Les pénuries d’eau en Cote d’ivoire, un problème qui se transporte hors d’Abidjan

Yopougon, Un point de collecte d’eau (©Crédit photo - Badra)

Yopougon, Un point de collecte d’eau      (©Crédit photo – Badra)

La situation…

Eau est source de vie. Dit-on. A Abidjan depuis un certain moment, l’eau devient rare dans les ménages. A Abobo quartier populaire et populeux, l’on a l’habitude de ne pas voir l’eau couler les robinets pendant des jours. Tourner un robinet de douche ou de cuisine, il sifflera comme dans un film desperado au désert mexicain, ou chantera, comme un ivrogne, qui pendant un temps, n’a rien trouvé pour humidifier sa gorge. On le dit, en ce qui concerne la commune d’Abobo, comme pour dédramatiser, que c’est normal. Car Abobo est une commune surpeuplée et anarchiquement organisée, administrée. Mais à Abobo, comme dans d’autres communes de la capitale ou dans les autres villes du pays, où se transporte la situation, le problème d’eau devient inquiétant.

Les raisons ou les coupables…

Difficile de designer un coupable entre la nature, pourvoyeuse de tout et les hommes. D’un coté la Société de Distribution d’Eau en Cote d’Ivoire, avance un double argument pour se justifier. Il y a d’un la nappe phréatique qui diminue de volume en raison de l’énormes poussées démographiques depuis le début de la crise. Aussi faut t’il ajouter les réseaux pirates et clandestins de vente et de distribution d’eau, à partir des installations de la Société. Un Agent reconnait et avance à ce propos que les « installations sont vétustes donc ne peuvent plus satisfaire la demande, vu que la population a augmenté ces dix dernières années. Mais cela ne saurait êtres la raison exclusive. La nappe d’eau souterraine diminue et la piraterie réduit l’efficacité de nos installations. En effet, des individus dans certaines communes, comme Abobo, Adjamé, Yopougon et Koumassi, se greffent clandestinement à nos installations pour distribuer l’eau. Ces actions détournent le courant de l’eau et sa montée vers les ménages qui ont des abonnements réguliers.» En en croire ces propos, la SODECI devrait déployer à la fois des moyens pour moderniser ses installations et lutter contre la piraterie dont-elle se dit victime. Dans l’autre camp, les populations accusent la duplicité des agents de la SODECI, qui détient, à elle seule le monopole de la distribution. Si éventuellement, l’Etat libéralisait le secteur, la concurrence aiderait à éviter les problèmes d’eau. Madame Soma, enseignante à Korhogo, au nord du pays avoue : « on souffre du manque de l’eau ces temps. L’eau ne sert pas seulement pour la boisson, mais il faut aussi se laver pour se rendre au travail. On dit que la nappe phréatique baisse. Mais je pense que s’il y a la concurrence, il y aurait de l’innovation et plus rigueur dans la distribution. » Elle fini en déclarant que «  les pirates sont connus. On ne peut pas vendre illicitement l’eau sans avoir de complice dans la maison de distribution. Et l’agent sont complice des pirates. » Ces aveux montrent la complexité de la situation tout en clarifiant les responsabilités des parties.

Attitudes survivalistes comme réactions…

Depuis un certains temps, le marche de vente de vieux fûts,  bidons et barriques prospèrent. Les revendeurs de ces produits issus du re-usage se frottent les mains. Un bidon d’huile de 20 litres à peine vidé de son contenu par le boutiquier, trouve aussitôt un propriétaire. Les ivoiriens ont adopté la stratégie de conservation de l’eau. Attitude qui impose du coup le non gaspillage. Il est rare de visiter un ménage quelque soit l’endroit où il se situe, sans remarquer ses futs d’eau en réserves. Attitude de survivaliste ou mesure préventive ? Avec la SODECI, il est mieux de se donner toutes les chances pour éviter les mauvaises surprises. Apres les chaudes périodes du délestage en 2010, si rien n’est fait, 2013 sera baptisée comme l’année de la grande pénurie d’eau.

2 Commentaires

  1. Ah, c’est quasiment toute les villes africaines qui sont sujettes à ce problème. Au niveau de Dakar, les maisons sont construites pour la plupart en immeubles et dans plusieurs quartiers de la capitale il faut attendre le bon milieu de la nuit pour refaire sont stocks. Et il peut arriver que même deux jours ou trois jours de suite à l’heure de la montée de l’eau, qu’il n’est pas d’eau dans les canalisations.

    Nous invitons nos autorités et les officies et les régies des eaux à une meilleure planification sur des longues périodes (30 à 50 ans) pour ne pas être dépasser dans 10 ans avec un investissement fait à court terme.

    1. bien dit mon cher. Mais nos autorités sont tetues comme des mules. Elles attendront certainement les futures campagnes politiques pour inscrire ces actions dans leurs promesses de gestion

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