Au pays de l’émergence 2020, «Le gombo» se cultive en toute terre et en toute saison

Une classe ( photo google)

Une classe ( photo google)

Le « Gombo », dans l’argot ivoirien est synonyme « d’affaire, de business, de recherche d’argent ». Un gomboiste est donc un affairiste, un homme d’affaire, un businessman…Cette histoire d’examens blancs dans la circonscription dirigée par la DREN-ET Abidjan 3, montre combien les esprits sont fertiles quand il s’agit de culture de ce légume dans l’éducation. Le Ministère de tutelle s’est chargé d’organiser le tirage et l’impression des cartes scolaires (oui c’est pour harmoniser bien sur et mieux contrôler, ce qui est normal). En le faisant, un des «gombos» des DREN-ET est ainsi «arraché» dit-on. La nature ayant horreur d’un vide, il faut vite combler la brèche. En la matière et quand en dessous il y a l’odeur du « blé », certains esprits trouvent vite.

Bref, « Si tu vois la grenouille courir en saison sèche, pose toi beaucoup de questions. » Ces paroles ne sont ni du tonitruant artiste très « exilé » Serges Kassy, ni du sentimental Daouda. Mais du peuple ibo selon l’excellent C. Achébé. Allons donc droit au but…heu aux faits…

La Direction Régionale de l’Education National et de l’Enseignement Technique Abidjan 3a mobilisé trois semaines de l’année scolaire 2013-2014 pour organiser les examens blancs à l’endroit des élèves de 3e et de terminales de sa circonscription couvrant, en grande partie les communes de Yopougon, Attécoubé et Songon.

Calendrier des Examens

Calendrier des Examens Blancs

La décision de cette évaluation partielle régionale, selon certains directeurs des études et chefs d’établissements n’a fait l’objet d’aucune programmation initiale. Elle est tombée d’un coup, au moment où chaque établissement, comme à leur habitude se mobilisait pour organiser ses propres examens blancs. Selon des langues indiscrètes, la motivation de la prise en main de l’organisation de ces examens blancs est purement financière.

Bon gré mal gré, les Ecoles se sont pliées à la décision, demandant aux enseignants de transmettre des propositions d’épreuves accompagnées de corrigés et barèmes. Selon le calendrier initial,

Si les activités de la première période se sont déroulées telles que prévues, celles de la seconde ont dépité candidats, enseignants, chefs d’établissements par le cafouillage organisationnel des choses, si on peut dire en usant de cet euphémisme qualifiant. Sinon, tout fut piètrement orchestré. Et comment? Récit des événements dignes d’un film de Bauer…

La deuxième journée des épreuves fut le réel début du chemin de croix des candidats. Route du calvaire dont l’emprunt n’épargne point à celui qui s’y engage, des risques d’ulcère de colère. Après la tranquille première journée du mardi 25, élèves comme enseignants furent accueillis par la nouvelle, le lendemain, d’un changement – inadmissible et révoltant – de programme. Pour les séries techniques G1 et G2 (Comptabilité) , en lieu et place des épreuves de Français et de CMC, il leur a été demandé d’affronter les épreuves de Mathématiques prévues pour le lendemain. Impossible. Il aurait fallut avertir la veille du changement, afin que les candidats puissent s’outiller. Monsieur B., Directeur des études d’un établissement de la place révèle : « ce n’est que la face caché de l’iceberg. En ce moment même, nous avons aussi des problèmes avec les épreuves des mathématiques des élèves de 3e. Les épreuves qui nous sont parvenus sont truffées d’erreurs. On attend donc qu’on nous apporte de nouvelles épreuves. Au niveau des épreuves des de langues des Série B (Economie sociale), il y a une inversion. Nous avons reçu des épreuves de Série A (littérature). Pourtant les programmes sont palpablement différents. Nous allons demander aux élèves qui sont déjà énervés d’attendre avant de prendre nos responsabilités. » Tout au long de la journée, des erreurs de débutant souvent irritantes se sont multipliées, paralysant des centres de composition. Traore Koller, élève en classe de Tle A au Groupe St. Cityl, explose en nous confiant : « Les enfants de 3e ont attendu jusqu’à 11h pour débuter ce jour leur première épreuve de la journée et ceux devant composer l’épreuve d’Espagnol, n’ont pas reçu d’épreuves. Vraiment cet examen est un échec, car le rythme entache notre motivation. » Au final, il a été demandé aux élèves dans certains centres de s’appéter à composer dans l’après midi conformément au programme initial. Un rattrapage du calendrier sera fait l’après midi du lendemain jeudi 27, normalement prévu, comme jour de repos.

 Jeudi fut presque tranquille. Presque parce qu’encore les épreuves de Droit ne correspondaient à aucun élément du programme officiel des classes d’économie. « Le sujet donné, nous confie un enseignant de la matière, est du programme des étudiants des BTS 2 en Transport Logistique et non du niveau terminal ». On aurait pu dire « C’est grave ». Mais fallait-il attendre vendredi, normalement dernier jour de composition, pour constater combien la bêtise organisationnelle s’est amplifiée, s’est embellie, comme pour couronner le tout de la palme d’honneur de l’échec planifier. L’épreuve d’Etudes de cas dure 5h. Ce vendredi, les candidats devaient la débuter à 8h. Mais les sujets n’étaient pas disponibles jusqu’à 13h. Et quand les organisateurs ont eu l’amabilité de les acheminer, elles étaient encore bourrées de fautes graves et en nombre insuffisant. Couac de couac. La malédiction poursuivrait-elle donc cette évaluation régionale ?

Par ci par la colère et grogne constaté. Les élèves ont voulu forcer, comme à la bonne époque, par cafouillage, l’arrêt du cours des choses ; les responsables du centres, quant à eux, optimistes, ont passé toute la matinée à rassurer, calmer les ardeurs et téléphoner. Mais en vain. Le président du Centre GSOY de Yopougon, Monsieur Diarrassouba, a ramené à 14h, les candidats chez eux. Les dernières épreuves se dérouleront sous forme de devoir dans chaque établissement et les copies seront acheminer pour que les Secrétariats puissent achever le processus.

De part en part, du début à la fin, et comme si une malédiction planait, les examens blancs, organisés par la DREN-ET Abidjan 3 cette année ont laissé observé le manque de sérieux accordé à la chose. La prestation de cette institution est indigne. Comme s’il fallait faire les choses pour les faire. « L’organisation a totalement foiré » pour reprendre un propos entendu. La DREN-ET devra trouver des motifs en béton armé pour expliquer la qualité très médiocre de sa prestation. La question du temps ne devrait point être ni invoquée ni évoqué car les enseignants, sont unanimes : « Les sujets ont été transmis dans les délais impartis et conformément aux exigences ».

Les fonctionnaires de la DREN-ET, pour rappel, sont en majorité des anciens enseignants devenu soit conseillers, soit inspecteurs pédagogiques. Ils coordonnent pour la plus part et selon leur spécialité, les unités pédagogiques (UP= ensemble des enseignants d’une même discipline et présents dans les établissements sous l’administration d’une DREN-ET). Alors comment en est –ton arrivé à ces nombreuses bévues et erreurs ? La commission de sélection des épreuves, n’a-t-elle pas pris la peine ou le soin de vérifier les sujets avant de les transmettre à l’impression? Le nombre de candidats serait-il à cette période de l’année méconnu des services en charges des effectifs? D’après un enseignant « l’argent est déjà partagé. Le DREN-ET n’en a que faire des épreuves, ni du bon déroulement d’un examen. Ce qui l’interesse, c’est combien eux ils gagnent. Les autres DREN-ET on réussi leur examen avec brio, la notre ici, n’est composée que de gomboїstes au sens littéral et profond.»

Vive les comportements de l’émergence on sera tous riche hein…

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2 Commentaires

  1. Un très bon billet. Qui vient, une fois de plus, mettre à nu des tares de l’école ivoirienne. Comme tu le signifie bien, « un gomboiste est un affairiste, un homme d’affaire, un businessman… ». On n’a pas besoin de ça dans nos écoles !

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