis ont été malheureusement victimes de ces bandits de nos administrations. De faux dossiers ont été montés pour le retrait de leurs bourses à leur place. Et quand ils se sont pointés au guichet, avec tous les documents qui les autorisent à entrer en possession de leur dû,  tout heureux, tous les calculs faits, tous les projets dessinés au prorata de la somme à retirer, PATAPOUF. Tout a chamboulé. L’argent avait déjà été retiré pour eux, mais en inconnu. Et tous les faux documents à eux présentés, prouvaient belle et bien qu’ils avaient retiré le fric. Et pourtant il n’en était rien. Ils ne savaient rien. Ils ne s’étaient même jamais présentés au guichet avant ce jour. Ils ont été considérés comme des voleurs qui reviennent toujours sur les lieux du forfait. Apres, il y a eu des réunions. Les Directeurs, se sont retroussé les manches pour mettre au pas leurs personnels. Des enquêtes ont été promises et nos amis, sont repartis chez eux, les poches vides, chagrinés, impuissants. Il faut observer à coté les petits vautours que le système a ramenés. Il s’agit des nombreux nouveaux syndicats estudiantins qui se pointe le jour des payements et qui exige, juste après le retrait une somme sur le montant, pour un quelconque combat qu’il aurait mené pour les étudiants. Avec eux, il faut obtempérer au risque de se voir dans un mouvement de violence, exproprié de son trésor.

Du bon vieux temps à maintenant

Autrefois, me disait un paternel, on poursuivait les étudiants en janvier pour leur remettre leurs bourses du trimestre précédent. C’était la belle époque. L’époque où chaque mois, le bousier passait à la caisse pour recevoir ce qui devrait lui permettre de vivre, d’étudier convenablement. Houphouët avait tout mis en œuvre pour que l’étudiant soit considère comme un homme de valeur. Oui on peut comprendre qu’à cette époque, ils étaient aussi une denrée rare. Mais depuis, tout a changé. Les bourses ne sont plus régulières et l’Etat n’assure plus le versement mensuel. Cela est désormais une tradition, Le Kouadio se verse en une seule fois par an. Et les chanceux n’ont que le temps d’admirer leur fric pour le voir ensuite s’échapper ou disparait au fil des règlements des dettes qu’ils ont cumulé. L’étudiant boursier ivoirien vit de crédits, de dettes, de rêves, de calculs dans la patience du versement de cet argent que certains n’hésitent pas à qualifier de « maudit ».

Comment l’université nouvelle celle du nouveau départ, n’a pas pu s’organiser pour penser à programmer les bourses, de sorte qu’elles soient régulières ou même virés directement dans des comptes bancaires. Cela aurait permis de mettre des étudiants à l’abri de la dépendance…

A bientôt. Car le meilleur reste à venir.

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